Les champions du monde dans le blanc des yeux

Heureux, les Bleus l’étaient mardi soir après avoir accroché l’Espagne sur ses terres (1-1). Mais la joie ne les a pas empêchés de garder les pieds sur terre.

Des internationaux français présents mardi soir sur la pelouse de Vicente-Calderon, Karim Benzema était sans aucun doute celui qui avait le moins de chemin à parcourir jusqu’à son lit. Pour autant, le Madrilène ne s’est pas éternisé dans les travées de l’enceinte de l’Atletico Madrid. Peut-être était-il pressé de rentrer et de savourer au calme l’exploit réalisé par l’équipe de France au terme d’une des soirées les plus mémorables de son histoire récente. Heureusement, d’autres se sont montrés plus bavards et, avant de monter dans les véhicules mis à leur disposition, ont savouré l’instant. Savouré. Mais sans en rajouter.

Les Bleus, que l’on disait si jeunes, si inexpérimentés avant d’entrer sur la pelouse, ont parlé comme des vieux briscards après la rencontre. A l’image de Jérémy Ménez, dont le sourire était à peine perceptible. La satisfaction se lisait dans ses yeux plus que sur ses lèvres. « Je pense qu’on n’a pas volé ce match nul. On n’a pas baissé la tête et on s’est battu jusqu’au bout. Maintenant, on espère que c’est le début. Si on garde les pieds sur terre, on pourra faire quelque chose. » Même constat vu du but et à travers les yeux d’Hugo Lloris : « Dans l’adversité et face à une équipe aussi compétitive, faire ce qu’on a fait ce soir, c’est un bel exploit. »

« On ne va pas s’enflammer, on n’est pas champions du monde, on n’est pas champions d’Europe », s’est justifié Mathieu Valbuena qui, lui aussi, n’arborait pas un large sourire après avoir réussi une belle dernière demi-heure. Le petit Marseillais, si souvent utile à l’équipe de France quand on fait appel à lui, a mis l’accent sur l’exigence du haut niveau et la suite des opérations. Un véritable leitmotiv, plus qu’un élément de langage : « Maintenant, il faut répéter et être régulier. »

Matuidi : « Le plus beau match de ma carrière »

La grande célébration, les Bleus l’ont gardée pour eux. Sur le terrain, dans le feu de l’action et de l’égalisation d’Olivier Giroud. Et dans l’intimité des vestiaires. Ce but a été vécu comme « une libération », dixit Ménez. « Le groupe a beaucoup couru et s’est donné à fond. On a montré qu’on savait jouer nous aussi au ballon », a-t-il lancé, quelques secondes avant que Blaise Matuidi, son partenaire au PSG, ne lui succède devant les micros et n’hésite pas qualifier cet Espagne – France de « plus beau match de (sa) carrière ». « Tout le monde nous voyait perdants mais on a montré qu’on pouvait compter sur nous. Il y a beaucoup de qualité dans cette équipe. De la solidarité, un état d’esprit… et du talent ! »

Ce n’est pas Noël Le Graët qui dira le contraire. Invité surprise d’une zone mixte normalement réservée aux hommes de terrain, le président de la Fédération Française de Football s’est mis au diapason de ses joueurs. Enfin, il a essayé. Le plus joyeux, c’était presque lui. « La deuxième période a été exceptionnelle. On n’avait pas vu ça depuis longtemps. Physiquement, techniquement et au niveau de la volonté, on a été au-dessus de l’Espagne. Il faut se méfier des réactions immédiates. Mais depuis 2006, je n’avais pas vu une mi-temps aussi pleine. »

Source:eurosport

 

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