L’éditorial de La Nouvelle Expression : A mon frère Merzoug et les autres…

Mon frère, félicitations. Félicitations pour votre décoration par le Président Macky Sall, Président du Sénégal. Cette distinction nous honore en tant Camara-Nouvelle expressionque citoyens de l’espace OMVS mais particulièrement nous, Mauritaniens.

Cette médaille honorifique est, pour vous, un plébiscite de votre réussite aux commandes de cet outil sous-régional (l’OMVS) pour le bien des populations riveraines mais aussi pour votre pays, la Mauritanie.

Comme vous, mon frère, les Mauritaniens de valeur qui font honneur au pays dans le monde sont nombreux. Ils sont aux USA, au Japon, au Canada, en Côte d’Ivoire, à Dubai, en Allemagne, etc. Mais écrasés par les tenants des pouvoirs de la Mauritanie, nombreux sont devenus apatrides. Nombreux sont excédés, voire catastrophés par la marche clopin-clopant du pays.

Beaucoup sont devenus des risées des pouvoirs successifs, parce que dans leur vision, ces valeureux fils de la Mauritanie ont osé dire non au diktat du moment.

Mon frère Merzoug, vous êtes magnifié par d’autres Chefs d’Etat pour services rendus à l’espace OMVS, mais, paradoxalement, vous avez été combattu par celui qui, aujourd’hui, règne en maître sur les destinées de la Mauritanie, : votre Président, notre Président, le Président de notre pays ; ce pays pour lequel vous avez été à la tête de l’OMVS et où votre sérieux, votre compétence et votre travail bien fait vous ont valu l’estime des autres Présidents au point de vouloir vous reconduire, encore une fois, dans votre fauteuil. Dommage que, contre toute attente, Mohamed Ould Abdel Aziz ait opposé son véto…

Vous avez été combattu par le Président de votre pays parce que vous n’avez pas fait allégeance au nouveau pouvoir ; vous avez refusé de valser au rythme de la nouvelle danse du pouvoir issu – comme toujours – du kaki. Vous avez choisi le camp de la Mauritanie unie et insécable, débarrassée du fardeau du racisme et de l’esclavage, alors même qu’un applaudimètre détraqué continue d’être la seule boussole du régime qui dit lutter contre la gabegie et traquer les anciens fossoyeurs qui infestent ses rangs, en cultivant le statu quo et le « marquez le pas ».

Monsieur le Haut Commissaire, gardez votre tête haute et, sans sourciller, avancez pour d’autres projets pour votre pays, pour la sous-région, pour notre continent, pour le bien du monde civilisé auquel vous croyez comme tant d’autres Mauritaniens, avec détermination et humanisme, désormais décidés de réécrire l’histoire de la Mauritanie, la belle, la bonne, la généreuse, l’agréable, la juste Mauritanie.

Mon frère, votre passage à l’OMVS est marqué d’une encre indélébile, du fait des exploits réels et modernes mais aussi efficients pour la compréhension, la conservation et l’exploitation de l’eau au service des populations riveraines.

Cet outil d’intégration ne s’est jamais mieux porté que sous votre direction. C’est à l’honneur de la Mauritanie, de toute la Mauritanie. Cette Mauritanie qui vous salue et vous soutient, vous et tant d’autres de ses fils anonymes qui l’honorent à travers des réalisations à l’intérieur comme à l’extérieur, mais qui sont victimes de l’ostracisme des tenants des pouvoirs de ce pays.

C’est le cas de notre frère Sidi Ould Zeine et les membres du Comité ITIE Mauritanie qui ont, après d’âpres travaux, fait élire notre pays, comme 13 autres au monde, à la norme d’ITIE. C’était le 15 Février 2012… Et ce travail de ces hommes et femmes mauritaniens est resté dans l’indifférence absolue de notre conscience collective.

Mon frère, les exemples foisonnent, et d’autres fils de ce pays continueront d’agir positivement pour un meilleur avenir de la Mauritanie saccagée et triturée par ses gouvernants ; car ils le font par devoir de citoyen.

Ici et là en Mauritanie nos gouvernants magnifient les voleurs, les racistes, les esclavagistes et les renégats. On a encore souvenance de cet homme d’une époque récente de notre pays, accusé de détournement, et qui a tout simplement passé au feu ses papiers mauritaniens devant la maison de la société des nations. Cet homme avait aussi opté pour une autre nationalité, de surcroit un pays ennemi du nôtre, et il se réjouit, sur les ondes d’une radio, de la mort d’un valeureux officier mauritanien tombé au champ d’honneur.

Mon frère, si on lui avait une fois refusé d’embarquer dans un avion officiel venant d’Irak pour la Mauritanie, il est quand même arrivé à rentrer au pays avec tous les honneurs. Il fut …

Alors, peut-on seulement s’offusquer des pratiques des gouvernants de ce pays où les valeureux citoyens sont piétinés ou mêmes tués. Ce pays qui se veut sans mémoire, sans culture de civisme. Non. Cette race des citoyens anonymes doit résister. La Mauritanie a besoin de ces anonymes qui souffrent de l’indifférence des tenants du pouvoir, comme elle a besoin de ces Mauritaniens de l’extérieur d’une valeur inestimable, pour construire le pays. Juste un pays, la Véritable Mauritanie.

L’équipe d’encagoulés et autres tireurs-au-flancs verseront, certainement, toute leur bile, sans honte ni vergogne, par des contributions… anonymes. Moi comme vous, on nous traitera de tous les noms d’oiseaux. Mais il ne faut pas accorder plus d’attention à leur venin car il a déjà servi et servira encore tous les bords politiques que le pays a connus et connaîtra. Les vociférations de ces girouettes ne devraient distraire personne du noble combat pour une Mauritanie juste et égalitaire.

Camara Seydi Moussa

Source : La Nouvelle Expression

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