Les FPC après le rejet de leur reconnaissance « Nous allons continuer le combat

Flam-Samba ThiamDeux jours après le rejet de leur dossier de reconnaissance, les Forces Progressistes pour le Changement (FPC) ont organisé une conférence de presse. C’était hier, mercredi 5 août 2015 à leur siège à Basra sous la présidence de Samba Thiam, leur président. Selon lui, « le gouvernement est dans l’illégalité totale, tant au niveau de la procédure qu’au niveau des raisons invoquées qui ne reposent sur aucun fondement sérieux ».

C’est un Samba Thiam à la mine ravagée qui a reçu mercredi 5 août 2015, quelques représentants de la presse, en présence de plusieurs militants. Entouré de ses plus proches collaborateurs, le vice-président et Secrétaire national à l’organisation, Mamadou Wane, le Secrétaire chargé de la communication, Abdoul Aziz Kane et le Secrétaire général, Makyou Dia, le président du parti FPC est revenu sur le rejet par le ministère de l’Intérieur de la demande de reconnaissance déposée il y a plus de huit mois par les FPC. « Le gouvernement, à travers le rejet de notre Dossier, est dans l’illégalité totale, tant au plan de la procédure qu’au niveau e des raisons invoquées, qui ne reposent sur aucun fondement sérieux » indique un communiqué distribué à la presse. Sur le plan des procédures, les ex-flamistes qui avaient opté pour la lutte politique en Mauritanie en quittant leur exil, estiment que la loi accorde deux mois à l’Administration pour étudier les dossiers de candidature avant de se prononcer sur le fond. C’est la recevabilité ou conformité avec la loi qui leur aurait été confirmée par le Directeur adjoint chargé des affaires publiques. Huit mois plus tard, le ministre annonce le rejet du dossier. Sur les raisons invoquées pour justifier sa décision, le ministre aurait avancé, selon la note, des arguments qui ne s’appliqueraient pas aux FPC, « au regard de notre orientation politique générale, et notre discours qui a toujours plaidé pour l’unité nationale, mais une unité recadrée » a affirmé Samba Thiam. Selon lui, l’administration pour justifier son refus de reconnaître aux FPC le droit de se constituer en parti politique, se serait basée sur l’article 11 de la Constitution qui stipule que « les partis politiques concourent à la formation et à l’expression de la volonté politique. Ils se forment et exercent leurs activités librement sous la condition de respecter les principes démocratiques et de ne pas porter atteinte par leur objet ou par leur action à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale, à l’unité de la nation et de la République. La loi fixe les conditions de création, de fonctionnement et de dissolution des partis politiques ». Autre texte évoqué, la loi 91-024 en son article 6 qui dit « aucun parti ou groupement politique ne peut s’identifier à une race, à une région, à une tribu, à un sexe ou à une confrérie ». Pour Samba Thiam, « nous ne nous sentons absolument pas concernés par ces dispositions, ni à travers notre liste des membres fondateurs (jointe au dossier), ni par notre orientation de politique générale qui ne tombe pas sous le coup de ces dispositions ». Pour le président des FPC, la reconnaissance n’est pas une condition expresse de l’exercice légale de l’action politique et qu’elle n’est que déclarative, ce que semble ignorer selon le ministre de l’Intérieur. En définitive, il trouve que « le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz est dans l’illégalité totale au regard de toutes ses dispositions » et qu’en définitive « il viole les textes de loi en vigueur, ou les utilise comme bon lui semble, suivant ses humeurs… » Ainsi, les FPC considèrent la décision prise à leur égard d’injuste, arbitraire, jugeant que « le général cherche à perpétuer un système discriminatoire, inique ». Partant de cette constance, Samba Thiam et ses amis déclarent qu’ils vont le combattre de toutes leurs forces. « Nous ne renoncerons jamais à nos droits » ont-ils martelé. Pour les observateurs, ce refus de reconnaître les FPC, risque d’alimenter l’aile dure des FLAM, celle qui avait critiqué les aventures hasardeuses du camp de Samba Thiam sur le champ politique en Mauritanie. Pour l’instant, les FPC déclarent qu’ils poursuivront le combat juridique jusqu’à la reconnaissance de leur parti, en menant comme si de rien n’était toutes les activités prévues dans leur programme. Ce qui risque de les confronter à l’intransigeance d’un pouvoir qui multipliera à leur égard répressions et emprisonnements. Cette déconvenue constitue cependant, selon les observateurs, un coup dur pour les FPC déjà exposés aux dissensions et critiques de ceux qui les avaient accusé d’avoir trahi les fondamentaux originels et d’avoir transgressé la mémoire des martyrs en changeant de nom. Cette crise sémantique avait sérieusement ébranlé le mouvement dont un pan entier avait d’ailleurs qualifié d’illégal le premier congrès constitutif. Ajouté à cette tendance, celle qui oppose Samba Thiam et son clan à la dissidence restée en exil.

Cheikh Aïdara/lauthentic

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