Le FNDU au pied du mur  

confndu

Les partis membres du Forum national pour la démocratie et l’unité (Fndu) avait boycotté (du moins certains d’entre eux) les élections législatives et municipales de novembre-décembre 2013 estimant que les conditions n’étaient pas réunies. Même scénario pour la présidentielle du 21 juin dernier. Ils avaient même appelé au boycotté de ces échéances électorales. Contrairement à ce qu’ils croyaient, aux législatives et municipales tout comme à la présidentielle, ces appels n’ont pas été entendus encore moins suivis d’effets. Deux défaites politiques à l’actif du Forum et de ses tenants.

Chaque pays a ses propres réalités. La Mauritanie aussi. Il y a quelques années auparavant, l’opposition mauritanienne jouissait d’une grande crédibilité auprès des populations. Il y a également à peine trois ans, cette même opposition a perdu son aura auprès des citoyens. Pour preuve, malgré des campagnes actives sur le terrain, appelant les populations à boycotter les élections et à créer une situation de désobéissance civile, les citoyens ne suivent même pas. C’est encore le cas lors de la présidentielle dernière. Et pourtant, à quelques heures de la clôture du scrutin, les partis membres du Forum national pour la démocratie et l’unité, étaient en conférence de presse au cours de laquelle, leur président, Sid’Ahmed Ould Babamine, avait déclaré mordicus que «l’appel au boycott a été entendu». «C’est pourquoi, nous avons assisté aujourd’hui, à une ville quasiment morte» a-t-il soutenu. Sid’Ahmed Ould Babamine a indiqué que «ce message mérite d’être médité par le président Aziz lui-même, son gouvernement, son administration, son armée et certains de nos oulémas que nous déplorons leur implication dans cette élection». Et son camarade du Forum, Kane Hamidou Baba du MPR (Mouvement pour la Refondation) de citer quelques villes de l’intérieur «où il y a un faible de taux de participation» sans toutefois préciser les chiffres. Des images ont été visualisées montrant la faible affluence des électeurs dans les bureaux de vote. Ce qui fera dire au président du FNDU que «le peuple mauritanien a compris notre message en accompagnant la campagne de sensibilisation sur le boycott dans tout le pays». Le FNDU a-t-il été trompé par ces populations ou ces dernières n’ont plus confiance à lui? C’est là toute la question au vu du taux de participation (56,46%) à l’élection présidentielle du 21 juin consacrant la victoire du Président Aziz avec 81,89% des suffrages exprimés.

De son côté, le camp présidentielle qui considérait la position de boycott du FNDU comme une «farce», a toujours soutenu qu’il y aura un taux de participation élevé et que son candidat sera réélu dès le premier tour à la majorité écrasante des voix. Ce qui a été réalisé. C’est pourquoi, dans un communiqué rendu public, le directoire de campagne de l’UPR  a estimé que cette position a conduit à une pénible défaite politique au dirigeant du Forum National. Ce qui constitue une seconde défaite politique et non des moindres. Aujourd’hui, force est de constater que l’opposition mauritanienne boycottiste, sera absente à l’assemblée nationale voire même morte politiquement. Elle est au pied du mur. Des questions se posent maintenant pour elle. Que reste-t-il à l’opposition ? Quelle perspective politique? Les observateurs attendent des réponses après cette raclée infligée par le camp présidentielle. Dans tous les cas, l’avenir nous édifiera sur le devenir de notre opposition qui n’attendra que 2019 pour rebondir.

Badiana

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge