L’éditorial : Abdel Aziz, Mamère et la drogue…


Un monde d’idiots. Oui. On nous prend pour des idiots. Un Président de la République accusé de l’un des plus grands crimes au monde à savoir « parrain du trafic de la drogue ». Ce Président qui ne porte plainte qu’un mois après une accusation aussi grave.

aziz-mamere-drogueOui. Nous sommes des idiots. Plus bêtes même que l’auteur de la sortie hasardeuse contre notre Président ; un auteur, Noël Mamère, un élu français député de l’Union Européenne qui n’hésite pas à se déculotter. Curieusement, ce Noël Mamère, si sûr de son fait, semblait ne plus être la même personne que celle de l’émission du 21 janvier 2013 sur Arte tant son écart pour se démarquer de ses propos est grand.

L’honorable député qui parlait avec autant d’assurance et d’outrecuidance, accusant de façon péremptoire le Président mauritanien de parrain du trafic de la drogue de la zone sahélienne, réitérant les mêmes accusations dans un site web mauritanien.

Curieux qu’après avoir créé un tel buzz, ce familier des bourdes, se rende compte qu’il s’est trompé un mois plus tard. Le Président mauritanien a, quant à lui, attendu plus d’un mois pour porter plainte. Qu’attendait-il? Pourquoi maintenant ? N’avait-il pas entendu les propos du sacré député européen de chez nos amis les Gaulois ?

Noël Mamère, on le savait, est un député bouillonnant. Et parfois partisan des positions extrêmes. Un député iconoclaste, « transgénique » dont la présence au Parlement de l’Union européenne ne se justifie que par sa tonitruance. Mais de là à penser qu’il pouvait revenir la nuit sur des propos qu’il avait tenus le jour, il y a là un grand pas que seul un député comme Noël Mamère pouvait franchir avec autant de désinvolture.

Nous qui pensions que la culture du mensonge, du reniement, du déni était propre à nous, constatons, à notre grand étonnement, que certains pouvaient nous battre sur un terrain que nous maîtrisons si bien. Avec ce député hors norme de l’hexagone, nous arrivons à la conclusion que nous n’étions pas aussi forts en double langage et en reculade qu’on ne le pensait. Serions-nous des héritiers de notre ancien colon, Noël Mamère, pour que la Mauritanie se confonde et se suffise de l’inachevé, de l’improvisation, de l’insouciance et du clientélisme politique.

Il ne serait, dès lors pas étonnant que l’homme politique mauritanien soit si mesquin s’il est à l’image de pareil politicien de l’ex-métropole ; il n’est pas étonnant dès lors que nos pays soient assimilés à des Etats voyous, spécialistes des coups d’Etat, à l’image de la Mauritanie où, depuis longtemps, on cultive la plante de la haine, de l’exclusion, du cynisme. Et ce, malgré le remède de La Baule dictant une démocratie qui n’a fait que perpétuer un système qui a fait agenouiller la Mauritanie sur tous les plans…

« (…) malheureux malentendu » ; « … j’ai évoqué le Président mauritanien, sans doute, abusivement. Comme j’aurais pu dire ‘tchadien’, ‘malien’ ou ‘algérien’… ». Ces phrases sont des extraits du communiqué de l’élu européen après avoir qualifié le Président mauritanien de « parrain du trafic de la drogue ». Monsieur le député européen, c’est trop simple et simpliste.

Un élu de votre rang, serait-il transgénique au point de dire du n’importe quoi quand il veut, comme il veut et où il veut ? Et par la suite de se dédire, sans honte ni remords. Ceci est honteux ; ceci n’est pas altermondialiste, Honorable Mamère ! Un député réfléchi, avant d’avancer certains propos, doit… réfléchir et non le faire après. Et si on n’a pas le courage de son verbe on la ferme. Un homme de votre trempe ne peut se déculotter de la sorte après avoir administré une gifle aussi magistrale à tout un pays.

Ould Abdel Aziz va-t-il lui aussi arrêter la machine judiciaire ? En tout cas, tout le laisse croire, sinon le temps mis pour déposer la plainte contre ce député soulève quelques énigmes. Qualifier un Président de la République de parrain de la drogue est l’une des accusations les plus abjectes ; c’est dire que ne pas, après cela, tirer les choses au clair rapidement, serait un signe inquiétant mais aussi d’irrespect vis-à-vis de tout un peuple.

… Monsieur le Président, après la balle amie, cette gifle est-elle, elle aussi, amicale ? Allez-vous, là encore, pardonner le député, comme vous l’aviez fait du flingueur ? En tout cas, on n’a pas fini de s’étonner des attitudes et façons de faire de notre très cher Président des pauvres à la charité bien généreuse. Pauvre de nous !

Seydi Moussa Camara

Source : La Nouvelle expression

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge