Législatives et Municipales: Le scrutin de la réédition…

Aziz voteLe premier tour des élections municipales et législatives s’est joué samedi dernier, dans un climat de confusion et d’égarement. Une première lecture des résultats encore partiels, très contestés, par-ci et par-là, n’augure vraiment pas d’un meilleur avenir pour le pluralisme démocratique. A l’issue de ce scrutin, on ne risque pas d’entendre trop de voix qui vont apporter la contradiction aux ministres de l’exécutif dans la future Assemblée nationale. On parle beaucoup de la percée de Tawassoul, le dernier des participationnistes de l’opposition dite radicale. Mais, en dehors des députés gagnés dans le cadre des proportionnelles – la grande générosité de cette élection, une sorte de charité tous azimuts- on ne peut alors créditer ce parti d’obédience islamiste que de deux députés au niveau de la circonscription de Ouad Naga. L’unique circonscription électorale remportée  au premier tour par cette formation. S’ajoute à cela que les candidats sur lesquels ce parti a jeté son dévolu ne partagent pas vraiment avec celui-ci le référentiel islamique, dans sa déclinaison tawassoulienne. Si la nouvelle loi électorale dit que le candidat élu appartient désormais à la formation qui l’a porté, elle ne lui impose pas tout au moins une quelconque forme de fidélité à la ligne du parti dans les débats parlementaires et autres positions politiques. L’influence du pouvoir aura encore des beaux jours devant elle.
Messaoud Ould Boulkheïr, le défenseur invétéré du dialogue qui a engendré ces élections, mord  la poussière et risque bien de mordre le sein de sa nourrice. Il y aura été poussé par un pouvoir  qui a préféré l’égoïsme politique à la sage crédibilité de sa démocratie.  La débâcle du porte-étendard de la cause Harratine, ne contribuera certainement pas à l’apaisement social. C’est un peu un boulevard à toutes les colères extrêmes de cette frange qui a trop enduré. Et qui aujourd’hui se prive, à l’issue de ce scrutin,  d’une voix utile et nécessaire pour elle, mais aussi pour la  cohésion sociale.
Il y a le cas El Wiam. Battu, celui-ci, à plate couture dans ses fiefs traditionnels, Keur-Macène, en tête, Ouadane et bien d’autres. Mais, il a gagné dans quelques contrées, où il a surfé sur des mécontents de l’Union Pour la République. Il est bien illusoire, dans pareille circonstance, d’une percée du parti de Bodiel Ould Hoummeid.
L’UPR et ses appendices feront loi et foi sur les futures représentations du peuple. Les jeux étaient pipés, en amont. L’implication flagrante des ministres et hauts gradés de l’armée dans la campagne électorale, pour le pire, il faut le signaler, c’est-à-dire, marquer, quelquefois, fonder, tantôt, leur territoire tribal, n’est certes pas de nature à rehausser le débat politique au sein des futures assemblées.

La crise non contenue…

On peut dire que la crise politique n’a pas été contenue. Un Messaoud Ould Boulkheïr descendu du perchoir de l’Assemblée Nationale trouvera un peu plus de temps pour se questionner et se remettre en cause. Un vide. Un grand vide, en lui, qui le ramènerait, peut-être, à ses anciennes habitudes. Une voix de plus, un peu tard, c’est vrai, qui s’ajouterait à celles de la coordination de l’opposition démocratique.
Est-ce suffisant pour elle, de récupérer en son sein un Ould Boulkheïr courroucé ? Elle l’a perdu déjà assagi et fort. Courroucé et  affaibli, elle le gagnerait. Lequel des Messaoud lui aurait été salutaire. Une question à laquelle il faut bien trouver une réponse. Et un répondeur. Aussi. Reste à savoir si, elle est perdante  ou gagnante, dans sa décision de boycott, la COD. Ce qui est presque certain est que le mot d’ordre du boycott n’a pas été respecté. Un boycott partiel, visiblement, ne fait pas d’effet. Un effet négatif, on peut le dire,  si les électeurs de l’opposition devaient répondre, dans leur petite vacance politique, à l’appel de la tribu. Plusieurs militants de l’opposition démocratique sont allés pour donner un coup de main, par-ci, un coup de main par-là ; qui pour un cousin sur la liste nationale, qui pour un ami de longue date candidat quelque part.
C’est vrai qu’elle perdra encore sa voix au sein de la future assemblée nationale et au sein des conseils municipaux, l’opposition. Même avec la percé illusoire de Tawassoul, qui a rehaussé son niveau de représentativité, l’opposition en général a connu une contreperformance dans cette élection. Elle représentait le tiers ou presque de l’ancienne assemblée. Aujourd’hui, avec la participation de Tawassoul, APP, et même d’El Wiam se réclamant d’elle, et au vu des résultats connus, elle doit revoir son taux à la baisse. Beaucoup moins que le tiers.
Quoi donc au final ? Une Union Pour la République, sous ses différentes déclinaisons et couleurs. Qui fera loi et foi demain. On n’est pas vraiment sorti de l’écurie d’Augias.

AVT

Source : RIM

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