Le procès Cheikh Yérim-Aissata Tall minute après minute comme si vous y étiez


C’est un monde fou qui a pris d’assaut hier, le tribunal des flagrants délits de Dakar pour assister à l’affaire « Cheikh Yerim Seck ». Journaliste et non moins administrateur du site en ligne « Dakar actu.com », celui-ci est accusé de viol sur une donzelle de 20 ans du nom de Aissata Tall, étudiante en 2e année de droit à Montpellier (France).

Avant même 8heures, la porte du tribunal des flagrants délits de Dakar où l’affaire doit être jugée est assaillie. Une file indienne composée de d’hommes, de femmes et de jeunes s’était dressée à l’entrée. Tout le monde voulait accéder dans la salle. Personne ne voulait rater le rendez-vous. Les uns étaient venus soutenir les protagonistes du jour, les autres pour avoir de quoi raconter à leur entourage. 8h43, la porte de la salle du tribunal des flagrants délits est ouverte. C’est la débandade. Les rangs sont violés. Une bousculade monstre s’ensuit. Chacun veut avoir une place. D’un seul coup, la salle est pleine à craquer. Même les allées sont occupées. Sans ventilateur, ni climatisation, une chaleur infernale y règne. L’atmosphère devient suffocante. Ici, tous les moyens sont bons pour s’éventer. Journaux, feuilles de papiers, cahiers, mouchoirs, bref tout objet qui pourrait fournir de l’air. Quelques minutes plus tard, l’un des éléments de la gendarmerie préposé à la sécurité, sous une voix rauque, crie haut et fort :

 

« Que ceux qui n’ont pas de place quittent la salle.  Sortez rapidement ». Mais ses ordres semblent tomber dans l’oreille d’un sourd. Pas de réaction. Dans la salle, aucune âme n’obéit. Sur ces entrefaites, deux autres gendarmes lui portent secours. Et, à trois, ils parviennent à évacuer la salle. Tous ceux qui n’avaient pas de place se sont retrouvés dans le hall du palais de justice. Leur discussion s’entendait jusque dans la salle. 8H53, les témoins de l’affaire en l’occurrence Maimouna Thiaw, Cheikh Lo, Ibrahima Mbengue, Mamadou Diallo et Souleymane Astou Diagne font leur entrée dans la salle. Leur passage fera long feu. Ils y ressortiront 4 minutes après avant d’être installée dans une salle, de l’autre coté. Après deux heures d’attente plus précisément à 10h24 minutes, le président du tribunal, Adiyatoulahi Guèye, entouré de ses deux assesseurs, le procureur de la république, Doudou Cissé Fall, ainsi que le greffier s’affichent. Le tribunal est debout comme un seul homme pour les accueillir avant de s’asseoir deux minutes pus tard sous les ordres du président. Ce moment donne, l’ouverture des audiences. L’affaire Cheikh Yerim Seck est appelée à 11h19mn. La salle s’agite. Des chuchotements fusent de tous bords dans la salle. Tous les regards sont braqués vers la boxe des accusés. Bien moulé dans sa tunique blanche aux rayures noires assortie de ses babouches blanches, Cheikh Yerim Seck, pénètre dans la salle. Entre ses mains, un paquet de mouchoir. Devant la barre, il jette, de temps à autres des regards furtifs de gauche à droite comme pour essayer d’identifier quelqu’un dans la foule.

 

« Avant de passer à l’acte, on s’est embrassé, on s’est caressé. Je ne lui ai pas dit expressément que je voulais entretenir des rapports sexuels avec elle mais, je lui ai dit que j’avais envie d’elle »

 

Aussitôt après, Aissata Tall, vêtue d’un jean blanc et d’un body, le tout surmonté d’une veste bleue est visible dans la salle. Elle a surpris ceux qui soutenaient qu’elle ne comparaitrait pas. « Mais c’est elle. Elle est venue donc » déclare une voix, peu étonnée de la présence de la fille. Une autre voix s’élève pour donner plus d’explication : « Elle a atterrit sur Dakar, hier vers les coups d’une heure du matin. Elle ne voulait pas venir mais ses avocats ont insisté à ce qu’elle vienne ». Le président du tribunal demande le silence à l’assistance avant de donner, en premier, la parole à l’administrateur du site de « Dakar actu ». Celui-ci revient d’abord sur sa connaissance avec la fille. Il soutient que c’est Aissata Tall qui s’était intéressée à lui  lors de l’émission « Débattons » diffusée sur la 2stv et lui a donné son numéro. Puis, s’ensuit des appels téléphoniques et des messages mutuels entre le « couple ». Abordant le thème du viol dont il est accusé, Cheikh Yerim Seck soutient mordicus qu’il n’a jamais violé la fille. « Avant de passer à l’acte, on s’est embrassé, on s’est caressé. Je ne lui ai pas dit expressément que je voulais entretenir des rapports sexuels avec elle mais, je lui ai dit que j’avais envie d’elle » déclare t-il devant la barre, battant en brèche les accusations de viol faites à son encontre. Il poursuit tout en gesticulant avec ses mains : « La pénétration est venu naturellement. J’y suis allé lentement, sans poussette jusqu’à y arriver. Je l’ai pénétrée, j’ai fais des va et vient et elle n’a pas crié. C’est après 15 minutes de rapport qu’elle a crié. Sur le coup, je me suis relevé sur elle. Et, en aucun moment, elle ne m’a ni repoussé, ni égratigné alors qu’elle a des ongles pour se défendre. Si jamais je savais qu’elle était en désaccord de ce rapport sexuel, je ne me jetterais pas sur elle.  ».

« Je lui ai dit que je n’étais pas venue pour le sexe, il a continué et, a commencé à me déshabiller. Je lui ai tourné le dos quand il mettait son préservatif. Ainsi, il m’a saisie de toutes ces forces pour me clouer sur le lit »

 

Démontrant toujours que le rapport était consentant, il ajoute : « C’est à cause de sa sœur que l’affaire a été divulguée. Si non, personne ne serait au courant. C’est son environnement social qui fait qu’elle ne veut pas assumer les conséquences de son acte. J’en suis sûr. Je suis un acteur principal des faits. Je sais ce qui s’est passé et comment il s’est passé. Tout ce qui est arrivé me désole mais je n’accepte pas qu’on me traite de violeur ». Par ailleurs, le sieur Seck a aussi émis des doutes sur la virginité de la jeune fille. A l’en croire, c’est après les faits qu’il s’est posé la question de savoir si réellement la fille était vierge, vu le processus des choses. « Au début je pensais qu’elle était vierge. Mais, présentement j’en doute parce que, quand je l’ai pénétrée, la totalité de mon appareil sexuel était entrée presque dans le vagin de celle-ci ». Sur ce, il passe le témoin à la fille. Très raffinée, le verbe facile, Aissata Tall a séduit tout le public qui s’était déplacé pour venir assister au procès. Maniant très bien la langue de Molière, elle est revenue, avec les moindres détails, sur le déroulement des faits. D’après ses allégations, M Seck l’a bel et bien violée. Elle n’a jamais était consentante pour des rapports sexuels. « Quand M Seck a commencé, je lui ai dit que je n’étais pas venue pour le sexe, il a continué et, a commencé à me déshabiller. Je lui ai tourné le dos quand il mettait son préservatif. Ainsi, il m’a saisie de toutes ses forces pour me clouer sur le lit » indique t-elle. Très à l’aise dans ses déclarations, elle fait savoir : « quand il a voulu me pénétrer, j’ai crié. Quand il m’a pénétrée j’ai continué à crier pour lui montrer qu’il me faisait du mal ». A la question de savoir pourquoi, il n’a pas usé d’autres formes de résistances ou ses ongles pour se défendre, elle souligne « Je n’ai pas l’habitude d’utiliser mes ongles pour me défendre. En plus, je pensais que je parlais à un homme responsable, raisonnable. Quant aux témoins, ils ont campé sur leurs positions en soutenant qu’ils ont entendu un long cri strident.

 

 

 

« Il manque d’humilité et il n’est intéressé que par le fric, les fesses et les fastes. Ce qui l’a conduit à commettre des frasques ».

 

Dans leurs plaidoiries, les avocats de la partie civile ont soutenu que Cheikh Yerim Seck est coupable des faits qui lui sont reprochés. Selon eux, ce denier ne fait que tromper les sénégalais. Il se prend pour un intellectuel, pour un saint alors qu’il n’est qu’un maniaque sexuel, un prédateur de femme, un vantard doublé d’un maitre chanteur. Sur ce, Me Sarr, conseil de la partie civile, le qualifie de quelqu’un qui manque d’humilité et qui n’est intéressé que par le fric, les fesses et les fastes. Ce qui le conduit à commettre des frasques ». Le procureur de la république, considérant qu’il n’y a pas eu de consentement de rapport sexuel, a requis 3 ans ferme contre le journaliste-chroniquer.

Sur ces entrefaites, les avocats de la partie civile, à l’unanimité demandent au juge d’appliquer la loi dans toute sa rigueur, sans état d’âme . Les avocats de la défense ont pour leur part, demandé la relaxe pure et simple de leur client.

 

Ndèye Marie NDOUR- GUELEW


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