Les dix cours de la méthode

contributionMohamed Hanefi :  Si monsieur Descartes s’est essoré les méninges à produire ce livre improductif du discours de la méthode, nous, nous n’avons fait qu’un effort plus que minime pour canoniser nos dix cours de la méthode. Une méthode productive, qui produit sans efforts. Des subtilités secrètes, qui élèvent sans ascenseur apparent. N’a-t-il pas dit ce Descartes que « Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée. » ?

Quel peuple, autre que nous peut vivre aux dépends des autres sans lever le petit doigt pour mériter une supériorité très supérieure, qui ne dépend ni ne relève que de notre propre évaluation.

Les peuples de la terre crèvent a produire leur subsistance, tant dis que nous avons la notre en simplement jugeant, en parlant, en nous invectivant et en disséquant notre société en formes et en couleur.

Les autres parlent de physique de technique nouvelles de science de médecine, d’agriculture. De mécanique, d’industries « de pointes ». Quelle pointe? Ils perdent leur temps. On peut bien vivre de façon moins ardue moins contraignante et plus confortable. Ils produisent l’internet. Nous en profitons au même titre qu’eux. Leur Facebook, nous le « facebou-cons » aussi. Nous « likons », partageons, « tagons ». Leur Google, leur tweeter, nous savons quoi en faire. Nous y ajoutons ce qu’ils n’ont pu inventer, et le leur rendons selon nos principes et nos conditions.

Nous nous distinguons le face book halal de celui qui est haram. Il faudrait bien qu’au milieu de ce méli-mélo de découvertes folles, et de profusion de progrès, il y ait quelqu’un qui définisse le halal du haram entre le facebook et le face-oumak. C’est le noble rôle que nous nous sommes assigné et que nous accomplirons, les châssis bien calées devant un PC et « facebookant » nos vieilles chimères aux quatre coins de la terre comme tous les « face-bouc-cœurs » du monde.

Le premier des dix cours de notre méthode était celui de faire une retro course vers le passé pour puiser une potion de gloire, qui servirait le présent et donnerait une certaine distinction de ceux parmi nos concitoyens, enivrés par cette nouvelle maudite démocratie, qui a mélangé le Habil avec le Nabil.

Le seul problème que nous avons rencontré était que si nos ancêtres ont eu une gloire, ou ont marqué les épopées du passé, la progéniture, elle, a versé dans la luxure, la gabegie et la paresse. Elle s’est contenté de dilapider les ressources qu’Allah avait enfoui dans les entrailles de cette terre, pour la prospérité des habitants de cette terre y compris ceux qui sont encore conjugués au futur. Résultat: le résultat a disparu. Les principes, les valeurs, il fallait s’en débarrasser. Nous l’avons fait. Al hamdoulillah. Mais qui peut le prouver? Ne dit on pas que « a beau mentir qui vient de loin »? Qu’y a-t-il de plus loin que le lointain passé?

Quand aux naïfs qui prétendent que « Inne el fata men yaqoulou ha-anadha, leyssel fata men yaqoulou kana abi ». Ce ne sont que de pauvre diables, qui n’ont rien pigé au premier des dix cours de la méthode: « Celui qui t’a précédé d’une loueyle (une nuitée), te vaincra toujours par une houeyle (une petite méthode.) ». L’idéologie féodale a ses raisons que la raison ne connait pas.

Mon ancêtre m’a laissé ce qu’il m’a laissé et ton ancêtre t’a laissé ce qu’il t’a laissé. Ne cherche pas plus loin. Ton problème se situe donc au niveau de tes chromosomes et de tes complexes innés. Je t’ai toujours piétiné. Ça n’a jamais fait mal à personne. Pourquoi chercher du Tiebou dien à Birmoughren ou des dattes Tijeb à Seylibabi?

Quand tu n’invoqueras plus un autre qu’Allah, seul, le ciel sera au dessus de ta tête.

Le deuxième des dix cours de notre sacrée méthode des discours de la méthode, consiste à se ranger toujours du coté de celui qui détient le pouvoir. Sans pour autant ôter ses chaussures. Il faut être prêt à détaler à chaque minute. Car dès que le chef quitte, (toujours en paix inchallah), il faut être prompt a vider les lieux et les esprits avec.

Laisser la place à la nouvelle autorité et préparer de nouvelles convictions. Ceci donne l’avantage de toujours avoir pignon sur rue et être constamment du coté du plus fort. « El mouminou el qawiyyou ehabbou ille Allahi mine el moumini a dda-if ». (Le croyant fort est plus aimé de Dieu que le croyant faible). Il faut dire entre parenthèses que nous avons très mal interprété ce hadith. Car la force ici est celle de la foi et non la capacité à manger ce qui ne nous appartient pas.

Le troisième cours de notre méthode infaillible est de se trouver une raison de combat. Un morceau de la société à manipuler. Soyez griot, harratins, syndicaliste chevronné, forgeron, wolof, Puular soninké, l’atmosphère est propice. Ne ratez pas l’occasion de vous démarquer du reste de la société. Créez et manipulez votre groupe. Faites vos jeux. Criez gesticulez ne laissez aucune place ou la langue passe ou repasse.. La seule façon sure et certaine de recouvrer vos droits et votre poids national est d’imiter la grenouille de Lafontaine.

Faites vous aussi gros que le bœuf. « Ils » vous prendront en compte. Il parait que ceux qui dirigent aiment ça. Faites vous un matelas humain de démunis, brandissez la menace de révolte, d’étaler les hontes de la maison sur les ondes de la planète, et le tour est joué. N’hésitez surtout pas à crier fort, dérangez, terrorisez. C’est important pour la réussite de la recette. Rappelez vous les indiens d’Amérique. Les Sioux, les Mohicans, les apaches, les enfants de hiboux lugubre. Menacez de scalper tous les visages pales. Ça marchera. Sauf si ça ne marche pas. De toutes les façons a quoi sert de marcher ou de ramper quand a force de marcher les uns sur les autres il ne restera pas une occasion de marcher pour quiconque.

Le quatrième cours de nos dix cours de la méthode. Travaillez des mains et des pieds pour que personne d’autre que votre enfant ne vous succède. Ceci est vital. Cette position est familiale. Et ce qui est familiale doit rester strictement au sein de la famille. L’égalité des chances est dangereuse. Le cinquième cours. Allah a dit dans le coran que ses Ayats, ont été révélées dans un style clair pour toutes ses créatures Djinns et humains. Le coran qui est Sa Parole a été traduit dans toutes les langues du monde. Quand même essayons de nous placer entre le Créateur et les créatures.

Ceci rapporte.

Le sixième, le septième et le huitième cours de nos dix cours de notre méthode, vous les connaissez. Je ne les cite pas pour qu’au moins un petit quelque chose de secret reste dans la famille. Sinon il n’y aura plus de linge à l’intérieur. Il faut garder un peu de sous vêtements pour que quelque chose cache un quelque chose de notre nudité.

Ya les mauritaniens arrêtez vous un moment pour considérer les remous que vous faites dans votre sillage. Des remous à l’air passagers, mais qui se métamorphosent de plus en plus en tsunami qui risque de vous emporter a jamais. Zola dit qu’à force d’agiter l’éventail, on en fait un monstre. »

Nous avons vu ce que je n’ai pas besoin de rappeler et qui a emporté des peuples auxquels nous ne sommes même pas comparable, en nombre d’habitants, en puissance militaire, en connaissances scientifiques. Tous disparus comme ont disparu les Qawm Ad et Thamoud. Beaucoup de menaces planent sur vos têtes et que vous n’êtes même pas en mesure de distinguer. Occupés que vous êtes à vous toiser et a vous invectiver les uns les autres. Il est normal que ceux qui se sentent opprimés s’expriment.

Mais s’expriment dans la paix, la sérénité et la responsabilité. Ceux qui vous écoutent ont peur de vos menaces, de la violence que vous brandissez. Vous ne leur laissez alors comme choix que se mettre sur la défensive (rappelez-vous le cas Ould Ahmed aicha.), et bien d’autres qui n’ont plus à la bouche que les insultes, les malédictions, les caricatures. Est-ce là la bonne solution pour recouvrer ses droits et sa dignité? J’en doute fort.

Il est plus que nécessaire que ceux qui se sont trouvés en position d’exploitant de leurs frères, même s’ils n’avaient pas conscience de leur grave faute, se rétractent en toute vitesse.

Ceux qui pensent qu’ils ont encore quelque privilège à défendre dans la persistance de l’ancien système féodal, se trompent. Ils cultivent une bien mauvaise herbe pour leurs enfants. Ceux des harratins qui nient l’existence d’un mécontentement manifeste qui sourd dans cette respectable frange de notre peuple, offrent un cadeau empoisonné à la Mauritanie. Nous n’avons pas honte d’avoir une plaie infectée et douloureuses, legs indésirables des inégalités du passé. Mais nous n’avons pas honte de désinfecter nos blessures, de les panser et de les guérir. Nous le pouvons. La viande ne pourrit que quand elle est roulée dans un lieu qui la prive d’air.

Il n’existe pas de mauvais peuple. Mais il existe un peuple qui vit dans les chimères et qui se complait à y rester. Comme disait notre ancien premier ministre Moulay M. Laqdaf à la respectable Kadiata Malik Diallo : « le monde a changé, il faut changer avec. »

Je crois que s’il ya certain maures qui usent et abusent de propos racistes, ils ne le font qu’à leur nom et à leur risque et péril. Le peuple est consterné par la découverte de cette inégalité qui l’empoisonne et que les paramètres du passé, lui ont fait paraitre comme juste et naturelle.

Ceci est valable pour nos autres ethnies. Le peuple veut la paix, la concorde et la cohésion. Nous sommes trop fragiles pour vouloir autre chose. Un changement se fait ensemble et dans la paix. C’est mieux et plus sur pour tous. S’il n’ya pas quelque part quelque chose que je ne comprends pas, je crois que ces efforts déployés pour les villes anciennes, et autres choses, pas de moindre importance peut être, mais de moindre urgence, on peut dépenser ces sommes à éclairer les lanternes de ceux qui vivent encore de l’autre coté du vingt unième siècle.

Les harratins, excédés qui se laissent parfois aller à certaines exactions verbales, on peut vous comprendre. Nous pouvons même et c’est ce qui se doit partager votre souffrance. Mais ressaisissez-vous. On ne peut pas guérir le mal par le mal.

Le temps joue en votre faveur et vos soucis ne sont en réalité qu’une question de l’assimilation de votre société traditionnelle pour des données qui n’étaient pas les siennes et qui ont brutalement inversé ses valeurs.

Cette anomalie dont vous êtes victime, n’a aucune espèce de relation avec la religion, bien comprise. Ici, là ou a vécu l’envoyé (psl), les sahabas et la plupart des tabiines, il n’ ya ni forgerons, ni griots, ni harratins, ni znagas. Les couleurs passent inaperçues et la plupart des émirs et seigneurs sont noirs comme la nuit. Aucun complexe. Sauf bien sur celui de sentir le poids de ses sous.

Le prophète Mohamed (psl), est sorti de ce monde sans Dirhem ni Dinar. Ceux qui le défendent (et il n’en a pas besoin car Dieu l’a préservé de ses ennemis a l’origine), doivent se comporter de façon a traduire fidèlement son message ou au moins le laisser tranquille.

« Certes, un messager parmi vous, est venu a vous auquel pèsent lourd les difficultés que vous subissez. Il est plein de sollicitude pour vous. Il est compatissant et miséricordieux envers les croyants. » At-toba-128. Ces inventions sont celles d’une société, Allah lui pardonne, qui a inventé ses médailles pour s’entre exploiter. Ceci est voué à une disparition rapide et certaine.

Le président s’il veut échapper à la colère du Grand Président doit se prononcer sur ces choses. Une phrase à la radio, le matin par exemple du genre « N’invoquez jamais un autre que Dieu. C’est lui qui donne et celui qui prive. », « La Mauritanie aura honte de vous si vous vous courbez devant un humain. » « Vous êtes tous des citoyens égaux. »
Juste un mot, une devise, un principe. Les simples citoyens prêtent l’oreille au président plus qu’à l’imam. Ne serait ce que pour la raison que c’est lui qui augmente un salaire ou baisse le prix du carburant. Essayez ça coute beaucoup moins que Tadamoun et ça libérera beaucoup d’esprits entravés par les mauvaises traditions et encore maintenant en laisse, par leurs séquelles, pour ne pas dire leurs tentacules encore vivaces.

Ne laissons pas les inconscients établir un cimetière pour nos intérêts et nos valeurs.

Essayons de nous mettre dans le dictionnaire national qu’il n’y a plus d’exploitants, ni d’opprimés, mais un pays qu’il faut construire de toute urgence ensemble. Créons l’espoir. L’un a coté de l’autre. Ensemble. Au lieu de nous tuer à étouffer la plainte du « sans espoir ».

Allah n’oubliera pas la Mauritanie inchallah et ses fils peuvent trébucher, mais ne tomberont pas. Bonne année a toute la Mauritanie. Y compris ses animaux et sa flore. Et qu’Allah nous protège. Amine.

Mohamed Hanefi. Koweït.       

Source : Mohamed Hanefi

   

 

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