Le site Mondafrique répond à Ould Abdel Aziz

aziz-nema-vilDu grand classique! Déja quand un autre général, le président tunisien Zine Ben Ali, était à la belle époque de la dictature affaibli par la crise économique ou attaqué par des opposants pour corruption, il ne manquait pas, en jouant sur la fibre nationaliste, de s’en prendre à la presse internationale. Sans grande créativité, le président mauritanien, le général Aziz, joue la même carte.

Le fantome du « Ghana Gate »

Aujourd’hui, les preuves se multiplient sur la participation du général président au scandale du « Ghana Gate ». Depuis des années, la presse mauritanienne avait révélé courageusement les écoutes, où l’on entend une voix proche de celle du président Aziz, alors chef de la garde présidentielle, évoquer au téléphone en 2005 la remise de faux dollars avec un corespondant en Guinée. Mais traditionnellement, Aziz protestait de son innocence: un faux grotesque, tonnait-il! Et une voix qui n’était pas la mienne!

Or dans « le Monde Afrique » du 24 avril, l’édition africaine du quotidien français le « Monde », le journaliste et spécialiste de l’Afrique, Thomas Hofnung, révèle que l’ONG Sherpa, animée par maitre William Bourdon, connu pour avoir dénoncé, entre autres, les biens mal acquis en Afrique et le travail forcé des salariés de Vinci au Qatar, a fait expertiser les fameuses écoutes par un expert judiciaire assermenté. Il s’agit bel et bien de la voix du président Aziz.

Que faire face à ces preuves irréfutables?  Le président mauritanien, dans sa conférence de presse, n’a plus nié l’existence de ces écoutes, ni même qu’il était bien un des deux interlocuteurs de cette conversation étrange. Pour se désouaner,  le chef de l’Etat s’est lancé dans des explications rocambolesques.

« C’est une affaire de gadget ou de la fourberie, a expliqué Aziz. Une personne m’avait appelé en 2005, un Arabe. Il dit qu’il est qu’il est officier Iraquien. Son père a des problèmes. Lui est au  Ghana. Il veut venir en Mauritanie, car il a des petits enfants et ne veut les éduquer que dans un pays islamique comme la Mauritanie. C’est ça la cause. Il dit qu’il a un budget  et il veut investir. C’était une arnaque. Ce n’est la première fois qu’on rencontre ces genre de problèmes de ce pays ou dans le monde. Des gens qui disent qu’ils vont venir. Ils ont tout. Or rien n’existe de se qu’ils disent ».

« Mondafrique », le coupable!  

Surtout le président Aziz, pour dénoncer la campagne du Ghana Gate, a préféré s’en prendre à l’Etranger, incarné par le site « Mondafrique ». Voici les propos: « Je le dis, à vous les journalistes, de ne jamais croire à ce que les journaux internationaux  écrivent loin du pays comme le cas de Mondafrique, où travaille le journaliste Nicolas Beau, infésodé à Sherpa ». Pas de chance, le site Mondafrique n’a JAMAIS évoqué cette affaire du « Ghanagate », faute des preuves qui ont été apportées tout récemment par le Monde Afrique (voir l’article plus haut). Le bon général devrait faire appel à de meilleurs communicants.

Pour appuyer sa démonstration, le président mauritanien est revenu que le livre que Nicolas Beau, le rédacteur de chef de Mondafrique, a écrit en 2013: « Papa Hollande au Mali ». Il y est effectivement question du Sahel, du Mali et de la Mauritanie; des travaux effectués par l’ONG Sherpa sur la mauvaise gouvernance du président actuel et de la corruption de son clan. Et du risque que constituent des régimes illégitimes en matière de terrorisme. « Nicolas Beau, déclare-t-il,  est venu ici envoyé par un homme d’affaire Mauritanien. Le site Mondafrique est acheté. Quelques journalistes Mauritaniens l’aident ici pour récolter des informations ».

Diable! Que des journalistes mauritaniens envoient des papiers, c’est éxact, et nous les remercions. Pour le reste, le site créé par un ancien du Monde, du Canard Enchainé et de Marianne, comme Nicolas Beau, et par des journalistes comme Jacques Marie Bourget, Philippe Duval et d’autres, est totalement indépendant. Sur le plan financier, la rédaction posssède la majorité du capital et accepte l’aide de quelques mécènes, à conditions que leur gestion soit irréprochable et non infestée par l’argent de la corruption et de la drogue. Il en existe!.

Privation de passeport

Rendons grace au président mauritanien pour reconnaitre, dans un sursaut de sincérité, comment son régime traite les journalistes étrangers suspects. « Lorsque Nicolas Beau est venu en Mauritanie, les renseignements généraux «Moukhabarattes en hassanya » se sont jetés sur lui dès son premier jour sur le sol mauritanien… Il a écrit son livre Papa Hollande qui me critique sans me connaitre moi Aziz.. » Il est vrai que dès l’arrivée du journalsite à Nouakchott, Nicolas Beau recevait la visite musclée de quelques policiers en civil qui lui retiraient le passseport ( sans se jeter sur lui pourtant, là le président exagère). Ces fonctionnaires de police lui donnaient l’ordre de rester à l’HoteL Dans un deuxième temps, il sera invoqué un « trafic de passeports » qui rendrait le titre de séjour du journaliste caduc. Finalement, dans leur mansuétude, les policiers d‘Aziz rendront le passeport, sans excuses ni autres explications, une douzaine d’heures plus tard, avant de suivre le journalsite dans le moinde déplacement.

Nous serions heureux à Mondafrique si le président Aziz acceptait de répondre à un entretien. Et cela afin d’éviter que dans les prochains livres et articles, « nous ne le critiquions sans le connaitre ». L’année prochaine à Nouakchott?

Source: Le calame

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