Le plan de guerre détaillé : Le compte à rebours pour les bandits du Nord

Les événements s’accélèrent pour une intervention militaire au nord du Mali pour chasser les islamistes qui l’occupent. Les chefs d’état-major de la Cédéao réunis hier en présence du Haut représentant miliaire de l’Union africaine, le général Sékouba Kouyaté, ont peaufiné le plan de concept d’intervention qui sera soumis aux chefs d’Etat puis au Conseil de sécurité de l’ONU.

Les chefs d’état-major de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont étudié le mardi 6 novembre à Bamako, le « concept d’opération », c’est-à-dire tous les contours et conséquences d’une intervention militaire au nord du Mali pour chasser hors du territoire les islamistes armés d’Ançar Eddine, les trafiquants de drogues et preneurs d’otages d’Aqmi et les séparatistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

D’après certaines sources, le plan transmis par les experts aux chefs d’état-major de la Cédéao prend en compte l’implication de troupes non-africaines aux opérations. Si cette éventualité se confirmait, ce ne serait pas une surprise puisque nombre de pays africains avaient déjà fait savoir qu’ils n’allaient pas fournir de combattants aux côtés des forces armées et de sécurité du Mali.

Parmi ces pays, il y a la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone et bien sûr les pays du Champ pour de raisons sécuritaires et d’efficacité de lutte contre les islamistes. D’autre part, par cette proposition, les experts semblent prendre au sérieux les menaces proférées par les islamistes de s’attaquer à toutes les capitales ou grandes villes dse pays qui s’engageraient au nord du Mali.

Mais il est peu probable que les chefs d’Etat africains tout comme les chefs d’état-major de la Cédéao cèdent à ces menaces, décidés qu’ils sont à en finir avec les différends mouvements rebelles qui hypothèquent l’épanouissement de la sous-région. En tous les cas, la dernière décision revient aux chefs d’Etat de la Cédéao.

La guerre d’abord, les négociations après

La présence de troupes non africaines au nord du Mali n’est pas envisageable, pour le moment, par la France et les Etats-Unis qui sont beaucoup plus pour un appui logistique. De sources proches du dossier, le plan sur lequel planchent les chefs d’Etat envisage une intervention de l’aviation qui serait décisive pour défaire les islamistes. Selon les mêmes sources, le plan prévoit l’envoi de 3000 hommes sur le terrain. Ce chiffre pourrait évoluer et atteindre les 4000 hommes.

Sur le plan du déroulement des opérations, comme convenu auparavant avec les autorités militaires et civiles, Koulikoro sera le PC de la Micema puisque nos militaires ne veulent pas « d’éléments étrangers » à Bamako, tandis que les aéroports de Bamako-Sénou et de Sévaré resteront des points d’appuis stratégiques pour combattre l’ennemi dans les différentes régions et localités qu’ils occupent. Sur le plan humanitaire, rien n’est filtré du plan, mais selon nos sources, l’aspect humanitaire est largement pris en compte.

Avec cette rencontre des chefs d’état-major, un véritable dispositif de guerre contre les islamistes qui occupent le Nord du Mali se met en place. Le Conseil de sécurité a donné jusqu’au 26 novembre à la Cédéao pour préciser ce plan.

Le colonel-major Yamoussa Camara, ministre de la Défense et des Anciens combattants, lors de l’ouverture de la réunion des experts le 30 octobre avait estimé que la guerre était inévitable contre les terroristes dans le Nord du Mali, « même si toutes les guerres se terminent autour d’une table de négociation », avait-il ajouté comme pour dire que le compte à rebours avait commencé.

Le général Sékouba Konaté, chef de la Force africaine en attente (FAA), chargé par l’Union africaine (UA) de superviser la préparation de la force de la Cédéao au Mali a assisté à la réunion. « Je voudrais saluer déjà le travail qui a abouti à l’élaboration du concept d’opération. Les crises auxquelles le Mali est confronté sont préjudiciables à la paix dans la sous-région », a-t-il déclaré, ajoutant en ajoutant que  «  le Mali peut compter sur ses amis, ses partenaires des Forces en attente de l’UA, pour le respect de son intégrité territoriale ».

Denis Koné


Source: Malijet


Publicité

Mauritel

Speak Your Mind