Le ministre, la dengue et la fièvre de la vallée du Rift…

hopital nationalTrois catastrophes qui s’abattent actuellement sur notre pays, même si l’on obstine, du côté officiel, à répéter que la situation ‘’demeure sous contrôle’’ et qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer.
Les déclarations faites à ce sujet par les ministres, hauts fonctionnaires et fonctionnaires tout court, concernés ou non concernés par les épidémies de fièvre qui font désormais partie du quotidien du mauritanien, minimisent la portée des maladies qui sévissent ‘’impunément’’ depuis plusieurs mois dans le pays.
Le simple vétérinaire, sans compétence ni moyens, perdu au milieu de nulle part, explique à celui qui veut l’entendre qu’il n’y a jamais de maladie dans le cheptel et qu’il veuille au grain. Lui qui, bien sûr, ne sait même pas de quoi il s’agit et auquel on avait tout simplement tendu des micros de la télé ou la Radio nationales, hauts lieux de la langue de bois, dans le cadre d’une grande opération de désinformation en direction de l’opinion publique.
Le chef d’orchestre de cette opération de désinformation n’est autre que le ministre de la Santé qui, d’habitude, circulait ou plutôt se promenait d’un centre de santé à un autre, bien sûr pas dans le but de travailler, mais juste pour donner l’impression de bouger et de faire quelque chose.
Au sujet des fièvres mystérieuses qui continuent de sévir dans le pays, provoquant peur et désarroi au sein des populations, il a d’abord nié les faits, évoquant une volonté constante de l’opposition de saper l’image du pays et de son gouvernement.
Une manière courante et très facile pour nos responsables pour ‘’noyer le poisson’’,mais les faits sont têtus et le ministre, devant la progression affolante des épidémies et la peur qui gagnait tout le monde, s’est vu obligé de revenir sur la question pour reconnaître l’existence juste de quelques cas suspects. Plus tard, il allait revenir de nouveau pour confirmer l’existence de cas de fièvre hémorragique de type ‘’Fièvre du Rift’’ et la mort d’au moins quatre personnes dans le pays…
Un bilan qui ne semble pas émouvoir monsieur le ministre qui le présente comme étant très bon même s’il constitue 50% des cas reconnus officiellement. En dépit de cela, le ministre de la santé persiste à dire que ‘’la situation est sous contrôle’’ et que son département a pris toutes les mesures qui s’imposent pour circonscrire la propagation de la maladie…
Lesquelles ? On ne sait vraiment pas ! L’inquiétude serait beaucoup grande, surtout si l’on sait qu’il n’y a pas en Mauritanie de moyens techniques susceptibles de nous informer correctement sur l’existence ou non d’une tette maladie. Pour établir un diagnostic pour ce genre de maladies, nos services sont obligés de recourir à l’institut Pasteur de Dakar
Si tel est le cas, pourquoi mentir et dire que la situation est sous contrôle ? Quelle attitude devrons-nous avoir face à ces responsables qui continuent de se foutre de nos gueules et de nous mentir à longueur de jours, de mois et d’années ?
Doit-on avoir de la rage ou plutôt de la pitié pour ces gens qui ne se prennent pas au sérieux et qui n’ont tout simplement pas froid aux yeux ? Le ministre de la santé, un mélange de populisme, d’incompétence et d’imposture, et ses pairs, exactement comme lui, ne rassurent point et poussent plutôt à la colère et à la révolte contre ceux qui nous gouvernent et nous prennent vraiment pour quantité négligeable.
B’…
Enseignement : L’imposture nationale
Déclarée officiellement année de l’enseignement, l’année 2015, qui a connu l’épisode de fuite des épreuves du baccalauréat de physique-chimie, connu le plus mauvais pourcentage de réussite de ce diplôme durant les dernières années, est en train de finir, comme elle a commencé, dans la confusion la plus totale.
Prévue le 3 octobre, la rentrée scolaire a été reportée deux semaines supplémentaires et est prévue donc pour le 19 octobre. Une date qui n’est, parait-il, pas très raisonnable dans la mesure où beaucoup d’établissements scolaires ont été endommagés par les pluies et ne sont pas prêts d’accueillir leurs élèves d’autant plus que les chantiers n’ont même pas été encore lancés dans certains de ces établissements.
N’en parlons pas des enseignants et des profs dont certains continuent d’être engagés carrément de la rue, sans concours ni examen de niveau (un des laveurs de voitures au niveau de l’immeuble de la BMCI a été engagé, pendant notre fameuse année de l’éducation nationale, en tant que professeur d’une matière principale dans un établissement scolaire à l’intérieur du pays).
N’en parlons pas non plus du livre, des programmes scolaires désuets et de l’absence de vision stratégique dans ce secteur. Au lieu de s’occuper de ces problèmes de fond, l’actuel ministre de l’Education, pur produit de la mauvaise conjoncture politique que vit le pays depuis le putsch du 6 août contre un président civil démocratiquement élu, fait comme exactement le fond les autres ministres de l’équipe gouvernementale : s’occuper des détails et éviter soigneusement de toucher les dossiers de fond.
Afin de finir en beauté cette ‘’année de l’éducation nationale’’, qui ne fera pas certainement date dans les annales de notre système éducatif, le ministre de l’Education a décidé de s’attaquer aux écoles qui enseignent des ‘’programmes étrangers’’ et qui respectent pas les calendriers préconisés par le département de l’Education.
Entendez par cela, les nombreuses écoles privées qui, à cause de la médiocrité de l’école mauritanienne, proposent les programmes français qui sont adoptés par tous les pays de l’espace francophone et qui permettent à leurs élèves de poursuivre, sans difficulté, ultérieurement des études universitaires à l’étranger.
Dans ce cadre, le ministère de l’Education a procédé à la fermeture, pure et simple, des écoles qui avaient pourtant ouvert leurs portes depuis début septembre et qui s’apprêtaient à prendre leurs premières vacances. Cette mesure, présentée par ses initiateurs comme un acte de souveraineté, dessert beaucoup de monde qui avaient la possibilité d’échapper à la médiocrité reconnue et attestée de notre école. Quel dommage !
Il est toutefois surprenant de constater que nos gouvernants, à commencer parMohamed Ould Abdel Aziz, ont depuis belle lurette fait leur religion sur la question et envoient automatiquement leurs enfants à l’école française… Et obligent donc les autres à aller à l’école mauritanienne.
C‘est-à-dire, en d’autre termes : aller vers la médiocrité. Une nouvelle mauvaise performance de l’école mauritanienne qui ne manquera pas d’être vantée pendant les célébrations du 55ème anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance que le gouvernement envisage d’organiser en grandes pompes dans la capitale économique, Nouadhibou.

B’…

Source : RMI Biladi

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