Les élections législatives et municipales compromises ?

Si les autorités politiques et les instances chargées d’organiser les élections sont à pied d’œuvre pour régler les dernières retouches en vue d’une tenue des consultations législatives et municipales, l’opinion quant à elle reste indifférente voire prudente et parfois sceptique sur une telle décision irrévocable que le pouvoir semble avoir adoptée pour renouveler les mandats des maires et députés frappés par un dépassement du délais réglementaires.


Cette situation d’anti-constitutionalité qui rend illégales les deux chambres, avait alimenté les débats politiques et cela doit bien justifier une convocation des collèges électoraux. Mais aujourd’hui que le dialogue politique est dans l’impasse et que la question du choix d’un calendrier électoral ne constitue pas tellement un sujet de débat au sein de la classe politique, l’éventualité d’un report même s’il n’est pas à écarter reste faible.

Cependant l’obstacle majeur pour l’organisation technique et matérielle demeure l’équation de l’enrôlement.

A ce niveau le nombre de personnes enrôlées qui comprend tous les âges et sexes dont ceux de personnes qui n’ont pas atteint l’âge de voter comparé au pourcentage annoncé par les structures de recensement est encore en –deçà du seuil escompté. Sur près d’un million et demi il faut compter que plus du tiers n’a pas l’âge de mettre son bulletin dans l’urne.

Et ce n’est pas dans un ou deux mois qu’il faut espérer atteindre la barre convenable. Le retrait des nouvelles pièces civiques connait une grande lenteur dans les centres d’enrôlement. A cela s’ajoutent les difficultés que rencontrent toujours des mauritaniens pour se faire recenser.

Les conditions sine qua non pour la tenue d’élections étant tributaires d’un état – civil correct, d’une CENI indépendante et consensuelle, d’une garantie de transparence du scrutin. Est-ce le cas dans la situation actuelle où la crise politique a atteint son paroxysme sans qu’une solution rapide soit en vue.

Dans ce contexte, toute volonté d’organiser des élections risque d’être entachée et les résultats qui découleront des urnes n’engageront qu’une partie de la classe politique étant entendu que le camp qui s’oppose au président ne sera pas partie-prenante à un scrutin boycotté d’avance. Faudrait-il privilégier des élections partiellement reconnue ou attendre que les conditions politiques adéquates pour leur tenue soient réunies pour remettre en ordre un processus démocratique mis à mal par les divergences entres les leaders des camps en conflit.

Dans les deux cas de figure, les futurs scrutins risquent d’être compromis par la situation qui perdure. Avec ou sans la COD le président Aziz et ses soutiens se préparent à renouveler les deux chambres et les élus municipaux quelque soit le prix que cela coûtera à la démocratie mauritanienne.

Cheikh Tidiane Dia

Source:Cridem

Publicité

Mauritel

Speak Your Mind