LE Haut Commissaire : Message à tous les Personnels de l’OMVS

Chers Sœurs et Frères, Adorables Collaborateurs, Précieux Compagnons, Au moment où je m’apprête à quitter mes fonctions de Haut-Commissaire de merzoug_ould_mohamed_salem(1)l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal, remplacé par mon aîné et ami, Monsieur Kabiné Komara, il me plait d’exprimer, à chacune et à chacun d’entre vous ainsi qu’à vos familles, mes profonds sentiments de gratitude et d’estime.

A cette occasion, je voudrais rendre un hommage appuyé et mérité à Monsieur Adama Sanogo, mon grand frère que je respecte pour son abnégation, son sérieux et son intégrité à toute épreuve. A mes côtés, il a travaillé dur pour le succès de nos actions au profit des populations de l’espace OMVS.

Près de trois mandats durant, nous avons accompli, jour après jour, mois après mois, année après année, sans repos dominical encore moins de congés, un travail collectif qui a créé, entre nous, des liens indéfectibles. Je crois que nous devrions en être fiers.

Chers Amis, Chers Collègues,

Comme je vous le répétais, à satiété, notre engagement quasi messianique en faveur de l’OMVS découle et, c’est sûrement la raison de son inaltérabilité, des valeurs structurantes de notre socle anthropologique et sociologique commun.

En créant l’OMVS après différentes initiatives (Comité Inter Etats, OERS etc.), ses pères fondateurs ont voulu bien sûr, donner corps à une fraternité aux profondes racines mais, surtout bâtir, avec force-conviction, un cadre exemplaire de coopération, un vecteur pertinent d’intégration régionale et un ressort rénové à une amitié séculaire.

Depuis, par la Grâce de Dieu, dans son infinie mansuétude, nombres de générations de citoyens de nos états respectifs ont su travailler, sans relâche, à différents niveaux de responsabilités, au service de l’intérêt communautaire. C’est, à l’engagement, au savoir-faire, à l’intelligence et à l’esprit inventif de ces générations successives, que nous devons nos réalisations. C’est pourquoi, je crois, profondément, que le bilan d’une Organisation comme la nôtre est, par essence, collectif.

Il doit beaucoup à toutes les instances et surtout beaucoup aux générations successives d’experts, de techniciens et à un nombre considérable de sans- grades, de soldats inconnus, bâtisseurs anonymes, d’une histoire glorieuse. A tous, je rends hommage pour leur dévouement. J’ai une pensée pieuse pour tous ceux qui ne sont plus de ce monde mais qui ont participé à cette belle aventure.

Chers Amis, Chers Collègues,

Le parcours de l’OMVS, notre parcours, que j’ai eu l’immense privilège de partager avec vous pendant près de douze ans, ne fut pas un long fleuve tranquille. Bien au contraire, l’OMVS est passée de périodes de vaches grasses en périodes de vaches maigres, cycles courts de Juglar ou cycles longs de Kondratieff. Avec une forte volonté collective, elle s’en est sortie toujours plus mûre, plus forte et plus sereine.

Au cours de la période écoulée, nous avons, ensemble, conduit de profondes réformes et accompli, je crois, des réalisations utiles et importantes. On a fait, ensemble, le choix de ce que le philosophe allemand H. Jonas appelle « la responsabilité pour autrui ».

Les mutations auront été conduites non sans succès ; succès salué par la communauté des bailleurs de fonds et les autres acteurs du bassin. Les principales réformes ont couvert la refonte et la modernisation de l’ordonnancement juridique, refonte assimilable à une véritable renaissance juridique, la refondation programmatique, la réadaptation institutionnelle, l’adoption d’une approche programme évolutif et la structuration de la coopération technique et financière.

En plus de la Charte des Eaux de 2002, nous avons procédé à une réorientation stratégique depuis la Déclaration de Nouakchott de mai 2003. Pour la transparence dans la gestion de la ressource, l’OMVS s’est dotée d’une panoplie d’outils d’aide à la décision pour la gestion opérationnelle de la ressource en eau. Pour planifier nos interventions, nous avons procédé à l’élaboration d’un Plan d’Action Stratégique pour la gestion environnementale avec des normes à mettre en œuvre d’ici à l’horizon 2025 puis à l’élaboration d’un Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE).

Le volet navigation a connu des progrès fulgurants (balisage, création de la SOGENAV, Table Ronde des Bailleurs de Fonds de mai 2011, navigabilité ressuscitée et mise en orbite). Le programme d’infrastructures de seconde génération a beaucoup progressé. En attestent l’achèvement en cours de Félou, le démarrage imminent de Gouina et de Koukoutamba, la réalisation des études de Bouréya et Gourbassi, la conception du Plan Directeur pour le transport et l’interconnexion et l’élaboration de la Politique Energétique Commune.

L’amélioration des conditions de vie des populations, enclenchée depuis 2006, à travers le PGIRE et le projet GEF/BFS a été matérialisée par différentes actions, dont la petite hydraulique pour le développement de l’agriculture irriguée, les micro-subventions et l’appui à la pêche continentale. La protection de l’environnement a été intégrée à travers les actions de lutte mécanique contre les plantes aquatiques envahissantes et de protection des berges. Une grande offensive santé a été menée contre les maladies liées à l’eau.

Aussi, pour conserver notre mémoire et améliorer nos méthodes de travail, nous avons procédé à la rénovation et la modernisation des systèmes d’archivage (numérisation) et de documentation ainsi que de l’architecture informatique et de l’approche de communication. Par ailleurs, nous avons restructuré, élargi et renforcé notre champ partenarial. La stratégie a consisté en une remise à plat de nos rapports avec, pour l’essentiel, trois lames de fond : éviter l’Approche/Projet et les Prêt-à-porter programmatiques, l’incohérence en interne et entre eux, les ruptures dans la planification.

La conduite de ces divers chantiers n’aura pas été facile. Bien au contraire elle a confirmé ce que disait J. Stiglitz « les bureaucraties sont comme des individus : elles prennent de mauvaises habitudes et souffrent quand il faut les changer ».

Chers Amis, Chers Collègues,
Tout au long de cette période, la réflexion s’est fondée sur trois exigences : diagnostic sans complaisance, adaptation et modernisation durable. Ayant le privilège d’avoir connu auparavant l’Organisation d’une double perspective (en tant que Ministre de Tutelle et Chercheur), il me semble utile, au terme de mon magistère, de montrer comment nous l’avions, ensemble, modernisée, consolidé ses fondations et balisé ses perspectives, pour la hisser au niveau des organismes de bassin de référence à l’échelle planétaire à travers quelques marqueurs clefs.

Assumant sa direction, je me suis attaché à lui construire une âme réchauffée, à tout moment, aux effluves de notre histoire commune, et un destin partagé à la mesure des espoirs de nos peuples. Aujourd’hui, notre vaisseau est désormais doté, de moyens idoines pour faire face aux multiples difficultés de demain.

Le processus de relance engagé, aura permis de rétablir la crédibilité de l’Organisation.Retrouver la confiance des Partenaires au Développement était à la fois une exigence d’avenir et la condition du succès. L’Organisation en a fait une priorité. Les réformes conduites et la clarification de la vision de développement durable du bassin auront été de puissants leviers de reconquête de la confiance des bailleurs.

A cet effet, il a fallu conjuguer deux temps à la fois, celui de l’urgence pour le PASIE (Programme d’Atténuation et de Suivi des Impacts Environnementaux) et l’Usine Hydroélectrique de Manantali et le temps moyen et long nécessaire à la durabilité de la construction.

En tout état de cause, tout au long de cette période, l’Organisation a pu mobiliser 345 Milliards 934 842 259 FCFA Equivalents.Nous avons, ensemble, veillé à ce qu’aucun palier de notre architecture programmatique ne soit laissé au bord de la route.

Chers Amis, Chers Collègues,
En écrivant ces lignes, j’ai le sentiment de me séparer de sœurs et frères qui me sont chers et avec lesquels j’ai partagé des moments forts. Ce terreau est celui sur lequel ont germé nos relations d’affection et se sont développés des rapports similaires à ceux qui lient un père à ses enfants et donc aux membres de sa famille. Ma famille, vous l’êtes en tant que personnes mais aussi citoyens de l’espace OMVS dont notre siège flambant neuf en constitue désormais le territoire reconnaissable à notre identité graphique, notre logo conçu de manière inclusive.

Je vous demande de redoubler d’efforts pour que notre Organisation aille de conquêtes en conquêtes. De là où je serai vous pourriez compter sur mon affection, mon estime et mon soutien. La nouvelle équipe que dirige mon aîné et ami Kabiné Komara doit compter sur nous tous. Je lui souhaite beaucoup de succès.

Je saisis cette occasion pour solliciter votre indulgence à vous tous pour tout ce que j’ai eu à faire ou pu faire de déplaisant dans l’exercice de mes fonctions. A aucun moment, mon intention n’était de blesser l’un ou l’autre d’entre vous. A chacun d’entre vous, je présente mes sincères remerciements et ma profonde gratitude notamment à ces soldats inconnus qui ont préféré le travail productif aux apparences et aux lumières.

Je voudrais associer à ces remerciements tous les Chefs d’Etat de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal actuels et leurs prédécesseurs pour leur soutien constant pendant près de douze ans. Durant toute ma vie, j’ai toujours, appliqué ce que Roger Martin du Gard disait « « Lorsqu’on est décidé à prendre au sérieux la vérité et à suivre notre conscience, il est bien difficile d’être de son parti sans être un peu de l’autre » ; « aequo animo »« d’une âme égale, avec constance ». Que Dieu bénisse l’OMVS, ses serviteurs passés, actuels et futurs.

M Salem Merzoug Dakar
Sénégal
avril 2012

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