Le parlement mauritanien ratifie les projets de loi criminalisant l’esclavage et les coups d’Etat

Le Parlement mauritanien a approuvé hier soir, les deux projets de loi  criminalisant  les coups d’Etat et l’esclavage en Mauritanie, par  18 voix (les députés présents). Le parlement compte 95 députés.

Les  projets de loi soumis au parlement font partie des recommandations du dialogue qui a réuni l’année dernière  des partis de l’opposition et la majorité présidentielle.

Cette séance publique a été caractérisée par une vive polémique, à propos de l’esclavage, entre les députés de l’opposition et ceux de la majorité. Les derniers pensent que l’esclavage n’existe plus en Mauritanie et accusent leurs homologues de l’opposition de continuer à favoriser «  les marchands  de valeurs humaines »  pour ternir l’image de notre pays.

Pour les députés de l’opposition, l’esclavage demeure une réalité en Mauritanie mais les autorités -disent-ils  – préfèrent fermer les yeux sur la réalité.

La députée  Maalouma mint Bilal de l’APP, a dénoncé, ce qu’elle a appelé, un dernier cas de pratique esclavagiste découvert à Bassiknou, à l’est du pays. Elle a fustigé la tentative des autorités de vouloir le camoufler en prétendant que le cas en question est apparu dans les camps de réfugiés d’Azawad. Son intervention a entrainé l’ire du député de Bassiknou, Elemana, qui a accusé Maalouma et son mari Boubacar Ould Messaoud, président de SOS-Esclaves, d’extrémistes qui ne cessent de déformer la réalité selon lui.

Elemana affirme qu’il n’existe plus d’esclavage en Mauritanie et que les personnes  qui sont des descendants d’anciens esclaves  ne sont nullement marginalisées en citant comme exemple comme le  ministère de la Justice et le président de Conseil  constitutionnel.

En réponse  au député de Bassiknou, Maalouma Mint Bilal a déploré la marginalisation des cadres h’ratines, prenant comme exemple, l’absence totale d’un procureur h’ratine  parmi les dizaines que compte la République.

Pour sa part, la députée Mint Cheikhna  a estimé qu’il est inutile de parler de mesures d’éradication de l’esclavage pour la simple raison que la petite portion du budget destinée à cet effet, est maintenant versée dans le chapitre « dépenses générales». Mint  Cheikhna a tourné en dérision la loi condamnant et incriminant les coups d’Etat. Elle pense que cette loi est absolument inutile, du moment que les coups d’Etat sont déjà condamnés  par essence par la constitution qui prône la démocratie comme fondement et stipule que l’armée nationale est une armée républicaine qui doit demeurer  fidèle à son rôle républicain, loin des tiraillements  des civils et des enjeux de la  politique.

Le député Mohamed Yahya Ould Kharchi – bien qu’étant  du  parti au pouvoir et très proche parent du président Aziz- a reconnu l’existence de séquelles de l’esclavage et a affirmé que contrairement à l’idée reçue l’esclavage existe bel et bien chez toutes les communautés de notre pays. Il a également déclaré  qu’il faut appuyer la volonté du président et de son gouvernement visant à l’éradiquer. Lui succédant à la parole, certains députés ont mis l’accent sur la justesse de ces propos, d’autres par contre ont trouvé que ces affirmations ne reposent sur rien de solide.

Source : Avec agence


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