L’ère « Aziz »

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz, ce général qui a troqué sa tenue militaire pour occuper le fauteuil présidentiel, continue toujours à s’imposer à l’armée, la classe politique et le capital.

 

 

 

 

 

 

Dès son accession au pouvoir, le président Aziz est parti du fait que l’institution militaire est la seule organisée, dans les pays du

Tiers monde, et donc qu’il faut gagner son estime pour conserver son pouvoir. Et,  toute fin utile, cet intérêt pour l’armée s’est traduit par l’amélioration des conditions de vie des soldats et  à l’amélioration de leur efficacité par rapport aux armées des pays de la zone sahélienne.

Economiquement : D’aucuns ont considéré que le président Aziz s’est attelé à amasser une fortune colossale et à concurrencer les opérateurs économiques dans leurs affaires, s’appuyant sur des hommes qui ne seraient que des prête-noms dans les divers secteurs de l’énergie, des BTP en plus des commissions que certains octroient pour avoir des facilités dans le domaine des investissements. D’autres vont plus loin en accusant le président de s’adonner à une concurrence déloyale, en imposant durement les hommes d’affaires susceptibles d’utiliser leurs biens, lors des prochaines élections présidentielles, dans l’unique but de prendre leur revanche. Ceux-ci considèrent que c’est grâce à eux qu’Aziz est parvenu au pouvoir mais qu’il les a poignardés dans le dos. Aziz considère, par contre, que ces hommes se sont trompés, quand ils ont cru que leur soutien leur ouvre les portes du pouvoir et met dans leurs mains les ressources du pays.

L’essentiel est qu’Aziz a réussi à les mettre sur la touche et, peut être,  en éliminer certains si les redressements fiscaux qui les frappent continuent à monter en flèche.

Politiquement : Ould Abdel Aziz dispose de sept vies, ce qui fait qu’il est toujours sorti victorieux des confrontations avec ses adversaires politiques. D’abord quand les appels au départ du président ont commencé à enfler, Dieu a envoyé le pauvre « esclave » Biram Ould Dah Ould Abeid pour qu’il incinère des livres du rite malékite et pour que les regards et les manifestations prennent la direction du palais présidentiel. Et comme à l’accoutumée, Aziz a su contenir la colère populaire en promettant la plus sévère des punitions à Biram Ould Abeid. Et puis, la suite on la connait (une transaction politique avec ses alliés Messaoud et Boidiel). Peu importe, ce qui compte c’est que n’eut été le soutien de ces deux hommes, on voit mal comment Aziz peut résister à l’appel du « rahil ».

Alors, l’opposition a repris son souffle et s’est fixée comme ultime objectif qu’on l’autorise à passer la nuit sur la place sise à la mosquée Ibn Abass ! Elle est entrée dans un nouveau cycle de confrontations avec les forces de l’ordre jusqu’au moment où des « balles amies » sont venues créer une situation inédite : Un président blessé soigné en France et une opposition qui cesse d’appeler son départ pour lui souhaiter un prompt rétablissement. Arrêtant du coup toutes ses activités et pour cause : se trouvant seule, à qui va-t-elle s’opposer ou demander le « rahil » ?

Et après que l’opposition est compté le président parmi les handicapés – ou même les morts – Aziz revient au pays et tout Nouakchott sort pour l’accueillir le long de l’axe reliant l’aéroport international de Nouakchott au palais présidentiel.

Ainsi le destin ou le hasard impose aux « momies » de la politique, aux officiers supérieurs aux compétences avérées et aux hommes d’affaires dont certains payaient les salaires de l’armée lors de la guerre du Sahara l’ascendance et la fatalité d’un homme nommé « Aziz ». Ainsi soit-il.

 

Elhourriya

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