Les enseignements de la visite du Trarza

sneiba

Au Trarza, le cérémonial de la visite que vient d’effectuer le président Mohamed Ould Abdel Aziz ne rassure pas sur l’avenir de la Mauritanie. Une impression diffuse de retour, à très grande vitesse, en arrière, vers l’ère de la Tayatie, celles des mensonges dévergondés d’hommes politiques, à l’image du discours dithyrambique du maire de Rkiz, de citoyens qui disent ce qu’ils ne croient pas et de responsables qui jouent parfaitement leur rôle de figurants ! La preuve : la manière de s’habiller ! Comme le Raïs.

Heureusement dans tout ça que le président Aziz n’est pas trompé par ce cirque ; il suffit de lire sur son visage impassible à toutes les éloges pour se rendre compte qu’il sait que tout n’est que mensonge et perfidie. Il ne tombe pas du ciel lui. Il lui manque seulement cette volonté de demander à ce que le « théâtre » qui entoure toute visite cesse.  Il n’a rien à y gagner mais y perd de son image d’homme pragmatique qui ne se laisse pas tromper par les apparences.

Ceci dit, les « raisons » de la visite, en dehors de leur caractère propagandiste et électoraliste, constituent bien un acquis pour les populations. Si les projets sont réalisés dans les délais impartis et non allongés comme cela a été le cas pour plusieurs autres lancés depuis le début du quinquennat du président Aziz et qui attendent toujours, provoquant la colère de citoyens qui estiment avoir été trompés. A l’image de cet habitant de N’Beiket Lahwach qui déclare, sur les ondes de la radio privée Mauritanides, que cette ville sortie du néant a été oubliée le jour de sa création ! Et qu’elle survit aujourd’hui sans eau ni électricité. Qui le dira au président, s’il ne le sait pas ? Qui lui dira surtout que le dispensaire de Rkiz qu’il a visité a été « toiletté » avant sa venue ? Comme pour le tromper. Qui lui dira que, finalement, il est en train d’assister à une véritable mise en scène comme celle qu’a vécue Taya vingt ans durant, avant que son pouvoir ne s’écroule comme un château de cartes ? On sait bien qu’un homme averti en vaut deux mais le pouvoir a ses attirances et ses sorcelleries qui empêche tout dirigeant de faire preuve, constamment, de clairvoyance et de volonté.

Il n’est pas dit que ces visites n’apportent plus aux populations que leurs précédentes ; qui s’effectuaient dans un contexte non électoraliste, mais c’est certainement la comparaison entre hier et aujourd’hui qui permet d’apprécier si, véritablement, il y a eu rupture ou pas. La corruption des esprits n’est-elle pas pire que celle qui empêche le développement économique et social du pays ? Aziz doit dire « stop » à tous ces soutiens zélés pour laisser l’opposition verser, seule, dans ses excès. Politiquement, c’est une arme plus efficace que le retour au cérémonial des « visitations » de Taya.

Sneiba

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