Les Haratines, sur une rampe de lancement.

Ils sont une nouvelle génération de jeunes Hratines à s’engager dans une nouvelle dynamique de lutte politique plus incisive et mieux soutenue idéologiquement et intellectuellement pour faire sauter le dernier verrou du système esclavagiste en Mauritanie.

Au-delà de leurs appartenances à des partis politiques, à des milieux professionnels, ces cadres révoltés appuyés par une masse populaire sont de plus en plus convaincus qu’ils représentent une force incontournable, un fer de lance pour briser les préjugés et casser les chainons de la servitude traditionnelle.

Ils revendiquent une place plus respectable dans les hautes sphères politico-administratives au sein de l’armée surtout un statut d’hommes libres.

A la différence de leurs ainés qui, eux ont eu droit à des strapontins pour accepter de se plier en quatre, courber l’échine et laisser le système politico-féodal disposer de l’écrasante majorité de leur communauté comme il veut, les jeunes activistes haratine tentent de résister aux récupérations politiques pour se forger un chemin, un destin plus fort leur permettant de continuer le combat. Il faut dire que l’histoire a ouvert la porte comme par hasard à cette renaissance de la conscience h’ratine.

C’est bien le cas de le dire avec la naissance spectaculaire de IRA arrosé par printemps démocratique. Jusque-là, seul SOS-esclave faisait office de cadre organisationnel de renom à l’avant –garde du combat anti-esclavagiste. Il n’était pas vraiment soutenu dans sa mission par des leaders politiques. L’aile El Hor qui jouait le bras armé a fini par se saborder au sein de APP. Le champ d’action de Sos-Esclave était circonscrit à des activités plus techniques et administratives qu’à une lutte populaire sur le terrain.

Mais cela n’enlève en rien à cette organisation le travail important accompli au plan juridique et international. Aujourd’hui, les jeunes h’ratines ont un autre cadre politique et intellectuel plus libre et mieux structuré pour faire avancer la lutte. A quelque chose malheur est bon. Il aura fallu que ce mouvement soit réprimé par le pouvoir qui essaya de le saigner à blanc pour qu’il devienne encore plus belliqueux.

Le pouvoir à longtemps tourné le dos aux invitations au dialogue lancées à maintes reprises par celui qui deviendra en peu de temps un leader des jeunes h’ratine Biram Ould Dah vu au départ comme un simple aventurier opportuniste en quête de profits , surtout sans gabarit pour demander l’ouverture de concertations avec les activistes H’ratine, en vain.

Déçu et frustré par une fin de non recevoir de Mohamed Ould Abdel Aziz jouant au radicalisme politique, le pouvoir a créé sans le savoir un leader charismatique dont la popularité a grandi au fil des confrontations. La scission opérée plus tard par la main de l’Etat, l’incinération des livres du rite Malékite sanctionné par l’emprisonnement du chef de file de IRA n’ont pas eu raison sur le destin politique de ce mouvement comme l’avaient bien pensé beaucoup d’analystes.

Devenus usés et très conciliants à l’égard du pouvoir les vieux léopards de la première génération de lutte H’ratine ont été supplantés par une force qui cherche à relancer la machine par les mots et par l’action en usant de la stratégie de la déconstruction des sténotypes séculaires collés à la race H’ratine.

Biram et ses camarades, ne savaient pas peut-être qu’ils allaient devenir des héros de cette lutte qui commence à inspirer bien de réflexions intéressantes sur une recherche de points d’accès vers la destruction des anneaux d’une longue chaine politico-juridique qui tenait lieu de bouclier contre l’émancipation des H’ratines. La grande caravane organisée par Biram et ses camarades a inauguré un jalon dans le combat engagé par les activistes pour faire vaciller le mur des lamentations des esclaves. (A suivre…)

Cheikh Tidiane Dia

Source : Le Rénovateur Quotidien

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