Les sept otages français au Cameroun sont libres

La famille Moulin-Fournier, dans une capture vidéo datée du 21 mars

La famille Moulin-Fournier, dans une capture vidéo datée du 21 mars

La famille française enlevée le 19 février par le groupe extrémiste nigérian Boko Haram été libérée jeudi soir, a confirmé vendredi l’Élysée, après un communiqué officiel de la présidence camerounaise annonçant la nouvelle.
L’Élysée a rapidement confirmé vendredi matin l’heureuse nouvelle publiée par la présidence camerounaise: la famille française enlevée le 19 février par le groupe extrémiste nigérian Boko Haram été libérée jeudi soir.

Les circonstances de leur libération restaient encore floues. Tanguy Moulin-Fournier, directeur de développement chez Suez, sa femme Albane, son frère et leurs quatre enfants, Éloi, Andéol, Maël et Clarence, âgés de 12, 10, 8 et 5 ans étaient en vacances dans le Parc de Waza, un lieu classé à l’Unesco. D’après des témoignages de gardes forestiers, les 4X4 occupés par la famille avaient été bloqués par des hommes armés qui avaient emmené leurs otages sur des motos, en direction la frontière nigériane toute proche.

Les soupçons s’étaient aussitôt portés sur le groupe islamiste extrémiste nigérian Boko Haram («L’éducation occidentale est impie»). Ces djihadistes, auteurs de nombreux attentats contre les institutions nigérianes, contrôlent la zone proche de la frontière camerounaise. Le 25 février, une première vidéo montre la famille prisonnière. Un homme récite des versets du Coran et accuse François Hollande d’avoir «déclaré la guerre à l’islam» allusion à l’offensive française au Mali.

Le 18 mars, Boko Haram accentue la pression en diffusant un appel au secours du père de famille. «Nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades, nous ne tiendrons pas longtemps», dit Tanguy Moulin-Fournier dans une vidéo montrant à nouveau les sept otages, dont les enfants. Le cadre français évoque des «conditions de vie très dures» depuis l’enlèvement, «il y a vingt-cinq jours» et confirme être détenu par Boko Haram, qu’il désigne par son nom arabe.

Boko Haram exigeait la libération de ses prisonniers au Nigeria et au Cameroun

Le 21 mars, Boko Haram précise ses intentions. Le groupe armé veut en fait échanger ses otages contre des prisonniers appartenant au mouvement, et qui seraient des parents. Dans une vidéo, un homme présenté comme le chef de la secte, Abubakar Shekau, précise: «Nous affirmons au monde que nous ne libérerons pas les otages français tant que nos familles sont emprisonnées.»

Aucune demande de rançon n’est formulée, mais on sait que la méthode a été fréquemment employée dans le passé. Plus maintenant, affirment les autorités françaises. En visite au Cameroun et au Nigeria, Laurent Fabius exprime un message de «détermination et de discrétion.» Son homologue nigérian est plus explicite. Nous ne payons pas de rançon aux terroristes, assure-t-il. On apprendra par la suite qu’il s’agit d’une ligne fixée par l’Élysée: on ne paie pas de rançon. François Hollande lui-même l’avait confirmé au moment où se déclenchait l’opération «Serval» au Mali. Selon Le Monde, le chef de l’État, recevant le 13 janvier les familles d’otages enlevés précédemment, leur aurait déclaré qu’«il est impensable que l’on donne de l’argent à des organisations contre lesquelles nous sommes en guerre».

Qu’a obtenu Boko Haram contre la libération des sept otages français? La question se posera plus tard. Après le temps des retrouvailles.

Source : FIGARO

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