Le roi Salman d’Arabie saoudite distribue primes et bonus à ses sujets

Le prince SalmanRFI: Le 23 janvier 2015, le roi Abdallah mourait et le prince héritier, Salman, montait sur le trône. Le nouveau roi, plus conservateur que son prédécesseur, semble se montrer très généreux vis-à-vis de la population. Il accorde primes et bonus aux Saoudiens. Ces aides financières cachent mal la volonté d’étouffer une grogne sociale en sourdine dans le royaume.

L’Arabie Saoudite a d’énormes besoins sur le plan social. Tous les Saoudiens ne roulent pas sur l’or et ne bénéficient pas de la manne pétrolière. On le sait moins, parce qu’on n’en parle pas, mais la misère existe dans le royaume. Sur une population de 28 millions d’habitants, la moitié a moins de vingt ans et une majorité de ces jeunes se retrouvent sans emploi : même s’il est difficile d’obtenir des chiffres fiables, des économistes estiment que le chômage frappe 25% des hommes, 54% des femmes.

Et c’est justement pour lutter contre la pauvreté qui gangrène le royaume que le roi Salman a décidé d’injecter plus de 28 milliards d’euros sous formes de subventions et autres primes. Les fonctionnaires, les militaires, les employés de l’Etat, par exemple voient leur salaire doublés, alors que le salaire moyen est de 2 700 euros par mois. Les étudiants à l’étranger vont également bénéficier d’allocations ou de bourses de 4,8 milliards d’euros parce que le gouvernement mise sur l’éducation de ces jeunes qui représentent l’avenir du pays.

Un Printemps arabe muselé par ces mêmes primes

Lutter contre la pauvreté est aussi une façon d’étouffer la grogne sociale, en sourdine, dans le royaume. Avant le roi Salman, son prédécesseur le roi Abdallah avait déjà injecté 130 milliards de dollars entre février et mars 2011. En plein cœur du Printemps arabe, l’Arabie Saoudite avait certes été épargnée par le vent de cette contestation mais pas dans l’Est du royaume où de violents affrontements avaient eu lieu entre manifestants chiites et forces de l’ordre. Et pour éviter la déstabilisation du royaume sunnite, le roi Abdallah avait sorti le chéquier.

La politique des pétrodollars

Aujourd’hui, en 2015, les revendications sont les mêmes, les libéraux réclament toujours une monarchie constitutionnelle. Mais ce qui a changé, 4 ans plus tard, c’est le contexte géopolitique, la menace que fait planer Daech dans le royaume, et tous ces jeunes jihadistes qui reviennent de Syrie ou d’Irak pour semer le chaos. Après avoir déployé tout un arsenal de lois antiterroristes il y a tout juste un an, l’Arabie Saoudite qui dispose des réserves les plus élevées au monde – estimées à 658 milliards d’euros – brandit cette fois l’arme dissuasive des pétrodollars. Un luxe qu’elle se permet malgré un déficit annoncé de 30 milliards d’euros cette année, en raison de la baisse du prix du baril de pétrole. La question est quand même de savoir si la politique du chéquier demeure réellement efficace, et combien de temps la population saoudienne restera sous perfusion.

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