Les demandes de visa des ex-interprètes afghans réexaminées en France

Un officier français et une officier afghanLes anciens interprètes afghans de l’armée française, dont Paris avait refusé dans un premier temps les demandes de visa, verront leurs dossiers réexaminés dans un délai de deux mois. Une annonce du ministère des Affaires étrangères que le collectif d’avocats en charge des dossiers a confirmé, après avoir été reçu à l’Elysée mercredi. Pour les avocats c’est une victoire, mais la nouvelle est accueillie avec un peu plus de prudence à Kaboul.

Des accents d’espoir résonnent indéniablement dans les voix des anciens interprètes de l’armée française lorsqu’ils évoquent la démarche entreprise en leur nom, à Paris, par un collectif d’avocats. Ce dernier avait envoyé une lettre ouverte à François Hollande au début du mois. Ils ont eu une réponse. Les demandes devraient être réexaminées.

Le représentant de ces hommes dans la capitale afghane, Abdul Raziq, dit espérer que les autorités françaises se penchent au plus près de leurs dossiers pour réparer ce que lui et ses ex-collègues considèrent comme une injustice. Mais il garde aussi en mémoire ce qu’il appelle « l’expérience de l’an dernier », c’est-à-dire le refus de visa. Un souvenir qui ne peut l’empêcher de conserver une part de doute sur les conséquences finales de cette annonce de réexamen dans un délai de deux mois.

Un doute qui se transforme en scepticisme chez certains. Notamment du fait que Paris n’a pas annoncé de changement dans les critères : capacité d’intégration supposée, preuve matérielle d’une menace actuelle, etc.

Un ex-traducteur de 26 ans a ainsi spontanément confié à RFI de craindre qu’on tente de les « rouler dans la farine ». Plus que dans ce réexamen, il place surtout ses espoirs de quitter son pays dans le succès d’une future procédure judiciaire, qui devrait débuter en France d’ici quelques jours.

Ces hommes se disent toujours menacés et discriminés, en raison de leur ancien travail aux côtés des forces françaises.

Des avocats confiants

Du côté des avocats en charge des dossiers, en revanche, l’optimisme est de mise. Ils ont jugé la rencontre à l’Elysée « très positive ». Caroline Decroix, l’une des porte-parole du collectif, considère qu’il y a peu de chance pour que ces réexamens n’aboutissent pas.

« La présidence de la République a pris en compte la gravité de la situation et l’urgence à y répondre de manière rapide et constructive. Nous allons donc être mis en contact directement avec le Quai d’Orsay pour poser les modalités pratiques d’examen ou de réexamen des demandes de visa des auxiliaires afghans », se félicite-t-elle.

Elle se dit également confiante sur les délais. « Dans le maximum des cas, ce sera deux mois, estime-t-elle. Maintenant, les premières décisions devraient être rendues beaucoup plus rapidement. Moi, j’ai bon espoir que sous une semaine on puisse commencer à avoir les premières demandes de visa réexaminées. En ce qui concerne les cent dossiers qui sont dans mon cabinet, je pense que les cent dossiers sont de bons dossiers, que les visas seront donc obtenus. Maintenant il est fort possible que de nouvelles personnes se manifestent. Si jamais il y a des refus de visas qui sont opposés à des personnes, nous regarderont si ces refus sont fondés et s’ils ne le sont pas, ils seront contestés en justice. »

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