Le Ministère des Affaires Etrangères (MAEC) l’exception qui confirme la règle

ministere_affaires_etrangeresQuand les faits sont avérés, il faut établir les responsabilités, c’est le droit et la légalité qui parlent. Prendre des mesures, ce sont le Codes pénaux, administratifs et civiles, qui le disent. Et montrer l’exemple, c’est la bonne gouvernance qui le demande.
Le problème des emplois fictifs du Ministère des Affaires Etrangères met en évidence le problème du fonctionnement de ce département de plus en plus opaque par le truchement d’une Direction Administrative et Financière (DAF) spécialisée en manigance et complaisance.
Il est incontestable et même connu de tous que le MAEC est un nid d’illégalités ou plusieurs directions anachroniques et inutiles remplissent les quotas de diplomates fantômes, gracieusement rémunérés à cause d’une quelconque accointance avec tel ou tel responsable du Ministère.
L’illégalité manifeste se rencontre à tous les paliers de ce bâtiment à trois étages. Le Ministère des Affaires Etrangères est un mystère diplomatique et une équation administrative à plusieurs inconnues. Un cadre professionnel caractérisé par un amateurisme conséquence d’un management digne des sessions plénières des congrès du parti communiste de l’URSS où la valeur du cadre dépend non pas de sa faculté intellectuelle mais de sa capacité à se faufiler entre les couloirs.
Nul besoin d’être armé des principes de la Convention de Genève et nul besoin d’ailleurs d’être armé de quoi que ça soit. Il suffit juste de connaitre quelqu’un pour vous établir votre propre convention diplomatique !
En l’espace d’une ou deux années, le MAEC a connu une valse de ministres et de secrétaires généraux sensés peut-être, redressé ce grand navire qui tangue inexorablement vers les abimes du ridicule et de la farce.
D’ailleurs depuis quelques mois, la seule grande mesure enregistrée au sein du Ministère des Affaires Etrangères est la vente incessante de tout le mobilier à tour de bras. En effet, le MAEC est devenu le premier vendeur de fauteuil, tables de bureau, bref de divers matériels. Pour quelle fin ? L’avenir peut-être ne le dira jamais car dans ce Ministère, l’avenir n’a plus de place. Il a été tronqué par les règles du tic au tac.
L’autre grande bizarrerie du Ministère, c’est la mise à la touche de 16 diplomates confirmés ayant déjà honorés leur pays à diverses reprises qui se retrouvent persona non grata ! Réduit au chômage, ces jeunes diplomates qui ont jadis manifesté devant les grilles de la Présidence, se retrouvent souvent au Ministère comme des damnés en quête d’une rédemption pour un péché dont ils ne sont guerre responsables.
A l’unanimité, la pléiade de directions du MAEC qui s’arc-boute sur le bâtiment made in China fonctionne par subtilité pour remédier à un vide diplomatique dans lequel la Mauritanie s’enfonce et se défonce pour sauver les apparences dans un environnement international pourtant riche en perspectives et en rebondissements, idéal pour toute réelle diplomatie.
Quand une institution ne marche pas ou ne marche jamais, faut-il changer les hommes ? Pas nécessairement mais amorcer un changement structurel. Au sein du MAEC, après le scandale des emplois fictifs et autres péripéties dont l’énumération serait dérisoire face à la réalité, nul doute que la direction qui doit sauter est logiquement la DAF qui orchestre toutes les manigances car ayant un pouvoir sur l’argent et les horaires.
Peut-on maintenir des emplois fictifs sans la connivence de la DAF ? Peut-on vendre le matériel de bureau sans la licence de la DAF ? D’où vient l’ordre de vendre ? Du Président ? Du premier ministre ou du Ministre des affaires étrangères ?
En tout état de cause, cela a crée une situation inédite dans l’histoire de la diplomatie mondiale. Comme à la justice, désormais en Mauritanie, il ya des diplomates assis et d’autres debout !
Et Pourtant, disait Raoul Nordling, chaque fin du mois, certain fonctionnaires sont approchés par les services du personnel pour utiliser leur compte bancaire pour des virements fantômes de sommes d’argents, indemnités et autres motivations qui seront ensuite retirées et remis en liquide aux services de la DAF !
Il est avéré que tout celui qui veut se faire gonfler ses heures ; il suffit juste de faire un tour au deuxième étage du ministère et pousser la première porte à gauche.
Les bourses de formation accordée par certains pays dans le cadre des partenariats sont à 80% données à des gens qui n’ont rien à voir avec la diplomatie, d’où désormais les réserves de certains pays qui ne donnent plus de stages ni de bourses aux diplomates mauritaniens. Car, disent ils, nous recevons des gens folkloriques loin des arcanes de la diplomatie qui viennent plus en touristes payés, logés et qui ne manifestent aucun intérêt à la validation des acquis. Quant bien même certaines miettes de formation sont données aux diplomates, ce sont toujours les même personnes qui en bénéficient, réduisant du coup la chance des autres membres réglementaires du Ministère qui ne demandent qu’à connaitre et apprendre.
Cette récurrence en occurrence constitue une canonisation de la vile médiocrité échappant au contrôle de toute autorité de bonne foi et transformant la DAF à une mafia lugubre qui joue pleinement son rôle d’extorsion, de menace et de torpillage de toute volonté qui aspire à changer les choses dans ce Ministère. Aujourd’hui au sein de ce ministère, la docilité est la valeur sûre pour avoir une promotion. Que vous soyez diplomate ou pas, diplômé ou pas, vous êtes sûre de faire une belle carrière au sein du MAEC juste costumé ; cravaté et se faire discret dans la médiocrité ambiante des couloirs.
Nul besoin d’être Bac + quelque chose pour conclure qu’après les mises en évidence de certains scandales qui cachent la Taïga et la Toundra du MAEC, Lucifer DAF par un exorcisme spontané doit compter ses jours pour crédibiliser le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération et l’action du nouveau ministre Hamadi Ould Meimou et du nouveau secrétaire général Ould Soued’Ahmed.
Ces nouvelles et encore nominations doivent signifier une rupture et une cassure du laxisme de la diplomatie mauritanienne qui hélas a d’énormes potentialités pourvu que l’ordre administratif règne, que la lettre soit véritablement de créance et que la note réellement verbale.

Diallo Ngaari Ball

Source : Mamadou Ball

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