Les raisons de ma peur et de ma forte appréhension pour l’avenir mon pays

Marega Baba UFP-France

Malgré toutes les lois votées depuis l’indépendance, mais rarement appliquées, la Mauritanie continue toujours de traîner cette tare sociale millénaire : l’esclavage et ses séquelles.

Cette pratique d’un notre âge, inhumaine, dégradante et criminelle constitue un véritable frein à tout développement social et économique. L’inaction voire la démission du pouvoir pour venir à bout de ce fléau, accentue la fragilisation de la société et prépare à des lendemains incertains pour notre pays.

Aussi, ce pays garde dans sa conscience collective un lourd passé d’un passif humanitaire qui, à ce jour, faute de justice, il est difficile d’envisager une réconciliation nationale avec optimisme. Ces crimes commis contre l’unité nationale, au lieu de servir de leçons pour nos gouvernants, au contraire, le pouvoir continue exacerber les contradictions internes par des mesures discriminatoires sur l’enrôlement en cours et d’autres formes d’injustice:

dans les concours , dans les recrutements et les promotions à tous les niveaux: dans l’armée dans l’administration, à travers les nominations….

L’absence des langues nationales: Pulaar, Soninké et Wolof dans l’enseignement, contribue insidieusement à l’exclusion ou au moins la fragilisation des négro-africains pour accéder à certaines fonctions, dans les concours.. De plus depuis quelques années de nouveaux établissements dits « d’excellence » ont ouvert, et la quasi-totalité de leurs pensionnaires proviennent des familles hautement placées dans la hiérarchie militaro-affairiste de Nouakchott.

Par cette politique chauvine et discriminatoire, l’unité nationale se trouve fortement menacée. Tous les facteurs aggravants sont aujourd’hui en place pour une véritable déstabilisation de notre pays.

Le pays vit une crise politique endémique grave, une crise sans discontinuité depuis le coup d’Etat de 2008. cette impasse politique persistante est aggravée par le refus du pouvoir à engager un dialogue franc avec les acteurs politiques et par ses manœuvres dilatoires et funestes de division ou de déstabilisation de l’opposition. Cette absence de climat politique apaisé est source d’une grave instabilité pour le pays. les exemples des pays comme Centre-Afrique, Soudan et d’autres encore sont édifiants et méritent d’être médités.

Une crise économique et sociale: au delà des chiffres de croissance fantaisistes avancés par le pouvoir qui se reposent sur des données qui ignorent complètement la réalité socio-économique de notre pays. -pour preuve : dans un pays « normal  » avec une « économie normale » une croissance à partir 2% crée de l’emploi donc le chômage diminue, chez-nous, avec une croissance- nous dit-on – à plus 6% et le chômage continue de se propager, pour atteindre aujourd’hui un seuil alarmant de plus de 50% et les jeunes sont les plus lourdement frappés.

De plus la famine gagne du terrain chaque jour un peu plus. La paupérisation de la classe moyenne a atteint un stade critique- Cette croissance dont-on nous rabâche les oreilles à longueur de journée, si elle a une existence réelle que l’on nous dise là où elle est passée? En tout cas le peuple mauritanien n’a pas vu sa couleur.

Nos amateurs experts du pouvoir la justifient avec leur légèreté habituelle par une argumentation le moins qu’on puisse dire inaccoutumée: les caisses de l’Etat sont pleines. Ces caisses pleines ont probablement pris d’autres destinations obscures, d’ailleurs la presse nationale n’a pas cessé de faire écho, depuis trois à quatre ans, sur des actes crapuleux contre les ressources du pays.

Cette situation chaotique livre notre jeunesse à toutes les tentations, les plus obscurantistes aux plus criminogènes. Ainsi, l’insécurité grandissante dans tous les pays en particulier à Nouakchott trouve toute son explication.

La pauvreté, la famine et le taux de chômage élevé sont les maux qui caractérisent le quotidien des mauritaniens. Le chômage frappe en plein fouet la jeunesse avec une estimation de plus de 70% des chercheurs d’emplois. Nous sommes aujourd’hui plus que jamais classés comme : »l’un des pays les plus pauvres et les plus fortement endettés au Monde », avec un pourcentage de la population sous le seuil de la pauvreté avoisinant les 46,7%, un cycle infernal d’augmentation des prix et une déperdition scolaire au cycle primaire de presque 1 sur 2.

Les ressources immenses du pays servent plutôt à enrichir une oligarchie d’affairistes. Les marchés publics sont transformés en nid de corrupteurs et corrompus. Les potentialités énormes de notre Pays : minière, halieutique, agricole sont bradées ou en cours de l’être.

La situation sociale est d’une telle gravité que la moindre des choses: une simple rumeur, un simple fait divers même anodin pourraient mettre le feu à la maison commune- les exemples des villes de Kaédi en juillet derniers et plus récemment de Nouadhibou, l’affaire des écrits du jeune de Nouadhibou, l’affaire de l’agression sur l’Imam Oul Dedew sont illustratifs-

Les menaces extérieures et l’insécurité intérieure représentent les dangers imminents qui pourraient emporter notre pays.

Malgré le « bombage » de torse du pouvoir proclamant tout haut à qui veut l’entendre qu’il a réussi à rendre hermétique nos frontières contre la pénétration des terroristes, chacun peut comprendre très facilement qu’il ne s’agit là que des mots creux et fallacieux.

Même les armées les plus puissantes au monde auraient des difficultés à rendre des frontières de plus 2500 km hermétiques, ce n’est surtout pas une armée semble-t-il de 20.000 hommes dont la plus part des haut gradés sont plutôt préoccupés par leurs carrières ou ambitions politiques que la défense de l’intégrité du territoire national.

L’absence d’attaque depuis quelques mois sur le territoire national trouverait très probablement un jour son explication. Mais en tout cas elle n’est en aucune façon le résultat une stratégie militaire pertinente développée par ce pouvoir qui est en conflit permanent avec ses voisins et frères .

L’insécurité intérieure est devenu le lot quotidien des habitants de ce pays, désormais hantés par le vent de violence qui souffle partout et plus particulièrement à Nouakchott, par la furie de bandes de criminels secrétées par la société en déconfiture. Crimes, règlements de compte, gangs armés écument dans tout le pays.

La violence atroce subie par Penda Soghe violée, assassinée et défigurée s’ajoute et l’inimaginable histoire tragique de la petite Khadji Touré âgée de 6 ans, violée, assassinée puis jetée à la mer montrent le nouveau élevé de la bestialité atteinte.

Ces cas ne sont que des exemples parmi des centaines d’autres. D’ailleurs l’AMSME a recensé rien qu’en 2014, avec 255 victimes d’agressions sexuelles dont un nourrisson de 14 mois. Les agressions sexuelles constatées concernent en majorité des enfants de moins de 15 ans (36%) et des adolescents de moins de 18 ans (27%).

Selon la présidente de l’AFCF Mme Aminetou Mint Moctar la Mauritanie a connu ces derniers temps une recrudescence alarmante du phénomène du viol des mineures, évoquant l’enregistrement de 7 cas recensé au cours d’une semaine soit en moyenne, un viol toutes les 24h.

Lorsque un pays comme le notre, un pays multiethnique est soumis à de grave menace de division, gangrené par des tares sociales, où la pauvreté a atteint quasiment toutes les couches sociales, où la famine est devenue endémique dans la quasi-totalité du pays, où l’insécurité prend des proportions atroces, un pays soumis à une menace extérieure grandissante, alors ce pays assis sur une poudrière. Notre pays, la Mauritanie est effectivement assise sur une poudrière.

Qu’Allah le tout puissant préserve la Mauritanie.

Maréga Baba/France

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