Le transport aérien face à la menace de l’épidémie de Zika

Trasport_lepidemie_zika_022A la suite des déclarations de la ministre de la Santé, recommandant aux femmes enceintes de ne pas se rendre aux Antilles et en Guyane, Corsair et Air Caraïbes ont décidé d’autoriser le report sans frais, voir l’annulation, pour les futures mamans.
Face à la menace du Zika, les compagnies aériennes commencent à prendre des mesures, pour tenter de rassurer. Y compris en France, où la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a recommandé ce jeudi matin aux femmes enceintes d’éviter de se rendre dans les zones infectées, parmi lesquelles les Antilles et la Guyane française.

« Dans des cas limités, la maladie peut être très grave avec des effets neurologiques, et, pour les femmes enceintes, des complications, des malformations pour leur bébé, a expliqué la ministre sur France Info. Des femmes qui ont prévu d’aller en Guyane, en Martinique ou dans les territoires d’Outre-mer, si elles sont enceintes, je leur recommande de différer leur voyage. Il y a un enjeu de santé publique », a-t-elle affirmé.

Possibilité d’annulation

Premier à réagir, Corsair a décidé ce jeudi d’autoriser les femmes enceintes et les personnes voyageant avec des bébés, à annuler ou à reporter sans frais leur voyages vers les Antilles françaises sur ses deux destinations concernées que sont la Martinique et la Guadeloupe.
A noter que cette possibilité d’annuler ou de reporter concerne toutes les personnes figurant dans le même dossier de réservation que la femme enceinte ou le bébé, et donc tous les accompagnants.
Air Caraïbes offre quant à elle la possibilité pour les femmes enceintes et leurs accompagnants, de reporter leur voyage sans frais. Air France-KLM n’avait pas encore pris de décision en début d’après-midi. Mais selon toute vraisemblance, il devrait en faire autant, même si dans le cas d’Air France et KLM, les destinations concernées sont potentiellement beaucoup plus nombreuses.
Du côté du Seto, le Syndicat des entreprises de tour operating, aucune disposition particulière n’a été prise. Mais, affirme René-Marc Chikli, son président : « Evidemment, si une femme enceinte appelle son tour-opérateur et demande un report de son voyage, il ne lui refusera pas ».

René-Marc Chikli tient cependant à relativiser : les femmes enceintes, concernées par un éventuel risque, ne représentent qu’une part infime de la clientèle se rendant aux Antilles. Pas de quoi, donc, justifier de bouder une destination qui a déjà souffert ces dernières années.
L’an dernier, le trafic des tour-opérateurs pour les voyages à forfait vers les Antilles françaises s’est ainsi replié de 12,6 %. Même si celles-ci demeurent la première destination long-courrier des Français, selon les chiffres du Seto.

Propagation « explosive »

Pour l’heure, l’épidémie de Zika, qui se propage « de manière explosive » selon l’Organisation mondiale de la Santé, touche déjà 21 pays d’Amérique centrale et du Sud, parmi lesquels le Mexique, le Brésil, la Colombie, l’Equateur, leHonduras, Porto Rico.
Des cas ont également été signalés en Europe et aux Etats-Unis, mais il s’agirait de voyageurs ayant contracté la maladie lors de leur déplacement. La première compagnie d’Amérique latine, Latam, a d’ailleurs déjà annoncé la possibilité d’annulation sans frais pour les femmes enceintes. L’américaine United et la colombienne Avianca ont fait de même. Leurs concurrents comme Air France et KLM suivront probablement.
Or l’Amérique latine et les Caraîbes représentent de 300.000 à 400.000 passagers par mois pour Air France-KLM et ce sont également des destinations rentables. Une éventuelle désaffection de la clientèle pour ces destinations pourrait donc avoir d’importantes conséquences financières. Par le passé, l’épidémie de grippe aviaire en Asie, et plus récemment le Chikunguya à La Réunion et Ebola en Afrqiue de l’Ouest, ont tous eu des effets dévastateurs sur le trafic aérien.

Ni traitement ni vaccin

Cette maladie mal connue est transmise par des piqûres de moustiques. Dans la plupart des cas, elle ne provoque aucun symptôme sérieux, au-delà d’un « état de type grippal ». Cependant, ce virus présente un réel danger de malformations et de complications neurologiques pour le fœtus et les très jeunes enfants. Et il n’existe, pour l’heure, ni traitement curatif ni de vaccin contre cette maladie.

 Source : Les Echos

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