Les auteurs du manifeste des Haratines accélèrent la cadence

5490766-8189486Les auteurs du Manifeste des Haratines du 29 avril 2013 ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Ainsi, les responsables d’un collectif, composé de plusieurs centaines d’organisations et personnalités indépendantes (anciens ministre, ambassadeur, officiers à la retraite…), ont annoncé la création d’un forum pour la promotion des droits politiques, économiques et sociaux des Haratines-maures à la peau noire (esclaves, anciens esclaves ou leurs descendants), lundi au cours d’une conférence de presse. Mohamed Said Ould Homody, ambassadeur à la retraite, a expliqué que le nouveau forum est doté de structures comprenant une Commission Nationale de Suivi et d’un Comité Permanent. La création de cette plate forme de réflexion et de proposition est la suite de la publication d’un « Manifeste » sur l’exclusion politique, économique et sociale de la frange Haratine « qui représente plus ou moins 50% de la population mauritanienne, et confrontée à l’injustice au quotidien, ainsi qu’une absence totale de perspective » selon les auteurs. Cette composante est notamment « exclue de la haute administration, des postes de commandements des forces de sécurité et du milieu des affaires, un pays multiethnique et multiculturel, qui demeure ainsi confronté au défi d’un véritable contrat social fondé sur l’appartenance commune à une nation unifiée » explique Ould Homody. Pour illustrer la réalité de l’exclusion politique, le forum affirme que la part des « Haratines » dans les mandats électifs « est compris entre 1 et 2% ». Au delà de ce diagnostic et en vue de mettre un terme à une situation d’injustice historique, ces organisations et cadres préconisent plusieurs mesures « constituant la trame de fonds d’une stratégie de plaidoyer et d’action en faveur de la mise en place d’une politique publique et d’un programme d’éradication véritable de l’esclavage ». Il s’agit « d’engager une large concertation nationale pour la mise en place d’un contrat social, des mesures immédiates et urgentes en faveur des marginalisés, la tenue d’un congrès nationale sur la justice sociale, la création de zones d’éducation préférentielle dans les lieux d’extrême pauvreté (ou habitent généralement les Haratines), la réalisation d’une réforme agraire de grande envergure, menée sur la base d’une redistribution équitable des terres (qui doivent appartenir à ceux qui les travaillent), la création d’un Fonds National réservé aux actions de lutte contre l’esclavage…. ». Par ailleurs, le forum réclame une application réelle de la législation pénale criminalisant les pratiques esclavagistes et la possibilité de constitution de partie civile pour les ONG, dans les procès relatifs aux affaires de pratiques esclavagistes. En fait, l’origine de toutes inégalités et injustice est l’esclavage, une pratique séculaire. Depuis l’indépendance, plusieurs lois ont été adoptées pour mettre fin à cette pratique, notamment un texte adopté en 2007, qui en fait une infraction criminelle. Fin 2013, le gouvernement mauritanien a annoncé la création d’une juridiction spéciale pour réprimer la pratique de l’esclavage. Mais les militants antiesclavagistes et ONG de défense des droits humains continuent à dénoncer « l’impunité et les complicités » qui couvrent les présumés esclavagistes.

Source : Mauriweb

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