Les Arabes et la contre-révolution du nouveau pharaon Al-Sissi

SISSIInutile de continuer à gloser sur le « printemps arabe » qui, à mon sens, est un mensonge de plus. Comme les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens. Comme les démocraties en Afrique. Comme les décisions – résolutions – de ce « machin » de l’Onu. Comme le désordre que les grands de ce monde veulent instaurer comme l’Ordre mondial ! Comme tout ce qui fait aujourd’hui que nous vivons des crises partout.

L’Egypte, le plus grand pays arabe (du point de vue démographique et militaire), est en train de refaire l’histoire. Elle était au commencement de celle-ci, elle veut être au milieu et à la fin. La fin du « printemps arabe », en Egypte, avec le retour de l’armée au pouvoir, constitue-t-elle la fin de l’histoire ? Autrement dit, pour transposer la réflexion de Francis Fukuyama, qui affirmait que « la fin de la Guerre froide marque la victoire idéologique de la démocratie et du libéralisme (concept de démocratie libérale) sur les autres idéologies politiques », la destitution du président Frère musulman Mohamed Morsi à la faveur d’une mobilisation populaire sans précédent, par le général Abdel Fattah Al-Sissi met-elle fin à ce qui n’aura été qu’un intermède dans le long règne de l’Armée dans un pays clé, du point de vue, géostratégique, pour la stabilité du Moyen-Orient ?

Je ne le pense pas. L’histoire de l’Egypte est faite de périodes de stabilité qui alternent avec des bouleversements sans conséquences. Le coup porté  aux frères musulmans, aussi dur soit-il, n’est pas le premier du genre. Le profil bas qu’ils adoptent, face à la  répression, ne signifie pas une capitulation mais seulement une sorte de « repli stratégique » pour contrer plus énergiquement le retour des Pharaons.

J’entends par là que la situation en Egypte, loin de rassurer, doit constituer une source de préoccupation pour les puissances occidentales qui l’observent et s’en délectent même. Elle constitue un parfait démenti pour leur soi-disant combat pour la démocratie et les droits de l’homme. L’islamisme ambiant en Egypte, en Tunisie et en Syrie est appelé à creuser sa propre tombe par ses pratiques inappropriées du pouvoir et ce n’est pas à une contre-révolution sanglante menée par des hommes qui s’accrochent au pouvoir (Al-Sissi et Bachar) qu’il faut espérer pour sauver les apparences.

La situation en Egypte peut être interprétée comme une sorte de blanc-seing donné au nouveau Pharaon Al-Sissi pour la Restauration du régime de Moubarak chassé du pouvoir le 11 février 2011. Mais elle est surtout la renonciation à un processus de démocratisation qui devait aligner les pays arabes (et africains) sur la rédemption politique qui a gagné l’Europe de l’est suite à la chute du Mur de Berlin en 1989.

Dans les pays arabes où le « printemps arabe » n’a pas eu lieu, on se félicite de l’échec de cette « expérience » en Egypte, en Tunisie et même en Libye. Les gouvernants qui craignaient de perdre leurs trônes, montrent du doigt ces pays où les islamistes ont, soit semé la désolation, soit montré leur incapacité à s’adapter aux règles de la démocratie qui leur a permis conquérir le pouvoir.

C’est sur cette corde très sensible que le parti au pouvoir en Mauritanie, l’Union pour la République (UPR), joue admirablement bien pour contrer les islamistes de « Tawassoul », idéologiquement liés aux frères musulmans d’Egypte et à Nahda en Tunisie. Le mouvement du 25 février, « printemps arabe » mauritanien avorté en 2011, n’a donc aucune chance de ressuscité tant que les islamistes égyptiens n’auront pas réussi à reprendre la main. Une hypothèse non envisageable à court terme si l’on comprend très bien les assurances occidentales, certes non déclarées, qui ont permis au général Al-Sissi  de déclencher les mécanismes de la terreur militaire pour contrer ceux de la terreur islamiste qu’il a fini par présenter comme une variante du terrorisme.

Source : Elhourriya

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