L’éditorial de Biladi

editorial_biladiRMI Biladi: Un drame supplémentaire de l’immigration clandestine, qui a provoqué la mort de plus de mille immigrants clandestins, vient de se produire dans la méditerranée. Les victimes : en majorité des jeunes fuyant les guerres, la pauvreté, le chômage et les horizons bouchés en Afrique. Elles tentaient de regagner l’Europe.

Cet eldorado objet de tous les fantasmes et rêves de nos jeunes qui manquent de tout et qui ont perdu tout espoir chez eux. En Mauritanie, nous ne sommes pas trop concernés par ce problème qui, aux yeux de notre opinion, n’arrive qu’aux autres : les étrangers.

Pourtant, il y a quelques années, beaucoup d’émigrés passaient par notre territoire pour atteindre les côtes espagnoles. Beaucoup de bateaux pleins de clandestins partaient de Nouadhibou pour atteindre les iles Canaries.

Le mouvement a été si intense que les européens ont contraint les autorités de transition (2005-2007) de se transformer en supplétifs pour protéger le vieux continent de l’envahissement des ‘’hordes sauvages’’ venus du sud du Sahara.

Dans le cadre de cette coopération ‘’forcée’’, la Mauritanie a accepté d’accueillir tous les immigrés qui ont franchi sa frontière vers l’Europe pour les renvoyer chez eux. Un centre de rétention, une ancienne école de la capitale économique, recevait les refoulés avant d’être embarqués chez eux.

Plus tard des éléments de la Guardia civile espagnole ont été autorisés d’opérer sur terre à Nouadhibou. Résultat : notre pays continue d’être félicité par les partenaires européens et est présenté comme modèle pour les voisins.

Cet effort consenti dans la lutte contre l’émigration illégale a-t-il réellement contribué à diminuer le nombre de postulants pour l’aventure européenne ? Certainement pas. L’émigration ressemble à l’eau dans la mesure où le migrant va trouver nécessairement la route pour accéder à sa destination. Si ce n’est pas la Mauritanie ou le Maroc, ce sera la Libye ou n’importe quel autre pays de la région.

Il faut bien savoir que les gens ne quittent pas leurs pays de gaité de cœur. Ils le quittent à cause des guerres, de la misère ou la dictature. Au lieu de consacrer les milliards d’euros à lutter contre la ruée vers l’ouest, nos partenaires occidentaux feraient plutôt mieux en nous aidant à rétablir chez nous la paix, la sécurité et le développement.

Quant aux méthodes de répression, elles ont démontré leur limite et n’ont fait qu’aggraver ce phénomène qui devient une véritable honte pour l’humanité tout entière à cause de son bilan élevé en vie humaine.

Source: Cridem

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