L’éditorial de La Nouvelle Expression : Un ministre accuse …

Notre éditorial de cette semaine traite de deux sujets d’actualité. Nous le faisons pour pallier à notre manque de régularité dans les kiosques ces derniers temps, comme vous l’avez Camara saydi moussaremarqué. Une irrégularité indépendante de notre volonté. Ceci étant, nous espérons reprendre, très prochainement, le rythme hebdomadaire de notre hebdo. Nous essayerons d’y tenir…

1. Un journal saccagé

Notre confrère Biladi vient d’avoir des visiteurs spéciaux. Ils ont tout saccagé. Un cambriolage parfait.Ce confrère, qui ne fait pas dans la dentelle pour informer vrai, vient de subir le courroux des ennemis de la démocratie, de la liberté d’expression, des fossoyeurs de la Mauritanie civilisée, des bandits de grands chemins. L’acte sent le goût amer de l’intimidation et de la lâcheté.

Notre confrère a été victime de cet art de la faiblesse primaire : la violence ; et ce, pour avoir écrit ce qu’il ne fallait pas, selon l’entendement de ces énergumènes. Ces déréglés du cerveau, ces déficients mentaux reprochent, selon certains sources, à notre confrère, l’article sur les chèvres de la famille du Président, dans un style caustique ou « habibien ».

L’article est dans la rubrique « Bil’ a dit ». Notre confrère révèle une histoire liée aux chèvres du Président Mohamed Abdel Aziz (et pourtant sans dire clairement l’histoire). Le Président était un grand éleveur, son père aussi. Après cette violence contre ce journal, dénoncée quasi unanimement par tous les hommes avertis, on scrute l’horizon pour chercher à comprendre. Avec une question de taille, pour ne pas dire La question : Après le journal Biladi, à qui le tour ?…

2. Un ministre accuse ses collègues…

Qui sont ces ministres qui voulaient des terrains à Chami ? En tout cas, dans un débat (TVM) où La Nouvelle Expression a participé pour la première fois, intitulé « Le gouvernement dans la balance », le ministre Ba Yahya Bocar a dit avoir reçu des appels téléphoniques de collègues pour qu’il intercède en leur faveur pour l’acquisition d’un terrain à la nouvelle ville « Chami ».

«A mes collègues ministres qui m’ont appelé et qui voulaient des lots, la réponse c’est ‘khaliig elleeh rangh’». Une bourde de plus, en plus de sa prestation philosophico-sémantique de l’applaudimètre durant cette émission.

Le ministre Ba a excellé dans l’art de l’esquive des questions pour faire dans le griotisme sans substance pour Ould AbdelAziz qui, selon le ministre, est l’inspirateur de la démocratie (…). Une véritable campagne électorale face à des journalistes qui ont cherché à le secouer malgré qu’ils n’avaient pas eu le temps nécessaire pour se préparer à un débat où ils étaient conviés quelques heures seulement avant le début de l’émission.

Le peuple a été comme d’habitude écrasé par des propos insultants mais évocateurs de l’état de déliquescence d’un Etat avec des ministres sans pouvoir, dans un gouvernement enlisé dans la boue des affaires de basse facture. En tout cas, avec cette déclaration Mr Ba accuse. Il accuse et met à nu le système affairo-clientélisme des membres du gouvernement. A lui d’avancer des noms sinon, c’est le PM et tout son gouvernement qui sont mis à l’index.

Une autre violence, celle là verbale, caractéristique de ces hommes et femmes de cette nouvelle époque. Cette époque qui veut réinventer la Mauritanie, le Royaume de la Mauritanie avec une mosquée de 25.000 places qui portera le nom de Mohamed Abdel Aziz. Et les applaudisseurs, en plus des flatteries ou caresses dans le sens du poil, embrasseront la main de « sa majesté » avec des génuflexions de circonstance « made in Mauritania ».

Seidi Moussa Camara

Source : La Nouvelle Expression (Mauritanie)

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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