Le Zéro social

leghreigue_pauvrete_10406956Le marché de la consommation connait depuis quelques jours une surenchère sans précédent. La quasi-totalité des prix des produits alimentaires, notamment les produits de première nécessité, ont connu une hausse substantielle.
Comme toujours en pareil cas, rien n’a précédé cette augmentation. Personne n’a informé le public. Les commerçants ont décidé de revoir les prix. Ils sont parvenus à persuader les pouvoirs publics de leur cause et ceux-ci ont avalisé la décision, sans lever le plus petit de leur doigt.
Le consommateur, bête toujours malmenée de notre société, n’a eu droit à aucune explication. Il n’a pas été sollicité, ne serait-ce que pour recueillir son avis sur la question. Il doit accepter, subir, se taire, se battre pour survivre. Sinon, la mer est à côté. Ce qui est sûr, c’est que personne ne le pleurera ! La vérité du marché en Mauritanie est une vérité amère dictée par la loi des commerçants qui n’ont de comptes à rendre à personne.
Cette vérité est crue. C’est la réalité absurde du marché que ressentent les Mauritaniens à chaque augmentation de prix. C’est-à-dire, tous les jours. Ils ont l’impression que, quelque part, l’on se fout royalement de leur gueule.
Etouffés depuis l’ère des temps sous le coup de boutoir des combines entre les commerçants et les administratifs, les consommateurs mauritaniens, semblent définitivement résignés et prompts à tout accepter. C’est qu’ils ont été « éduqués et moulés » pour subir.
Partout ailleurs dans le monde, aucune augmentation, si sensible soit-elle sur les prix des denrées alimentaires de base, n’est opérée sans discussions entre partenaires (y compris les représentants des consommateurs). Jamais une augmentation n’intervient comme çà, tout de suite et en un tournemain. Chez nous, les prix du marché sont décidés dans les salons feutrés des commerçants. Ces derniers décident en toute impunité. Souvent, le prétexte est tout trouvé : les soubresauts du marché international.
En fait, aucune explication ne sera entendue. Et, c’est certainement, tant mieux ainsi ! La vérité est que notre marché anticipe les retombées à venir d’une crise à venir qui mettrait aux prises, les grandes nations de la consommation. Comme quoi, en matière de lois du marché, nous savons être prévoyants. Ce n’est que normal, car du fric est en jeu ! Une occasion de déplumer le peuple ne se rate pas ! Et nos commerçants sont experts en la matière !
Nous devons le dire, les commerçants et les vieux démons de notre pays, ont le gouvernement dans leur poche. Les prix augmentent et l’on trouve toujours, logique de rabâcher les alibis de nos gros commerçants qui détiennent tout dans ce pays. Le ministère du Commerce, boutiquier fade au guichet de la vente du « vent », ne rate aucune occasion pour parler de la stabilisation d’un marché plus que jamais anarchique.
C’est sur le champ du marché que l’Etat mauritanien a perdu sa crédibilité depuis belle lurette, c’est-à-dire depuis les années 79-80. A l’époque, le chef de l’Etat supervisa, de lui-même, l’approvisionnement du marché et l’écoulement des produits selon les prix officiellement fixés. Les Mauritaniens ne s’en portaient que mieux.
Depuis, c’est l’alliance entre le galon et la balance, une balance manipulée, entendez bien ! Ce que les commerçants veulent est loi.
Ce que les consommateurs exigent est utopie. Entre temps, le marché est ouvert à toutes sortes de produits. Sans contrôle, ni suivi. Des poulets congelés depuis les années 1900 nous sont vendus au prix d’or. Des produits alimentaires cancérigènes, en provenance d’on ne sait où, sont servis dans nos épiceries au même prix que les produits frais, contrôlés et suivis ailleurs. Des produits traités dans des conditions floues et certainement inimaginables, sont importés et vendus à prix d’or. Ce qui importe, c’est le gain. Et le gain des commerçants, ça permet à nos hauts responsables de mener la belle vie !

Amar Ould Béjà

Source : L’Authentique (Mauritanie)

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