Le pari du rapprochement entre Tchadiens et Centrafricains

CENTRLe déferlement de violences de ces derniers mois contre les populations musulmanes a conduit à l’exode de plusieurs dizaines de milliers de Tchadiens qui vivaient en Centrafrique. Difficile d’enrayer le discours de haine qui s’est répandu à cette occasion. Mais une association vient de se créer au sein de la diaspora et veut porter un autre message, un message de réconciliation entre Tchadiens et Centrafricains. Cette structure s’appelle Association Oubangui Chari pour le vivre ensemble et regroupe des ressortissants des deux pays.

L’Association Oubangui Chari pour le vivre ensemble est certes une petite association de la diaspora qui a une capacité d’action limitée, mais elle espère pouvoir réveiller à sa manière la flamme de la très vieille amitié entre peuple tchadien et centrafricain car les passerelles ne manquent pas. Edouard Boukié est Tchadien. Il se souvient avoir appris le sango, la langue nationale centrafricaine largement parlée dans le sud du Tchad : « Toutes les églises protestantes officiaient en sango, se souvient-il. Dans ma génération on a eu cette chance de parler cette langue-là et même parfois couramment. » Les populations du sud du Tchad et du nord de la Centrafrique, ajoute-t-il, sont les mêmes.

Les « cousins »

A ses côtés, le centrafricain Salomon Kotro se souvient d’un temps pas si lointain où les Tchadiens étaient appelés aou, les « cousins », par les Centrafricains. Il appelle ses concitoyens à la raison : « Il n’y a pas de vainqueur, il n’y a pas de gagnant avec la violence. La violence ne fait que détruire les choses. Le Tchad ne peut pas évoluer sans la Centrafrique. La Centrafrique ne peut pas non plus évoluer sans le Tchad. Le lien qui a toujours uni ces deux peuples, il ne faut pas qu’il se brise. »

Si le passé a uni Tchadiens et Centrafricains, l’avenir, poursuit Salomon Kotro, leur donne aussi des raisons d’être ensemble. Pour l’exploitation des gisements de pétrole situés dans le Nord, par exemple, la Centrafrique aura besoin de se raccorder à l’oléoduc Doba-Kribi.


 ■ ZOOM : Un soldat français tué dans un accident de la circulation

Un soldat français de 26 ans, engagé dans l’opération Sangaris en Centrafrique, a été mortellement blessé dimanche dans un accident de la circulation lors d’« une mission de reconnaissance des axes routiers » dans les environs de Bouar dans l’ouest du pays. Le caporal Damien Dolet appartenait au Régiment d’infanterie chars de marine (RICM) de Poitiers (Vienne), qu’il avait rejoint en 2011. Il s’agit du troisième militaire français mort en Centrafrique depuis le début de l’opération le 5 décembre.

Par : Rfi

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