Le Maire de Selibaby paralyse le fonctionnement de sa commune

   Hotel de ville de Selibaby

 Depuis l’avènement du multipartisme en 1992 en Mauritanie, on assiste à la floraison de plusieurs partis politiques. Ainsi au sein d’un même parti, différentes sensibilités qui renvoient à l’ethnie, à la région, à la tribu etc. s’imbriquent. A l’instar des autres Moughataas du pays, Selibaby qui n’est pas en reste vit dans sa chair cette réalité, hélas. En effet, l’Union Pour la République (UPR) parti au pouvoir n’y est pas une formation politique dénuée des divisions à caractère ethnique ou régional ou tribal.  Les précédentes élections législatives et municipales du 23 Novembre ont dévoilé l’attachement des uns et des autres à certains particularismes d’où l’émergence des tendances : celle de Yaya Kane (clan des fulbé) et celle de Sidney Sokhona (clan des soninko).  Au moment de la confection des élections électorales chaque tendance avait son préféré. Ainsi Hadrami Ould Weddad était le préféré de la première tendance alors que Boïrick Ould Laqdaf de la seconde.  Suite à l’arbitrage du parti Hadrami a été finalement mandaté puis investi candidat de l’UPR à Selibaby.

                  Mais à peine élu, le nouveau locataire de la mairie de Selibaby affiche sa volonté de faire cavalier seul et témoignait moins d’égards vis-à-vis de ceux qui l’avaient mandaté. Il les regarde en chien de faïence. Ça s’appelle la perfidie. D’un côté, prétextant être membre du Conseil national, le maire de Selibaby s’arroge le droit de prendre les prérogatives de la Fédération de l’UPR en faisant adhérer un groupe de dissidents d’El Wiam – parti d’opposition dont il accepte l’adhésion chez lui à quelques jours de la clôture de la campagne présidentielle du 21 Juin 2014.  C’est comme si cette formation politique n’est pas bien structurée ou qu’elle n’a pas de siège ! Pourtant l’UPR y est solidement implantée. Ses structures locales existent : Fédération, Section et Sous-section qui fonctionnent à merveille.  Toutefois s’il est en désaccord avec le Fédéral, il a la latitude de saisir soit le président de section soit le président de la sous-section afin que ceux-ci prennent acte de leur adhésion effective conformément au règlement intérieur.  Au contraire, il a fait fi de tout ce beau monde et les « nouveaux adhérents » si on peut les considérer ainsi n’ont pas eu de cartes d’adhésion prouvant leur ancrage au parti. Incontestablement, il y a eu confusion de rôle ou volonté de saper les fondements du parti !  De l’autre, contrairement à ce qu’a dit Bano Sidibé c’est lui-même qui a pris l’hôtel de ville en otage.  Ses conseillers ne sont là que pour la forme. C’est lui qui a bloqué délibérément son fonctionnement et par ricochet affaiblit le parti au pouvoir d’autant plus qu’il a délégué ses pouvoirs non pas à son premier adjoint mais à la deuxième adjointe alors que tous les deux sont « Upristes ».  Pourquoi accroître les tensions latentes en envenimant la situation ? Quels intérêts a-t-il de paralyser l’institution ? Si son élection avait suscité enthousiasme et espoir les populations selibabiennes, en moins d’une année, se sont vite ravisées pour cause de mauvaise gestion des affaires communales comme si elles regrettaient le départ de Mohamed Vall Ould Mekhallé de l’APP. Bref, elles sont déçues par ses velléités et ses atermoiements. Si l’on ne veut pas voir l’UPR compromettre ses chances d’une réélection future, il doit prendre les taureaux par les cornes en imposant la discipline à tou(te)s ses militant(e)s et adhérer à la volonté exprimait par la majorité de ses conseillers (dix sur 19) qui réclament sa démission purement et simplement. Ce qui va lui permettre de conserver aussi longtemps que possible cette commune qui fut le berceau de l’opposition. D’aucuns redoutent que son maintien jusqu’à la fin de son mandat ne désavantage le parti dans cette région du Sud. C’est la raison pour laquelle Diallo Adama Hada, fédéral aidé de son staff et de plusieurs autres personnalités ne ménagent aucun effort pour faire de celle-ci, le fief inconditionnel de l’UPR, son terreau fertile d’où le plébiscite de l’homme fort du pays, le président des pauvres, son excellence Mohamed Ould Abdel Aziz à plus de 80% des voix au Guidimakha lors des présidentielles du 21 Juin 2014.

Alassane Mamadou SY

Selibaby

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