Les femmes du Mali face à la crise : Jamais, elles n’ont baissé la garde

Fatoumata-SiréLe rôle des femmes dans la médiation et la consolidation de la paix au Mali est devenu de plus en plus important  dans le contexte des multiples crises auxquelles  le Mali est confronté. Elles ont joué et continuent de jouer leur partition à tous les niveaux, du début de la crise à nos jours.

 Ainsi, dans la période qui a précédé le coup d’Etat militaire, et tout au long du processus de médiation dirigé par la Cedeao,  les femmes maliennes ont  montré leur capacité exceptionnelle à s’organiser  et à se mobiliser, en réussissant à amener leurs préoccupations à la table de médiation.  Avec le soutien de l’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), et dirigés par l’Alliance des femmes pour la paix,  des groupes et associations de femmes ont organisé une marche le 13 avril 2012. Aussi,  le Réseau malien pour la paix et la sécurité (Repsfeco), a lancé, à la même période, un processus visant à élaborer une feuille de route pour la participation des femmes médiatrices dans la résolution de la crise et les processus de paix. Avec le soutien d’ONU-Femmes, une trentaine de femmes leaders de la société civile et le mouvement des femmes de divers secteurs s’étaient réunis à Bamako, pour évaluer la situation dans le pays et identifier leur participation à une paix réussie et au processus de médiation.  Lors de la réunion qui a défini la feuille de route pour la transition au Mali, les 14, 15 et 16 avril 2012 à Ouagadougou, l’inclusion des préoccupations des femmes est devenue une réalité avec la participation active d’une délégation de quatre membres du Repsfeco. Laquelle délégation était composée de Mme Saran Keïta, Mme Doumbia Mama Koïta, Mme Fatoumata Maiga de l’Association des femmes pour les initiatives pour la paix, et Mme Oumou Touré de la Cafo. La délégation a émis  une déclaration à la fin de la réunion, intitulée : «Nous réclamons la présence des femmes, dans tous les processus de médiation, dans tous les  mécanismes et à tous les niveaux».

 En juillet 2012, le Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires du Mali a organisé, à son siège, une journée de réflexion et de formulation des propositions concrètes. En novembre 2012, Mme Fatoumata Siré Diakité, vice-présidente du FRD (Front pour la sauvegarde de démocratie et de la République), a crié haut et fort qu’il est hors de question de négocier avec les groupes armés, sans que justice soit faite. En janvier 2013, les femmes du Mali, à travers plusieurs organisations féminines, ont lancé des appels par rapport à la crise sécuritaire au Nord.

 Seule femme qui occupe un poste de vice-président dans l’actuel bureau de l’Assemblée nationale, Mme Assory Aïcha Belco Maiga, élue à Tessalit, s’est battue intensément au cours de ces deux dernières années  pour la paix au Mali, singulièrement dans la région de Kidal.  Seule femme candidate à la dernière élection présidentielle, Mme Haïdara Aichata Cissé dite Chato, députée élue à Bourem, s’est déplacée plusieurs fois à l’extérieur  du Mali pour faire le plaidoyer de la paix. Notamment au siège du Parlement européen.

 Sur le plan politique

En juin 2013, pour jouer pleinement leur rôle dans le retour à la normalisation démocratique, les Maliennes mettent en place «La plateforme de veille des femmes pour les élections sans violence, équitable et transparente au Mali». C’est un groupe composé d’organisations féminines du Mali et coordonné par le groupe Pivot droit et citoyenneté qui rentre dans le cadre de l’engagement et de l’implication des femmes pour la tenue d’élections libres, transparentes et non violentes en vue de doter le Mali d’outils légaux pour la gouvernance inclusive. Cette plateforme a pour objectifs, notamment de créer les conditions du dialogue et des concertations entre les acteurs politiques et les citoyennes, pour une meilleure appréhension de chaque partie sur les questions sociales, politiques et économiques et les ambitions et attentes ; de s’informer sur les projets de sociétés des partis  politiques  et des autres candidats et les stratégies de gouvernance du pays ; de susciter les échanges entre les acteurs politiques et les femmes sur les questions de genre en envisageant les solutions possibles.

 Récemment, en fin février 2014, le ministère en charge  de la Promotion de la Femme, et celui de la Réconciliation nationale ont décidé d’organiser deux journées de concertations nationales pour la réconciliation et la réinsertion socioéconomique des femmes et enfants affectés par la crise. Et toutes ces avancées nous permettent de dire que le bilan de l’engagement des femmes pour un Mali uni et paisible est loin d’être mitigé.

 Le 9 mars prochain, riches de toutes leurs luttes et remplies d’espoir pour l’avenir, les Maliennes célébreront le 8 mars, «journée internationale des femmes». Officialisée par l’ONU en 1977, cette journée trouve son explication dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote. C’est une journée de manifestation à travers le monde  entier et l’occasion de faire le bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement, les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes.

Rokia DIABATE

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