Le hold-up se prépare

Ahmed Ould DaddahLauthentic: Il faut le dire tout de go : le dialogue que va engager à coups sûrs la majorité présidentielle ne vise que ceci : la levée de certains verrous de la constitution ! Il s’agit de ceux relatifs à la limite de l’âge des candidats et à la limitation des mandats présidentiels ! En effet, au terme de ce conclave que rejette d’emblée Ahmed Ould Daddah, le processus de « freiner » l’évolution démocratique de la Mauritanie devrait être mis à exécution.

La trouvaille des pontes du système, ceux-là mêmes qui avaient rédigé la constitution alambiquée de 1991, truquée d’imperfection, hautement idéologique et étouffant les véritables aspirations de la Mauritanie, est géniale. L’astuce du dialogue permettait aux conservateurs sclérosés du régime de semer davantage de zizanie et de désordre pour que la tâche devienne de plus en plus impossible devant tous ceux qui aspirent au changement profond de ce même système handicapant au service d’une poignée d’arrivistes voraces, cupides et chauvins.

Comptant sur des membres de l’opposition alléchés par les mirobolantes promesses de lucratifs pots de vins, de contrats fictifs mais juteux, de véhicules flambant neufs à réformer, de parcelles de terre bien « situées », de nominations de cousins, d’alliés et d’affidés, de passeports diplomatiques pour eux, leurs épouses, leurs concubines, leurs enfants et leurs « moutons », les tenants du pouvoir comptent bien réaliser la grande conspiration visant à assassiner la démocratie.
En adoptant les projets d’assassinat de la constitution, les leaders de l’opposition qui vont accompagner la majorité présidentielle, les amendements constitutionnels arrachés par connivence entre les fossoyeurs de la démocratie, auront trahi le serment de la représentation populaire. Ainsi, ils vont assassiner l’aspiration des Mauritaniens à voir les choses évoluer pacifiquement vers un nouveau système politique plus moderne, plus réaliste et surtout libérant, aux moindres frais, le pays des entraves d’un système tentaculaire corrompu, immoral et antinational qui le ronge comme un cancer depuis 1978.

A notre grand malheur, depuis que les tenants du pouvoir ont découvert que les leaders de l’opposition sont adeptes de la politique du ventre, et qu’ils seraient prêts à vendre tout, même leur honneur pour arriver à leurs fins personnelles, ils ont su imposer un semblant de légitimité à toutes leurs forfaitures. Ainsi, en 2008, ils avaient brandi l’étendard des « représentants du peuple » pour engager une guérilla politique contre le régime démocratique élu. Au nom du soutien aveugle et docile des « représentants du peuple », ils ont entériné le coup d’Etat consommé sur un coup de gueule des généraux.
Au nom des « représentants du peuple », ils ont fait passer les lois qu’ils voulaient, celles qui les arrangeaient et masquaient leurs méfaits. Au nom des  » représentants du peuple » ou plutôt, au nom des « représentants de l’opposition » qu’ils qualifient de « responsables », ils comptent piétiner le droit, mettant la démocratie et son ultime outil, la constitution votée par le peuple, au frigo.

Aujourd’hui, pour masquer son incapacité d’apaiser le climat sociopolitique, le pouvoir ne trouve pas mieux que les « représentants de l’opposition », qui ont vendu leur âme pour faire un tralala de dialogue dont le terme est d’avance connu.
En attendant, pleurons ce pays ou délectons nous de cette crise qui nous broie, et de ce futur tout tracé qui nous asphyxie déjà et nous rend, tous, un peu limités ; car toutes les grilles de lecture politique se sont effondrées dans l’irrationalité de la pratique actuelle de la gouvernance dans un pays otage des opportunistes et des chasseurs de fortune. Pleurons pendant qu’il nous reste des larmes. Pleurons pendant que nous sommes encore capables de pleurer.

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