Le « sommet Mandela », une honte pour l’Afrique !

201312072088-fullUne rencontre regroupant une quarantaine de chefs d’Etas africains, le chef de l’Etat français et certaines personnalités – comme le secrétaire général de l’ONU, Banki Moon – a eu lieu en France, à Paris du 6 au 7 décembre. Cette rencontre est baptisée « Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique ». Personnellement, coïncidant avec la disparition de l’icone internationale, je la nomme « Sommet Mandela ».

Les chefs d’Etats africains respectifs – dont le notre – sont allés à Paris afin de parler de notre continent : de sa paix et de sa sécurité. Presque tout un continent s’est déplacé pour répondre à l’appel de la France même si c’est dans son intérêt. Pourquoi la France comme lieu de rencontre ? Etions-nous obligés de quitter notre continent pour un autre afin d’exposer nos maux ? Est-ce parce que la France est très présente dans la résolution de nos conflits ces dernières années ?

Ce sommet, après quelques hommages et condoléances faits à la mémoire de l’héros planétaire – Nelson Mandela, a été ouvert par le discours de François Hollande.

Ce discours s’est tenu dans une ambiance, que j’appellerai, estudiantine car l’impression donnée par le schéma est que le président français est le professeur, ceux africains sont les étudiants, élèves suivant sagement le cours, la leçon de leur enseignant et les autres personnalités représentent le personnel administratif chapeauté par Ban Ki Moon – comme directeur général de l’établissement.

Un discours – plein de sens, de leçons et, malheureusement, de critiques réelles – qui évolue au profit, à l’honneur de la France « héroïne » mais au détriment, à la honte de l’Afrique « victimaire » et « immature ».

En écoutant ce discours, on ne peut que féliciter voire « remercier » le pays des « droits de l’homme » pour les leçons données et ses « implications » dans les conflits africains dont il est, d’une manière ou d’une autre et par le billet de l’histoire coloniale et relationnelle, concerné.

Ce que ce discours a souligné ou sous-entendu peut se résumer à trois points. D’abord, la France – voire l’Europe –  a beaucoup aidé l’Afrique et, pourrait continuer à le faire mais autrement (en n’intervenant plus militairement comme ça a été, par exemple, le cas au Mali et, actuellement, à la Centrafrique, en lui prêtant de l’argent…) si jamais celle-ci le souhaite et change d’attitude. Ensuite, il est temps pour l’Afrique de se comporter en grand gaillard responsable afin de prendre son destin en main en toute indépendance en réglant ses conflits (problèmes) pour que règne la paix continentale et en sécurisant son territoire. Et enfin, la question de l’aide ou de la résolution du conflit centrafricain afin de sauver des vies humaines.

L’Afrique a-t-elle eu besoin de ce sommet pour prendre conscience de ces trois points hollandiens ? Je dirai non. Alors qu’attend-t-elle pour se mobiliser au niveau de l’Union Afrique et mettre des projets solides et durables en oeuvre dans le but de concrétiser ces trois points voire de faire plus.

L’Afrique est un continent et non un pays. C’est un continent et pas n’importe lequel. Il en est un qui nous est cher et qui renferme des ressources vitales et qui possède trop de potentialités. C’est un continent qui connait des maux causés par les pays colonisateurs, d’une part, et, aussi, par ses propres enfants qui se haïssent et s’entretuent.

Notre incapacité de cesser les tueries, de vivre en paix, de nous aimer et d’être indépendants nous expose aux yeux du monde entier comme étant un continent médiocre avec aucune faculté de discernement sinon avec des facultés réduites ne nous permettant pas de réussir de façon autonome.

Ce sommet ou, du moins, rien que le discours de Hollande – qui est au cœur ou le motif de ces nombreux déplacements – a prouvé, une fois de plus, que l’Afrique est juste théoriquement, virtuellement indépendante et qu’elle n’a pas totalement ou pas du tout était sevrée par l’Occident, dans ce contexte, par la France.

Que donnera le sommet « Mandela » ? Accouchera-t-il d’une souri ? J’espère qu’elle suscitera de réelles réflexions sérieuses, profondes et constructives de la part de nos dirigeants respectifs. Somme-nous, nous africains, si médiocres que cela. Non, je ne le pense pas du tout malgré les maux de notre continent.

Hollande a raison, il est temps que nous nous assumions et cela malgré tout. C’est cette responsabilité de nous prendre en charge qui déterminera notre niveau de maturité et d’autonomie et qui fera que les autres continents homologues nous respectent davantage.

J’espère qu’après ce sommet honteux, l’Afrique ne donnera pas encore rendez-vous aux autres continents pour se faire encore humilier.

Baye Tidiane Diagana.

Source : Essirage

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