Le mouvement rectificatif du 06 août 2008 en Mauritanie, le putsch du 17 septembre 2015 au Burkina Faso et les réalismes des deux peuples sont différents

Suite à la libre expression de Monsieursidi Ould Baye intitulée « si les Mauritaniens avaient été aussi réalistes comme les Burkinabés, le putsch du 06 Aout 2008 et notre BASEP seraient aujourd’hui de l’oubli ».

PutschistesJe dirais avant propos que tous les mauritaniens dénoncent les spéculations sans fondement, donc aussi vaines qu’inutiles. Il est vrai qu’avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Par ailleurs le monopole de la vérité et de la conscientisation n’appartient à personne, il est partagé.

Avec tous les respects que mérite le peuple burkinabé, nous ne sommes pas comme les burkinabés. Le mouvement rectificatif était engagé par des officiers qui ont un projet clair de société et qui a été, d’ailleurs, matérialisé sur le terrain par les séries de réalisations économiques et sociales qui sont, pratiquement, sur tous les points de l’étendue du territoire national. Ce mouvement s’est déroulé sans aucun incident, tant sur le plan humain que sur le plan matériel.

Il était aussi, soutenu par la majorité du peuple mauritanien, par la majorité des représentants du peuple (parlementaires et maires), par le Bataillon de sécurité présidentielle (BASEP), par les différents états majors des forces armées et les différentes structures de sécurité du pays.

En revanche, au Burkina Faso un général dénommé Gilbert Diendéré, un fidèle d’entre les fidèles de Blaise Compaoré, se proclamait depuis le jeudi 17 septembre 2015, l’homme fort du coup d’Etat des militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d’élite de l’armée burkinabè. Ensuite, il a été nommé président du Conseil National pour la Démocratie (CND). Les motifs et les objectifs qui ont conduit le général à prendre les règnes du Burkina Faso, pour quelques jours, étaient très faibles et manquaient, substantiellement, de soutiens : populaire, politique et militaire.

Après le coup d’Etat du 17 septembre contre le président de transition Michel Kafando, une vague de manifestations a déferlé, précipitant le pays au bord du chaos (une dizaine de morts sans compter les personnes blessées). Le lundi 21 au soir, les forces loyalistes se sont déployées dans la capitale et ont assiégé les putschistes. Après des heures de négociations sous la houlette du Mogho Naba, chef traditionnel des Mossis (ethnie majoritaire du pays), les putschistes ont accepté de regagner leurs casernes et de permettre le retour du président renversé.

Avec tous les respects que mérite le peuple burkinabé, nous ne sommes pas comme les burkinabés. Nous avons tous été témoins et nous avons été sage , capables de nous unir pour l’intérêt de la nation, nous avons été, incontestablement, plein de courage, de patriotisme et de réalisme politique pour soutenir le mouvement rectificatif, quand le pouvoir du premier président démocratiquement élu en mars 2007, avait par mégarde admis la recrudescence de l’insécurité particularisée pour la première fois dans le pays par une série d’attentats terroristes contre les expatriés occidentaux et les forces armées et de sécurité, les crises sociales et économiques, les mouvements de contestation des étudiants et des travailleurs poussées par la flambée des prix et la démission d’un groupe d’une quarantaine de parlementaires de la formation politique du Président de la République, tous ces facteurs ont contribué à justifier et précipiter le renversement de ce régime.

Nous avons soutenu et défendu l’intérêt de la nation, nous avons été, incontestablement, plein de courage, de patriotisme et de réalisme politique pour saluer les motifs et les objectifs de ce mouvement rectificatif, remettant en cause la régularité de l’exercice par le Président de la République des ses pouvoirs. Plusieurs raisons sont évoquées en l’occurrence : l’abus de pouvoir, la manipulation du Président par son entourage à des fins sordides, l’incarnation de la faiblesse de l’institution du Président au regard de l’opinion nationale et internationale et la gestion improvisée et désastreuse de certains dossiers de grande importance pour la vie de la nation. La succession de ces mobiles a justifié la destitution du Président élu par le mouvement rectificatif du HCE. Cette déposition reste, en dépit des motifs avancés, au regard de certains éternels protagonistes désespérés et égarés politiquement, une action anticonstitutionnelle nulle et non avenue.

Pour transcender le blocage politique et la crise constitutionnelle que vivait le pays, les protagonistes avaient admis, unanimement, de se confier à une médiation internationale. Aussi, sous les auspices de certaines institutions internationales telles que l’Organisation des Nations Unies, l’Union Africaine, l’Organisation de la Conférence Islamique, l’Union européenne, l’Organisation de la Francophonie et la Ligue des Etats Arabes, une table ronde est organisée àDakar au Sénégal pour discuter et échanger sur les voies et moyens de revenir à l’ordre constitutionnel.

Nous avons tous été témoins et nous avons été sage , capables de nous unir pour l’intérêt de la nation, nous avons été, incontestablement, plein de courage, de patriotisme et de réalisme politique pour soutenir et saluer après de tumultes et rudes cycles de négociations, la conclusion de « l’Accord de Dakar », paraphé àDakar le 2 juin 2009 et signé le lendemain à Nouakchott. Les principales dispositions de cet accord international instituent une transition politique que soutiendra la nomination d’un gouvernement d’union nationale, la création d’une commission électorale nationale indépendante, la démission officielle du Président de la République déchu par le mouvement rectificatif, la démission du Président du Haut Conseil d’Etat et l’assurance de l’intérim de la Présidence par le Président du Sénat ainsi que l’organisation d’une élection présidentielle fixée au 18 juillet 2009 avec la supervision d’une observation internationale.

Au terme de cet accord, les engagements auxquels les parties avaient souscrits, ont été respectés, l’élection organisée a été remportée par le candidat Mohamed Ould Abdel Aziz au premier tour avec plus de 52% des voix exprimées. Un nouveau régime s’installe par le retour du Président du HCE en qualité de« Président élu ».

En tout état de cause, nous sommes persuadés que ces campagnes mesquines menées depuis quelque temps contre l’institution du président de la république seront neutralisées par la volonté du patriotisme des mauritaniens qui n’accepterons jamais de céder devant ce genre d’appât démasqué. Les dérapages observés depuis un certain temps ne sauraient perdurer. La liberté n’a de sens véritable que si elle se conjugue parfaitement avec le principe de responsabilité. La liberté d’expression, ce n’est pas la liberté d’injurier, de vilipender, de diffamer. La liberté d’expression, ce n’est pas la liberté de salir la réputation d’autrui, d’avilir les institutions de la République. Chacun doit se ressaisir, en toute responsabilité. Il n’y a pas de place en Mauritanie pour la démocratie de l’injure, de la haine, de l’invective, de la violence……………

Itawel oumrou Mohamed vall

Source : Ould Emene Mrabih Rabou

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