Le succès du sommet arabe conduira-t-il à réorganiser la scène intérieure?

dialoguesevirLe second mandat du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, commencé depuis deux années environ, se caractérise par une situation particulière, marquée par les fissurations des attelages gouvernementaux successifs, quant à la gestion, de concert avec l’opposition, de la crise politique, toujours au point mort depuis s 2008,

malgré le lancement de plusieurs dialogues et de nombreuses et diverses initiatives. Ce craquèlement, qui s’est transformé en conflit entre blocs de poids lourd, a été confronté par le Président, par une sorte de silence et d’inattention, nonobstant les conséquences politiques et économiques qu’il a engendrées par la suite.

Le Président Ould Abdel Aziz, qui vient de relever à l’instant le défi d’accueillir le sommet arabe, avait choisi une commission gouvernementale, chargée de préparer ce conclave arabo-arabe, supervisé, selon des sources, par le Secrétaire Général de la Présidence de la République.

Une commission dont la composition traduisait un prolongement de ce vieux différend, sans cesse renouvelé, influant négativement sur certains détails des préparatifs du sommet et conduisant ultérieurement à confier la mission de préparation de l’événement à une institution militaire, pour parer à l’échec qui se profilait à l’horizon avec l’approche de l’accueil de la Mauritanie de la plus grande et historique rencontre arabo-arabe de son histoire, en l’occurrence le 27e sommet des Etats de la ligue arabe.

Le conflit s’élargit Quoique le dossier du sommet ait été contenu, avec un succès sur le plan intérieur, il a toutefois pris une autre dimension sur le plan extérieur ; interprété par certains, par le niveau de participation des dirigeants arabes.

En effet, le département des affaires étrangères n’était pas pleinement en mesure de coordonner avec ses pairs dans les Etats membres de la Ligue arabe, pour des raisons dont notamment le manque d’harmonie et de concordance entre la vieille et la nouvelle gardes d’une part et l’influence autoritaire du ministère de l’économie et des finances, d’autre part ..!

En dépit de toutes ces insuffisances, Ould Abdel Aziz est parvenu à organiser le sommet arabe, comme il a réussi à relever le défi qu’il s’est personnellement engagé de réaliser en un temps record.

Il n’en demeure pas moins qu’un conflit de ce genre, nuit considérablement aux intérêts des citoyens et du pays de manière générale, voire, contraste avec les efforts déployés pour réorganiser la scène intérieure, qui peut caractériser la seconde partie du deuxième mandat de Ould Abdel Aziz.

Ce conflit des blocs, même acceptable dans les jargons des services de renseignement, de sorte à servir son action qui nécessite les regards croisés des équipes et leur course effrénée pour obtenir l’information ainsi que pour la livrer en temps opportun, contraste totalement avec le travail de l’administration, qui échoue, à chaque défaut d’harmonie et de concordance ; ce qui a entrainé avec précision, le résultat du conflit que le gouvernement se livre à lui-même.

En effet, la direction des parties en conflit, « la Primature et le Secrétariat de la Présidence de la République», relevant respectivement de l’ingénieur Yahya Ould Hademine et du Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, a renforcé à chacun son camp, par des actions, impliquant des personnalités de poids, ayant joué un rôle pivot dans leur bras de fer et dans l’éloignement des adversaires des deux côtés.

Le camp de la Primature a été chapeauté par le Président du parti au pouvoir Me Sidi Mohamed Ould Maham et le ministre de l’économie et de finances Moctar Ould Diay.

Au moment l’autre camp, montrait en avant-garde le Président du sénat Mohcen Ould Hadj et le ministre des Affaires étrangères et de la coopération Dr Isselkou Ould Ahmed Izidbih.

Cet antagonisme qui s’est publiquement manifesté à plusieurs reprises, s’est progressivement accentué, au lendemain du célèbre discours de Néma, constituant du coup une menace pour la stabilité politique, après avoir causé une situation ayant indisposé le pouvoir ; exactement, comme cela a été une cause directe de la dispersion des efforts visant le lancement d’un dialogue avec les composantes du paysage politique.

Il est désormais bien connu, même si une part de mystère persiste, que chacun des deux pôles de cette rivalité au sein du système de Ould Abdel Aziz, a joué un rôle majeur dans la création des impasses et à user , chaque fois que c’est possible, d’obstacles pour apaiser le climat d’entente entre le Président et ses principaux opposants.

Une nouvelle phase Face à cette situation difficile, qui ne peut supporter la continuité, surtout que le pays est confronté à des questions d’extrême importance, comme la décision d’annuler le sénat et de créer des conseils régionaux, comme tentative de l’homme de lancer le système d’un Etat moderne, dont les contours seront fixés conformément, aux hypothèses de départ ou du maintien au pouvoir, les deux cas supposent comme première étape, l’action d’une équipe gouvernementale convaincante et cohérente. Ould Abdel Aziz sera préoccupé par les questions arabes pendant toute l’année, avec une part du lion de son agenda, strictement réservée aux crises et aux guerres destructrices dans lesquelles sont enlisés les frères.

Il y a le conflit israélo-arabe, la crise de la coexistence en Irak et au Bahreïn, le différend persistant en Somalie, les guerres qui sévissent au Yémen et en Libye, et dans une moindre mesure, les aléas de la région du Sahel et du Sahara…

Ce qui revient à dire que des dossiers extérieurs brulants attendront l’homme, d’où la nécessité impérieuse de disposer d’une équipe diplomatique chevronnée, soutenue par une autre, plus créative et plus solide pour réorganiser la maison intérieure ainsi que pour jeter les piliers d’une ère nouvelle, plus prolixe et moins polarisée.

essevir.mr

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