Législatives: l’Italie renouvelle ses élus dans un climat d’indécision

Les bureaux de vote italiens ont ouvert ce dimanche 24 février. Près de 50 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour des élections législatives. Le scrutin se déroule sur 48 heures.

 

Les derniers sondages publiés il y a deux semaines donnent le Parti démocrate de Pier Luigi Bersani en tête devant la coalition de droite de Silvio Berlusconi. Suivent ensuite l’ancien comique Beppe Grillo et le chef du gouvernement sortant Mario Monti, le technocrate appelé au chevet de l’Italie en pleine crise il y a un an et demi. Le scrutin s’annonce ouvert d’autant qu’il y a encore de nombreux indécis. Grande inconnue du vote, le Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo, qui concentre la colère des Italiens contre les partis traditionnels.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Selon les études de l’institut Demopolis qui sont publiées ce dimanche 24 février, un électeur sur dix se décidera seulement au moment de se rendre aux urnes.

Pourquoi autant d’indécis ? Parce que, contrairement aux dernières législatives, il n’y a pas seulement deux grands blocs, centre-droite et centre-gauche, qui se présentent mais d’autres forces : le rassemblement centriste de Mario Monti, un petit parti de gauche radical, Révolution civile du magistrat anti-mafia Antonio Ingroia, et puis un mouvement qui ne se réclame ni de droite, ni de gauche, le Mouvement cinq étoiles. Donc on n’est plus dans un système bipolaire, mais multipolaire.

Le Mouvement cinq étoiles, grande inconnue du scrutin

La grande inconnue de ce scrutin, c’est le Mouvement cinq étoiles qui cristallise la colère des Italiens contre les partis traditionnels et les institutions. Beppe Grillo, qui lui, n’est pas candidat, a remporté un succès phénoménal avec son « Tsunami Tour » qu’il a mené dans une centaine de villes. Mais les Italiens savent très bien qu’en votant pour ce mouvement anti-système, ils se lancent dans une aventure risquée, notamment parce que tous les candidats députés et sénateurs sont des néophytes.

Cela dit, l’Italie a peut-être besoin d’une vraie rupture. Et le phénomène Grillo est très intéressant, en particulier sur le plan sociologique.

Le dernier coup d’éclat de Silvio Berlusconi 

Hier samedi 23 février, les Italiens avait le droit à une journée de réflexion, une journée de silence que Silvio Berlusconi a brisé sans vergogne pour déclarer que « La justice en Italie est une mafia bien plus dangereuse que la mafia sicilienne ». Il aura donc réussi jusqu’au dernier moment à accaparer les médias.

Et près de 50 millions d’électeurs italiens ont le choix dimanche 24 et lundi 25 février, puisque l’on vote sur deux jours, entre son programme que l’on peut résumer ainsi : ni un gouvernement de gauche, ni un gouvernement Monti bis, et les dernières déclarations des autres candidats : le chef du Parti démocrate Pier Luigi Bersani, par exemple, veut libérer les Italiens de Berlusconi avec l’appui du cinéaste Nanni Moretti.

Il prédit également que l’Italie va finir comme la Grèce si les Italiens votent pour le Mouvement cinq étoiles, du Coluche italien Beppe Grillo. Quand à Beppe Grillo, il veut renvoyer tous les politiques à la maison. Après cette drôle de campagne, un drôle de choix qui s’offre aux électeurs dans cette Italie en crise.

 RFI


Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge