Le pays s’oriente vers un blocage politique fatal pour la stabilité du pays

trio de choc
L’apaisement politique mauritanien relève encore du miracle, avec cette fermeté inflexible du pouvoir et de ses soutiens de la majorité et de l’opposition modérée, notamment El Wiam, de jouer le tout pour l’organisation des futures élections législatives et municipales avant la fin de l’année en cours.

Un objectif rejeté en bloc par la COD qui murit ces derniers jours un plan de protestation plus robuste que ceux qui l’ont précédés, devant arriver dans les prochains jours à son point culminant de préparation, essentiellement focalisé sur des efforts collectifs pour étouffer dans l’œuf cet agenda électoral de plus en plus inéluctable.

Au rythme où les choses vont actuellement, avec d’un côté de la scène politique, un pouvoir déterminé à relever, avec ses soutiens de tout bord le pari des futures élections législatives et municipales, et d’un autre une opposition radicale, prête jusqu’à l’instant à toutes les options pacifiques pour contrer ce putsch électoral, avec la possibilité de tâter dans le proche avenir d’autres tactiques, tout porte à dire que le pays se dirige vers un blocage politique certain.

Avec cette ténacité de la COD de faire étouffer à tout prix l’agenda électoral mis en place par les officiels, le pays pourra se trouver entraîné dans une spirale dangereuse d’instabilité politique où les opposants, pourraient être tentés par le recours à d’autres moyens de lutte peu orthodoxes pour amener les autorités à renoncer à leur calendrier.

Ceci est d’autant vrai que ce sont toujours les entêtements des régimes et la gestion unilatérale des nations qui font naitre et accentuer les élans de protestation, comme le montre le cas égyptien avec la mise à l’écart mercredi dernier de Morsi, sauf que dans ce cas de figure, aussi bien les deux chefs d’Etat égyptien et mauritanien ainsi que leurs deux peuples n’ont pas les mêmes spécificités.

En effet, si l’armée cairote soutient son peuple et prend en conséquence son parti pour asseoir la logique démocratique faussée lors d’une première expérience par l’arrivée des islamistes au pouvoir, tel n’est pas le cas mauritanien, où l’homme fort de Nouakchott jouit entièrement de l’appui de l’institution militaire, sans l’aval de laquelle, il n’aurait pas renversé Sidioca et avant lui de manière indirecte Ould Taya.

Ceci est d’autant plus que cette même armée de tradition putschiste, a trouvé plusieurs occasions d’or pour se débarrasser en douceur et en complicité avec les civils assoiffés du pouvoir, surtout pendant son accident de Toueila, mais fidèle jusqu’à se mesurer à la plus républicaine de armées du monde, la Grande muette, s’est farouchement opposée à ce projet anticonstitutionnel.

Il n’en demeure pas moins que déjà confronté à des grognes de tout acabit, identitaire et socioéconomique sérieuses, suscitant chez les citoyens un sentiment d’injustice excessif comme l’a dénoncé vigoureusement hier l’UFP, le pouvoir serait-il totalement obnubilé par l’objectif de remporter ces futures perspectives électorales à tout prix, même en exposant le pays à un blocage politique capable de replonger de nouveau le pays dans l’impasse d’antant.
Md O Md Lemine

Source : Lerenovateur

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