Le secteur des mines en Mauritanie : l’espoir serait-il de retour ?

KinrossIl est loin le temps de la ruée vers le secteur minier en Mauritanie : Kinross a fini par déchanter, et une gestion plus austère de sa mine Tasiast a fini par calmer les ardeurs des investisseurs les plus optimistes ; Glencore(Xstrata) quant à elle, cherche à abandonner le navire – en vain ; quant à la SNIM, elle ne finit pas de se débattre dans ses déconvenues !
Que dire alors des autres sociétés minières, qui souffrent une conjoncture internationale morose ?
Pourtant les choses semblent bouger.
Sphere Minerals cherche à poursuivre ses travaux sur le projet de fer de Guelb el Aouj à 35 km du grand projet d’Askaf ; Sphere qui vient en effet de lever 250 millions de dollars Australiens auprès de son principal actionnaire Sidero Pty Ltd,ce qui lui permettra de rembourser les 240 millions de dollars qu’elle doit àGlencore Australia Holdings.
Al Rawda Resources Ltd et son très influent PDG Zain Al Zubaidi se proposent de reprendre pour 10 millions de dollars le contrôle du projet de fer d’Askaf ; Al Zubaidi, Alexander Pouget de Glencore, et Jonathan Romcke de Sphere Minerals, la société détentrice d’Askaf (projet contrôlé à 80% par Glencore), tous les trois ont eu une réunion officielle avec les autorités Mauritaniennes – pour rendre compte de l’étude de due diligence de la société Al Rawda Resources, pour valider la reprise du projet en question ?
Et ce n’est pas, tout semble-t-il !
C’est surtout du côté d’Algold Resources qu’il faut attendre une nouvelle relance du secteur aurifère en Mauritanie. En effet la société minière Algold est détentrice du permis de khneivissat, situé à proximité du permis de la mine de Tasiast, un permis constitué par les mêmes roches et les mêmes structures géologiques que celles deTasiast, disons un Tasiast 2.
Algold n’a assurément d’ailleurs jamais douté qu’elle détenait là le projet d’une mine d’or au moins égal à celui de Tasiast.
Algold Resources est dirigée par Benoit La Salle, qui ne se présente plus enAfrique de l’ouest, l’homme de SEMAFO et ses mines, et François Auclair ancien directeur général de la mine de Tasiast, à l’époque où le projet était contrôlé par Red Back Mining : une odeur de déjà vu depuis la découverte de la mine deTasiast en 1994.
La réunion de ces deux hommes au sein d’Algold n’est pas une coïncidence, parce qu’Algold Resources Ltd étudie actuellement les licences de Tijirit en vue d’un éventuel rachat chez Gryphon Minerals. On rappelle que le permis Tijirit, propriété de Gryphon Minerals se trouve dans la ceinture Aouéouat comme la mine deTasiast. Cette zone de l’Inchiri n’a pas de secret pour ces deux hommes !
Gryphon détient aussi le permis Akjoujt situé à 30km de Guelb Moghrein, la mine de cuivre de First Quantum Minerals, et le permis de Saboussiri dans leGuidimagha.
Et si cette roche géologique, qui a fait naitre la mine de Tasiast, était encore plus riche du côté de Tijirit ? Autrement dit si le projet Tijirit s’avérait plus important encore que la mine de Tasiast ? Des questions que prend très au sérieux Steve Parsons le directeur général de Gryphon Minerals, qui affirme sereinement qu’ils sont en vue de quelques millions d’onces, et d’un budget d’exploration conséquent …
Gryphon est consciente de l’importance de ses permis en Mauritanie : le projetTijirit est le focus principal de Gryphon en Mauritanie, et nous avons pris bonne note de ce que Kinross a réalisé avec son projet d’or de Tasiast, parce qu’il s’agit des mêmes roches et des mêmes structures.
La relance du secteur aurifère Mauritanien dans la zone de l’Inchiri par Benoit La Salle et ses actionnaires est une aubaine pour la Mauritanie. Benoit La Salle, de par sa connaissance des milieux financiers internationaux, est un investisseur Canadien, très lié aux milieux financiers Américains, et particulièrement présent dans le salon « Power Africa », crée par Le Président Obama, et qui suit de très près les investissements en Afrique.
Benoit La Salle est aussi un « africain » qui s’étonne que des investisseurs internationaux qui travaillent en Afrique ne font pas d’efforts pour comprendre l’Afrique ; il s’étonne par exemple que Kinross puisse gérer sa mine de Tasiastpar des expats qui ne parlent même pas le français, dans un pays africain francophone, et qu’elle gère cette même mine à partir de son bureau de Las Palmas.
Il est vrai en effet qu’avec la fondation SEMAFO qui fait sa fierté, il a réussi un travail social avec les communautés locales que lui envient plusieurs sociétés minières. « Il faut savoir surfer sur la vague », aime-t-il d’ailleurs à répéter !
Mais bon voilà, on reviendra toujours à ce problème de justice, parce que Algod en rachetant les avoirs de Gryphon Minerals devra faire face au problème de justice du permis de Saboussiri, actuellement pendant devant les tribunaux.
On se souvient que Gryphon a acquis 60% du permis de Saboussiri dans leGuidimagha, à la société Mauritanienne GMS, General Mining Services, détenue par Moma Ould Dide, Abderahmane Ould Mohamed dit Tetama, et Taleb Ould Abdivall, ancien Ministre de l’Energie du Pétrole et des Mines. Moma Ould Dide,ayant été écarté de la cession des 60% du permis de Saboussiri à la société Australienne ….
Gryphon Minerals – Taleb Ould Abdivall usant de ses pouvoirs en tant que Ministre et actionnaire du permis de Saboussiri, pour bloquer le dossier, mais Steve Parsons, Directeur Général de Gryphon Minerals savait que cette affaire finirait par les rattraper, parce que Taleb Ould Abdivall, en tant que Ministre du Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie n’aura rien à craindre, ni de Moma Ould Dide, ni de la justice, mais son incapacité à trouver une solution à l’amiable, laisse à Gryphon Minerals un problème dont elle se passerait bien. En effet Moma Ould Dide est aujourd’hui l’interlocuteur d’Algold, parce que détenteur intégralement de 30% du permis de Saboussiri.
Et l’affaire BUMI qui a bloqué le développement d’un des gisements de minerai de fer les plus prometteurs de la zone d’Akjoujt. Là aussi incompétence du Ministère de l’Energie du Pétrole et des Mines de Mauritanie, ou violation volontaire du code minier pour octroyer la licence d’exploitation ?
Récemment encore, KINROSS est dans le viseur du gendarme de la bourse américaine : Securities and Exchange Commission, SEC et du département de la justice américaine. La société est soupçonnée de corruption.
Il est clair que la justice Mauritanienne devrait faire un effort déterminant, effort qu’elle semble d’ailleurs avoir entamé : le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz, lors d’un face à face avec le peuple Mauritanien, a reconnu que le Département de la Justice est un vrai casse-tête, c’est pourquoi récemment un nouveau Ministre, issu du sérail, et reconnu pour sa compétence a été nommé à la tête de ce Département.
Il y a aussi la création du Centre International pour la Médiation et l’Arbitrage(CIMAM), un effort du Ministère de la Justice et celui du Commerce pour arranger les différends des affaires juridiques et judiciaires.
Il y a aussi et surtout que les sociétés minières savent maintenant qu’elles finiront toujours par se faire rattraper par les « affaires » de corruption et d’illégalités et que cela pourra les pénaliser dans leurs affaires dans le monde.
C’est dire que le secteur minier en Mauritanie, malgré une conjoncture mondiale morose, connait aujourd’hui des remous encourageants.

Source : Diga Me News

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