Le froid, son lot de malaises chez les pauvres à Nouakchott (Reportage)


Le froid, qui fait ses premiers pas à Nouakchott, sonne, avec son lot de malaises, chez les populations des quartiers précaires de la capitale mauritanienne. La période s’accompagne de maladies encouragées par la malnutrition et la précarité de l’habitat.

C’est pourquoi, le froid cet hôte saisonnier n’est pas le bienvenu dans le quartier Kabbat-Marbat visité dimanche par une équipe des journalistes de Alakhbar. Ici, Houlay Mint Boushagh, mère de famille et commerçante de poisson, est perplexe: «Je ne sais pas si je dois dépenser le peu d’argent que je gagne dans l’achat d’habits de froid au moins pour les enfants ou je dois le mettre dans la marmite !» Son mari, Oumar, n’a pas les moyens de la soutenir, car «il est en convalescence; il vient de subir sa quatrième intervention chirurgicale», informe-t-elle.

Dr Diagana ChoueibouDr Diagana Choueibou

En clair, Houlay ne pourra pas suivre les deux premières recommandations du médecin de Kissal, le district sanitaire d’à côté. Dr Diagana Choueibou, rencontré par Alakhbar pendant ce reportage, conseille, pour se protéger du froid, de «bien manger, au moins trois fois par jour, et de bien s’habiller».

Mal nourris, mal habillés et exposés au froid

A notre présence chez Houlay, la marmite bouillonnait, et le couvercle laissait s’échapper de la fumée. Mais, on ne sait pas la surprise que réservait cette marmite. En tout cas, les signes de malnutrition s’aperçoivent surtout chez les enfants de moins de 10 ans qui constituent la majorité des habitants.
Dans le quartier, la situation alimentaire n’est pas mieux que celle vestimentaire. Les enfants, les narines remplies de morves, se promènent sans chaussures et, parfois, à moitié nus. Quant aux femmes, elles entourent le corps d’un voile qui, à peine, les protège du froid. Cependant, enfant et adulte ont la peau séchée, blanchie et fissurée par le froid. La nuit, on a peu de chance de dormir sous le «Mbajou (couverture)». Nous n’avons d’ailleurs vu que deux mbajous chez les cinq familles visitées.

L’habitat ne résiste pas au froid

Ni Houlay ni sa voisine Fatimetou Mint Ramadan ne suit non plus le troisième conseil de docteur Diagana pour se protéger toujours du froid, à savoir « un habitat adéquat ». Chez Houlay les adultes dorment sous un hangar qui, à part le toit en zinc et les piquets en bois, est fait d’étoffes qui ne résistent pas au vent frais. Les enfants eux passent la nuit dans une hutte, dont la jonction des bois qui la composent laisse voir l’intérieur. Fatimetou a trois cabanes similaires. Elles sont clôturées de pneus, de morceaux de briques et de fers usés. Sa cour de sable s’encombre de bidons d’eau, de poules, de chèvres et d’ânes. Un petit périmètre est réservé aux enfants pour jouer.

Mal nourries, mal habillées et mal logées, les familles de Houlay et de Fatimetou sont, du coup, exposées aux maladies provoquées ou aggravées par le froid, à savoir les IRA,  (infections respiratoires aigües) que nous explique le docteur Diagana. Il en cite, «les crises d’asthme, la bronchite, le rhumatisme, la grippe, le rhume et autres». Les enfants de Houlay en ont déjà fait les frais la saison dernière.

Pas de moyens de se soigner

La seule chance qui reste à ces deux familles ainsi que le reste des pauvres du quartier,  «c’est se diriger vers le district sanitaire le plus proche en cas d’apparition de symptômes des maladies citées». Mais auront-ils les moyens de payer l’ordonnance si prescrite? la réponse est « non » pour  Fatimettou qui a 13 enfants, «tous au chômage, sauf l’aîné, un travailleur journalier, qui restent des jours sans boulot», se lamente-t-elle.

Source : Alakhbar

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