Les attentats de Bruxelles ont-ils été précipités par leurs auteurs?

leursL’enquête avance, après les attentats survenus mardi 22 mars dans la capitale belge. D’après le scénario qui tend à se dessiner, le commando de Bruxelles pourrait être passé à l’action parce qu’il se sentait de plus en plus acculé après l’arrestation de Salah Abdeslam. Le journal Le Monde évoque cependant l’existence d’un possible deuxième suspect dans la nature.

Abandonné dans une poubelle, près d’un appartement perquisitionné mardi 22 mars, dans le quartier bruxellois de Schaerbeek où les terroristes avaient séjourné juste avant les attentats, les enquêteurs ont retrouvé ce qui ressemble à un testament numérique signé Ibrahim El Bakraoui, l’un des kamikazes de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem.

Sur l’ordinateur retrouvé, les enquêteurs ont récupéré son témoignage écrit. Il y explique ne plus savoir « quoi faire », qu’il est « recherché de partout », qu’il est dans la précipation. Il ajoute que s’ils « s’éternisent », les siens risquent de « terminer à côté de lui dans une cellule », selon le compte rendu qu’en a fait le procureur fédéral belge.

Une allusion faisant référence, semble-t-il, à Salah Abdelslam. Ces lignes auraient donc été écrites par Ibrahim El Bakraoui entre l’arrestion de ce dernier dans la capitale belge, vendredi, et le passage à l’acte du commando, mardi matin.

Pas assez de place dans le taxi pour leurs explosifs ?

Un autre élément souligne le possible côté hâtif du commando, relate notre envoyé spécial à Bruxelles, Pierre Olivier. A savoir que trois de ses membres ont pris un taxi pour se rendre de l’appartement qu’ils occupaient jusqu’à l’aéroport. Or, en soi, appeler un taxi semble extrêmement risqué lorsque l’on mène ce genre d’opérations.

Cela revient en effet à prendre le risque d’être immédiatement signalé à la police, et c’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé. Le chauffeur du taxi a très vite donné l’adresse où il avait embarqué les terroristes de l’aéroport, ce qui a permis de découvrir dans l’appartement de Schaerbeek 15 kilogrammes d’explosifs de type TATP, 150 litres d’acétone, 30 litres d’eau oxygénée, des détonateurs et une valise remplie de clous et de vis.

Les terroristes auraient renoncé à emporter une partie des sacs contenant les bombes qu’ils comptaient transporter. Car ils avaient commandé un vanne, et que finalement, c’est une berline qui est arrivée à Schaerbeek.

Un deuxième suspect en fuite dans la capitale belge ?

Si le commando est finalement parvenu à faire exploser trois bombes, deux à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et une dans la station de métro de Maelbeek, ces indices témoignent à tout le moins d’une certaine fébrilité de la part des terroristes. L’un d’eux, le fameux troisième homme photographié, va d’ailleurs prendre la fuite à l’aéroport sans avoir fait exploser sa bombe.

Au final, leur opération, qui a fait au moins 31 morts et 250 blessés, a certes dû nécessiter plusieurs semaines de préparation en amont. Mais il semblerait que sa réalisation, elle, a été précipitée par des kamikazes sentant l’étau policier se refermer sur eux.

Mais selon des informations obtenues par le journal Le Monde, deux possibles complices, dont l’identité était encore inconnue mercredi soir, sont toujours activement recherchés. Le premier, c’est bien sûr l’homme photographié à l’aéroport, dont le sac, rempli d’explosifs instables, a finalement explosé, mais après l’arrivée des démineurs et sans faire de blessé.

Quant au second, selon le quotidien français qui révèle cette information, il a été filmé par les caméras du métro bruxellois, lui aussi équipé d’un gros sac, aux côtés du kamikaze Khalid El Bakraoui, frère cadet d’Ibrahim âgé de 27 ans, peu avant qu’il ne se fasse lui aussi exploser dans la station de Maelbeek.

Les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, qui se sont donc séparés pour se faire sauter dans deux lieux différents, ont été identifiés grâce à leurs empreintes papillaires. Le deuxième kamikaze de l’aéroport, Najim Laarchaoui, a pour sa part été identifié par comparaison de son empreinte génétique.

Trois Belges, tous suspects dans les attentats de Paris

A noter que les trois kamikazes morts mardi faisaient partie des suspects les plus recherchés dans l’enquête sur les attaques en France, et qu’ils sont tous belges. Khalid El Bakraoui est soupçonné d’avoir loué deux appartements utilisés par les commandos du 13-Novembre, dont une planque à Bruxelles ayant servi à Salah Abdeslam jusqu’à l’opération de police du mardi 15 mars, lorsqu’il s’était échappé en filant par les toits.

Ibrahim El Bakraoui, 30 ans, est lui aussi considéré comme un proche de Salah Abdeslam. Il avait par ailleurs été condamné à neuf ans de prison pour avoir tiré sur des policiers à la kalachnikov lors d’un braquage à Bruxelles en 2010.

Najim Laachraoui est enfin soupçonné d’être l’artificier des attentats de Paris, dont Abdelhamid Abaaoud aurait été l’architect. Son ADN a été retrouvé sur des morceaux de ceintures explosives devant le Stade de France et au Bataclan. Son empreinte génétique a par ailleurs été mise en évidence dans un appartement de Bruxelles, où a été découvert du matériel destiné à la préparation d’explosifs. Sa mort est un réel soulagement pour les enquêteurs.

Source:RFI

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge