Le Nouveau Monde de Béchir Maalum – [PhotoReportage].


La Renaissance, Printemps, Rythmes de la vie, Le Monde de demain, La Terre des hommes : l’exposition de l’artiste-peintre Béchir Malum réunit 12 œuvres, à la Galerie Sinaa, sur le thème, le « Nouveau Monde ».

A premier coup d’œil, on pourrait penser qu’il s’agit de fresques sur la découverte de l’Amérique, le Nouveau Monde. Il s’agit plutôt de celui de l’artiste-peintre Béchir Malum qui explore, à travers l’actualité, le monde qui l’entoure.

Béchir Malum sait surprendre. C’est, peut-être, ce qui fait sa force, son charme, qu’on hallucine devant sa création. A chaque exposition, il sort la grosse artillerie, pour communiquer ses sensations et ses réflexions, à travers les signes, l’écriture et les symboles noués dans une peinture vive et expressive. Et, là, chacun peut donner libre cours à son jugement et à son interprétation.

D’ailleurs, il ouvre les lignes en se permettant une certaine liberté morale, philosophique et religieuse pour évoquer ses pensées, par exemple, dans le tableau « Renaissance » où il prend le contre pied des Mayas qui avaient annoncé la fin du monde, le 21 décembre 2012.

Refus d’être prisonnier de l’art

Artiste en quête permanente de nouvelles formes d’expression artistiques, Béchir Malum interroge, dans sa nouvelle exposition, le monde d’aujourd’hui et de celui de demain. Pour cette exposition qui est une autre étape dans le renouvellement de l’artiste, il refuse d’être prisonnier de l’art pour délimiter sa création.

« J’évite toujours d’être prisonnier de mon art.Je peux arriver à trouver un style de travail où je peux gagner ma vie. Ça peut marcher et je peux rester dedans. Là, si je le fais, je vais être prisonnier de moi-même », dit-il. « Je prends toujours un risque. Soit, ça marche. Soit, ça ne marche pas. Mais, je prends tout mon temps pour montrer quelque chose de nouveau en gardant toujours mon style de travail », explique Béchir Malum.

Ainsi, avec lui, on n’est jamais au bout de notre souffle. Face au chaos, comme ce qui se passe au Mali, en Tunisie, en Egypte et un peu partout à travers le monde, il nous redonne de l’espoir. Et, là, argent, pouvoir, soif de liberté et de domination, tout s’entremêle dans un déluge d’optimisme et de consolation. Cette fois également, l’artiste a refusé de caresser la peinture dans le sens du poil. Il s’est libéré, parle de ce qu’il sent, vit et voit. En un mot, de son « Nouveau Monde » où on est vite attrapé par la réalité de son bouleversement, de la violence qui l’engloutit de plus en plus.

Libération

Dans ce « Nouveau Monde », Béchir Malum fait un saut en arrière, très loin dans sa jouvence. Cette exposition est le reflet d’une morsure d’un adolescent de 12 ans marqué par la guerre civile au Libéria. « Depuis que j’expose, je n’ai jamais eu le temps de libérer ce que j’ai vécu comme violence. Je n’ai jamais eu le temps de parler de ce côté-là dans mes œuvres ».

Cette fois, c’est fait. Et, aujourd’hui, comme sur une tour de contrôle, Béchir Malum a pris désormais le contrôle de sa vie, pour explorer encore de nouveaux chemins, entre graphisme, écriture et signes.

Dans un détour presque divin, Béchir Malum nous entraîne également dans cette Mauritanie-là « où le ciel se lève » et qui éclaire les « rythmes de la vie » à travers l’introspection de mouvements humains qui racontent des « histoires du futur, du présent et du passé ». Exposition à découvrir jusqu’au 15 février, à la Galerie Sinaa.

Babacar Baye Ndiaye

Avec Cridem, comme si vous y étiez…

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