Le FNDU ira-t-il au dialogue ?

arton10329-f1602La réaction d’une partie de l’opposition radicale, suite à l’entrevue samedi dernier entre sa délégation et celle du pouvoir, laisse pressentir des perspectives peu heureuses pour le dialogue politique envisagé. Les prémisses de cet échec programmé semblent d’autant plus évidentes qu’un profond désaccord persiste entre les deux parties sur le principe des « pré-conditions » requises par le FNDU avant l’entame de toute négociation sur le fond du sujet.

Alors que les différents démembrements du FNDU (Forum national pour la démocratie et l’unité) cogitent encore sur la réponse donnée par le pouvoir à la feuille de route qu’ils lui ont adressée depuis le 18 avril dernier, certains partis comme le RFD (Rassemblement des forces démocratiques) ont déjà donné leur position. Pour ce parti et ces leaders, il n’y aura pas de dialogue sans le rétablissement de la confiance, et il n’y aura pas de confiance sans l’acceptation par le pouvoir de tous les « pré-requis » consignés par le FNDU dans sa feuille de route. Cette déclaration est sous-tendue par une critique acerbe du parti d’Ahmed Ould Daddah par rapport à la réponse verbale que le pouvoir s’est suffi de donner, en rejetant en bloc, toutes les conditions posées par l’opposition. Ce rejet en bloc des « pré-conditions » est ainsi interprété comme une mauvaise volonté de la part du pouvoir à nouer avec le FNDU un dialogue sincère et franc.

Non seulement, il a fallu près d’un mois pour qu’arrive la réponse du pouvoir par rapport à la feuille de route et lorsqu’il a fallu donner la réplique, il s’est suffi d’une réponse verbale, dédaignant même de consigner dans un procès-verbal, les quelques engagements donnés lors de la rencontre du samedi passé, s’insurge, le chargé de communication du parti. Pour ce dernier, la volonté du régime à gérer le statu quo dénote de sa mauvaise foi à extirper le pays de la profonde crise politique qu’il vit depuis 2008. Enfin de compte, le RFD considère que ce qui se passe est une farce de mauvais goût et qu’il ne continuera pas dans ce jeu, le FNDU non plus.

Ainsi, le refus du pouvoir de coucher par écrit les résultats de sa dernière entrevue avec la délégation de l’opposition a-t-elle été interprétée comme une manière de ne laisser aucune trace des engagements pris, de peur de montrer à l’opinion publique nationale et internationale, son irrespect des lois en vigueur dans le pays, mais aussi la nature personnelle et antidémocratique de son régime. Des activistes du parti ont même relevé l’ironie d’une délégation représentant le pouvoir arrivé sur les lieux de la réunion avec des instructions écrites, sans aucune possibilité de négociation. Refuser les pré-requis contenus dans la feuille de route du FNDU, c’est surtout selon ces activistes, refuser l’émergence d’un état de droit, républicain et démocratique, un Etat soumis à des institutions et non pas au diktat d’un individu. Il est surtout reproché aux délégués du pouvoir de manque de sérieux et de désinvolture, quand pour répondre à un document de plusieurs pages, élaborés avec soin, ils se contentent de déclarations verbales dans un total refus de la politesse, qui dicte que l’on réponde à un écrit par un écrit.

D’ailleurs, beaucoup trouvent que la réponse donnée par les délégués du pouvoir n’étaient point une surprise, car la réponse, le président Aziz l’avait lui-même donnée lors de la conférence de presse qu’il avait animée quelques jours plus tôt. Ils ne faisaient ainsi que reprendre textuellement la substance de ces propos, sans aucune possibilité d’en changer la moindre virgule, comme des élèves qui ont bien appris la leçon du maître. A ce titre, affirment-ils, les délégués du FNDU n’avaient pas en face d’eux des négociateurs politiques mais des soldats en service commandé.

Cette guéguerre entre les deux pans ennemis de la scène politique se poursuit au moment où un important changement est survenu à la tête de la présidente tournante de la CAP (Coalition pour une alternance pacifique) l’autre bloc de l’opposition dite modérée. A la tête de Messaoud Ould Boulkheïr, président de l’APP succède Boidiel Ould Houmeid, président du parti El Wiam.

JOB

Source: Lauthentic.info

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