Législatives et Municipales: Le desodre en pagaille !

electeur mauritanien en attente sous le soleil-rimweb.netTrois semaines après le vote du premier tour, on ne sait toujours pas avec certitude qui ira réellement au second tour. Chaque jour, on signale des bulletins découverts par là et omis pendant le décompte des votes, là-bas une erreur de calcul dans d’autres circonscriptions. Beaucoup trop de recours, beaucoup de demandes et de rumeurs d’annulation du scrutin… La Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’en finit pas de nous surprendre. Et de décevoir. Selon l’agence de presse en ligne Sahara Media, elle aurait revu et ‘’corrigé’’ les résultats des législatives à Atar pour dire que c’est désormais l’APP, le parti de Messaoud Ould Boulkheïr, qui est qualifié à côté de l’UPR au second tour des législatives dans la ville.
Auparavant, l’honorable institution, qui a réussi la prouesse de faire l’unanimité contre elle, avait désigné le parti Al Karama pour croiser le fer au deuxième tour contre l’UPR, avant de revenir de nouveau sur sa sentence. Résultat : une grande confusion à Atar où on ne sait plus qui ira réellement faire l’ultime tour électoral contre le parti-état sûr, pour sa part, d’y être retenu.
Il n’est pas en effet acceptable que la CENI revienne, trois semaines après le vote, pour nous dire qu’il y avait une erreur dans le résultat obtenu par l’UPR dans l’un des bureaux de vote comptabilisé en faveur d’une autre formation politique. Selon cette version, la dame qui tenait un bureau de vote propre aux militaires aurait affecté au parti Al Karama plus de cent voix, ce qui lui a permis d’arriver second.
Ces voix ‘’mystérieuses’’ appartiendraient à l’UPR et lorsqu’elles lui ont été comptabilisées, cela s’est répercuté sur le classement des candidats de telle manière que l’APP devance Al Karama. La CENI a donc, toujours selon l’information diffusée par Sahara Media, décidé –oralement et sans décision écrite- de donner la place du second tour à l’APP.
Cette décision surprenante, si elle arrive à se confirmer, risque de faire du bruit, beaucoup de bruit au sein de l’opinion et sape davantage l’image déjà écornée de la CENI. D’autant plus qu’il semble, qu’au niveau du conseil constitutionnel, on aurait déposé plus de trente recours contre le scrutin législatif.
Parmi les plus grands détracteurs de la CENI, il y a le président Messaoud Ould Boulkheïr. Certains commentateurs estiment que le pouvoir chercherait à faire un geste à l’égard du leader haratine, malmené par les résultats des législatives à Nouadhibou et Zouérate, en le qualifiant au second tour des législatives à la capitale de l’Adrar. Une hypothèse qui ne va pas dans le sens de la crédibilité et de la transparence d’un scrutin sur lequel pèsent toutes les interrogations.
Mais au-delà du cas d’Atar, il semble que les élections législatives et municipales ont été entachées d’innombrables irrégularités. Il y a d’abord le fait que la plus grande part des procès verbaux, contrairement aux dispositions de la loi, ont été rédigés à l’extérieur des bureaux, un, deux voire trois jours plus tard. On parle également d’une autre entorse à la réglementation électorale : les urnes sensées être cadenassées juste après le décompte des voix, ont été rouvertes à plusieurs reprises, avant d’atterrir chez le conseil national. Enfin, on évoque fréquemment l’intervention des hauts gradés de l’armée et d’autres personnalités de l’Etat pour influencer le vote des citoyens.
Mais quelque soit la nature de la décision prise par la CENI ou le conseil constitutionnel, le scrutin législatif et municipal accentue carrément la crise politique dans notre pays. En plus de ceux qui s’opposaient déjà à l’organisation des dites élections, il y a ceux qui sont déçus par leurs résultats et tirent déjà sur le régime.
Comment, le cas échéant, qu’est-ce que va entreprendre le président Aziz pour redresser la barre et préparer le terrain pour la tenue de l’élection présidentielle ? La seule qui compte. Celle à laquelle il va certainement se présenter, lui-même.

Mohamed Mahmoud Ould Targui

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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