Le géant pétrolier Sonatrach jugé pour corruption à Alger

algerie_citernes_gazL’Orient Le Jour : Le groupe pétrolier public algérien Sonatrach (Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures) est au centre d’un vaste procès pour corruption qui s’est ouvert dimanche à Alger.

La compagnie italienne Saipem ainsi que le groupe allemand Funkwerk AG sont également impliqués.

Un ancien PDG de Sonatrach, Mohammad Meziane, deux de ses enfants et huit ex-directeurs exécutifs de Sonatrach font partie des 19 accusés cités à comparaître devant la cour criminelle d’Alger. Sept d’entre eux ont d’ores et déjà été placés en détention, a précisé l’AFP.

Ils sont notamment poursuivis pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, blanchiment et corruption dans le cadre de passation de marchés « de gré à gré » avec des compagnies étrangères, contraires à la réglementation. Mohammad Meziane, en poste depuis 2003, est soupçonné d’avoir accordé à Funkwerk Algérie des marchés de plus de 110 millions d’euros en contrepartie de la cession d’actions à ses deux enfants.

Funkwerk, spécialisée dans le développement et la fabrication de systèmes de communications pour les entreprises et le secteur du transport, devait fournir à Sonatrach un système de télésurveillance de ses installations.

Le marché aurait également donné lieu à des commissions de 4 millions d’euros qui auraient servi à financer des cadeaux, dont un appartement à Paris, à la famille de M. Meziane. Mohammad Meziane est enfin soupçonné d’avoir favorisé la société italienne Saipem, filiale d’Eni, dans un contrat de 586 millions d’euros pour la réalisation d’un gazoduc entre l’Algérie et l’Italie. Saipem, dont le directeur pour l’Algérie avait pour conseiller un des fils de M. Meziane, avait ensuite sous-traité le marché à la société française Spiecapag qui était sa concurrente lors de l’appel d’offres.

Un troisième dossier concerne la rénovation d’un immeuble de Sonatrach au centre d’Alger. D’un montant de plus de 64 millions d’euros, elle aurait été confiée de manière illégale à une autre entreprise étrangère. Sonatrach est partie civile dans ce procès instruit à l’initiative du parquet.

Un autre dossier dit « Sonatrach 2 », qui concerne également des affaires de corruption, est en cours d’instruction. Il implique notamment l’ancien ministre de l’Énergie, Chakib Khelil, contre lequel un mandat d’arrêt international a été délivré avant d’être annulé pour des raisons de procédure.

Fondée en 1963, la société Sonatrach est nationalisée en 1967 en marge de la guerre des « Six-Jours ». Dans les années 2000, le groupe devient le 11e consortium pétrolier au monde. En 2013, Sonatrach devient la société la plus performante en Afrique, avec un chiffre d’affaires à l’exportation de plus de 63 milliards de dollars. Elle possède des concession en Libye, en Mauritanie, au Yémen, au Venezuela ou encore au Pérou.

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