Le retour en arrière sur les libertés civiles interromperait la grande marche de la Mauritanie vers son futur antérieur

Me Takioullah Eidda

Lors d’une conférence de presse tenue il quelques mois, le Président Aziz a clairement dit «qu’il n’y aura pas de retour en arrière sur les libertés civiles». 

Cette position a été qualifiée par plusieurs de courageuse. Car se sont ces libertés civiles, notamment les libertés d’expression et d’association, qui sculptent la démocratie de demain dans le marbre de l’Histoire de la Mauritanie. Se sont aussi ces libertés qui nous ont permis d’entreprendre notre longue et douloureuse thérapie afin d’exorciser nos démons d’esclavagistes, de tribalistes et de féodaux.

Aujourd’hui, les forces du mal, fouettés par les instincts de survie, contre attaquent en s’interposant sur la route de notre salut. Elles brandissent les atteintes à l’ordre public; à l’unité nationale et à la cohésion sociale. Certes, se sont là des valeurs qui nous sont très chères et bien sûr prioritaires.

Mais en soupesant le tout dans la balance des avantages et des inconvénients pour la Mauritanie de demain, les risques en valent la peine. Je dirais que ces risques sont calculés, de sorte qu’au bout de notre thérapie institutionnelle et collective, les avantages l’emporteront largement, et certainement, sur les inconvénients.

En revanche, le retour à notre passé simple ne nous amène nulle part, sauf peut être à la méfiance, à la frustration et peut être même à la rupture. On lui préfère plutôt un futur antérieur.

Car, la Mauritanie de demain veut que l’ordre public soit construit sur des libertés respectées pour tout un chacun. La Mauritanie de demain veut que l’unité nationale soit établie sur des bases consensuelles, justes et équitables. LaMauritanie de demain veut que la cohésion sociale soit construite sur une conviction intime de respect des uns les autres en tant que citoyens.

Alors qu’on chasse de notre parcours les démons des forces du mal (Yakhzik Ya Cheytan Ou Yalenaak) et qu’on laisse les libertés d’expression et d’association, exercées de façon responsable, nous guider, nous et nos enfants, vers l’accomplissement de notre destin démocratique et égalitaire. 

Maître Takioullah Eidda, avocat
Québec, Canada

Source : Me Takioullah Eidda

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