L’éditorial de Biladi

RIMRMI Biladi (Mauritanie) :  Dialogue national. Tout le monde en parle, mais il peine toujours à démarrer. Et, surtout, à se matérialiser par des rencontres formelles entre les différents camps politiques : Pouvoir, FNDU et tous les autres, même si on n’accorde pas beaucoup d’intérêt ou d’importance à ces derniers. Qui avaient, dans leur grande majorité, dialogué avec le pouvoir. Un dialogue qui s’avère aujourd’hui insuffisant. De l’avis même de ses initiateurs qui s’opposaient, à l’époque, à tout autre dialogue avec le plus important segment resté en dehors de l’opération.
Mais si tout le monde opte pour le dialogue comme unique remède aux maux dont souffre le pays, quelque chose l’empêche de démarrer. La question mérite bien d’être posée tant il est vrai que chaque camp se dit convaincu de l’opportunité du dialogue entre les acteurs politiques. Au-delà des intentions, fausses ou réelles, et des déclarations publiques appelant au dialogue, il faut quand même accepter qu’il y a une chose principale qui manque : la confiance. Aucun camp politique n’est crédible auprès de son supposé interlocuteur. Un casse-tête !
Il est évident que sans confiance réciproque, on ne peut rien faire, rien entreprendre et, bien sûr, rien réussir. Celle-ci ne tombe pas du ciel. Mais avec un peu de sincérité et un engagement réel, elle peut être bâtie et consolidée à travers des gestes de bonne volonté qui ne coûtent pas grand-chose… Surtout au pouvoir qui possède beaucoup de choses à donner et qui est, à vrai dire, la partie qui est en mesure de faire des concessions.
C’est à lui qu’incombe le devoir de rassurer une opposition qui continue d’estimer qu’elle a été roulée dans la farine lors des accords de 2009 à Dakar qui se sont arrêtés à la tenue d’une élection présidentielle que Aziz, qui contrôlait tous les rouages de l’Etat, toutes ses richesses, devrait gagner sans surprise.
Cinq années plus tard, on est toujours à la case départ : un homme qui contrôle le pays avec une main de fer et une opposition qui continue de crier sans pouvoir changer grand-chose dans la cours des événements. Le rapport de force semble toujours pencher en faveur de Aziz, même si son régime donne désormais des signaux de fatigue reflétés par l’émergence de tous les particularismes, la chute des cours du fer et de l’or et le départ de plusieurs sociétés minières du pays.
Mais est-ce que tout cela est suffisant à pousser Aziz à appeler au dialogue ? Lui le militaire qui ne connait que la règle implacable du rapport des forces… C’est certainement cette interrogation qui empêche l’opposition de s’engager dans le dialogue avec lui sans garanties. Est-il prêt à rassurer ?

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