L’escalade du Feuilleton Aziz – Bouamatou


La série Aziz/ Bouamatou offre une nouvelle saison. Saison chaude plutôt sous le ciel de Nouakchott. Où le premier épisode du feuilleton ouvre vers ce qui s’apparente à une nouvelle escalade.

AZIZ  ould BOUAMATOU Escalade qui risque d’approfondir la crise. Et, lui donne des ramifications, au-delà des principaux antagonistes. Le communiqué de Bouamatou, le point de presse des avocats parisien, l’intrusion d’une ONG qui s’intéresse à la criminalité économique, sous les régimes totalitaires, la réaction du patron de Star-Oil sont autant d’éléments, qui ne contribuent pas forcément à contenir la crise.

Le collectif des avocats de Mohamed Ould Debagh, a vivement dénoncé « l’atteinte aux droits de son client » lundi après-midi au cours d’une conférence de presse. L’ex-président du Conseil d’Administration de la défunte compagnie aérienne privée mauritano-tunisienne « Mauritania Airways », et vice-président du Groupe BSA, est rappelons le, embastillé depuis un mois.

Le collectif est constitué de maîtres William Bourdon, avocat au barreau de Paris, Laura Monnier (Sherpa), Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA) de Mauritanie et Yezid Ould Bamba Ould Yezid de Mauritanie.

La défense crie à la prise d’otage…

Devant une salle archicomble, prise d’assaut par une horde de journalistes, de parents et de sympathisants de « la cause » Bouamatou, les conseils de Debagh ont annoncé avoir saisi les deux (2) rapporteurs spéciaux des Nations Unies (ONU), pour l’indépendance de la justice.

Une saisine à travers laquelle « le collectif incrimine un système judiciaire totalement aux bottes de l’exécutif », et dont le fonctionnement « caricatural » ne garantit aucun droit « pour un Mohamed Ould Debagh qui se trouve dans une situation d’otage, en attendant de mettre la main sur Mohamed Ould Bouamatou, ou alors le paiement d’une rançon ».

Une détention préventive, assimilée à une vulgaire prise d’otage aux yeux de la défense, au motif que, le procès-verbal d’enquête préliminaire, sur la base duquel le magistrat instructeur a délivré le mandat de dépôt à une heure tardive de la nuit, « est un faux ». « Un acte qui traduit l’imagination fertile de l’Officier de Police Judiciaire (OPJ), laquelle s’est substituée aux déclarations de l’individu placé sous le régime de garde à vue ».

Au final, « un procédé, par lequel les enquêteurs de la police chargée de la répression des crimes économiques, sont accusés d’avoir fait recours à la mention peu convaincante ; « a refusé de signer » pour retirer du PV mis en cause quelques déclarations liées à la gestion de la défunte compagnie aérienne Mauritania Airways « mouillant » au passage un célèbre candidat à l’élection présidentielle du 18 juillet 2009″. Des faits troublants et largement suffisants, qui, semble-t-il, ont poussé les avocats à porter plainte pour « le crime de faux et usage de faux en écritures publiques ».

Sous l’ombre des biens mal acquis…

Interrogé sur les raisons de sa grande activité dans la traque en France et ailleurs « des biens mal acquis » attribués à de nombreux chefs d’Etats et hauts responsables du continent africain, Maître William Bourdon a répondu sans détour « je suis un avocat engagé. De Dakar au Caire, en passant par Tunis, la société civile africaine est fortement mobilisée pour lutter contre le pillage à ciel ouvert des ressources nationales et la corruption ».

Des fléaux imputables à une classe de dirigeants sans éthique « qui freinent la démocratie, le développement durable et l’indépendance de la justice ». Une manière de dire que la transparence dans la gestion des affaires publiques en Afrique est devenue une exigence des peuples bien au-delà des discours creux de ceux qui ont la bouche à gauche et le ventre à droite.

Plus prosaïquement, et en rapport avec ce voyage de Nouakchott, l’obtention du visa par maître Bourdon et sa jeune collègue, tous deux (2) animateurs de l’ONG ‘’Sherpa’ (bête noire des responsables africains présumés détenteurs de biens mal acquis en France), aura ressemblé à un véritable chemin de croix.

Car, il a fallu l’intervention des autorités diplomatiques françaises pour décrocher « le précieux sésame ». Même cas de figure et tracasseries identiques pour rendre visite à Mohamed Debagh, détenu dans une maison d’arrêt de Nouakchott. Des obstacles dressés sur le chemin des avocats en violation des dispositions du Code de Procédure Pénal (CPP), qui établissent clairement le cadre des visites entre les individus en détention et leurs avocats.

Au-delà de l’affaire Bouamatou et du cas Debagh, la visite obtenue au forceps des animateurs de l’ONG ’Sherpa’ en Mauritanie, suscite une nouvelle interrogation par rapport à un éventuel intérêt de cette organisation au sujet d’un pays sous les bottes d’une classe militaro-affairiste depuis 1978.

Surtout, au moment où, un communiqué à travers lequel, Mohamed Ould Bouamatou vient de rompre son silence, jetant ainsi un gros pavé dans la mare de la nauséabonde mal-gouvernance azizienne. Avec un fait inédit et unique, dans l’histoire de l’économie politique de l’humanité. Non liquidée sur le plan juridique, la GBM devient un casse-tête de tous les diables pour des autorités monétaires au service d’« intérêts privés clairement identifiés » pour reprendre les termes du communiqué.

Toutefois, la guerre entre Aziz et Bouamatou s’annonce quelque peu chaude, si on s’en tient au communiqué de ce dernier. Qui conclut sa première sortie médiatique, au moins d’une manière apparente, par : « Ceci est une déclaration de résistance ». « Pour qui en douterait, je suis tenace et je ne renonce jamais.. » Dira-t-il avant cette dernière.

Communiqué numéro Un…

Le communiqué est tombé après un week-end, où déjà se chuchotait, dans les salons de Nouakchott, l’imminence de la confiscation du siège de la GBM. On aurait même lié cette action au parachutage de Mahfoudh Semlali, nommé aux commandes de l’Inspection Générale de l’Etat. Un ancien ministre des finances et ancien gouverneur de la BCM, qui ne serait pas en bon rapport avec le patron de la GBM. Ç’aurait été un coup gênant, pour Bouamatou. Coup asséné par une BCM, qui, peut-être, ne souhaiterait pas mettre la GBM sous sa coupe à travers la désignation d’un administrateur. Au risque d’être contrainte de jouer avec elle-même et permettre à la banque de vivre, jusqu’à sa reprise par son propriétaire, dans une époque ultérieure.

Boumatou allait couper court, à tout cela, en procédant à ce qu’il appelle une mesure de sauvegarde, à travers son communiqué. Côté BCM, pouvoir public, par ricochet, on n’a pas encore réagi. Unique réaction, pour le moment, celle de Tijani Ben Houssein, de Star-Oil, accusé dans le communiqué d’opportunisme par l’ancien patron des patrons…

…‘’Ensuite, je voudrais que les opportunistes dirigeants de la Somelec et de Star Oil qui n’ont que fait semblant de demander par courrier à la BCM de céder à la GBM les devises nécessaires à la couverture de leurs crédits documentaires sachent qu’ils seront tenus comptables des conséquences de leur complicité, de leur attitude ingrate, incorrecte et de leur duplicité à l’égard de la banque, ses actionnaires, ses clients et les membres du personnel. D’ailleurs, ils devraient savoir qu’ils ne doivent attendre ni gratitude ni répit de la part du pouvoir.’’

Tijani Ben Houssein ne sera pas du tout conciliant, vis-à-vis de son ancien banquier, auquel il requiert ‘’une attitude moins centrée sur sa propre personne et moins arrogante et des termes plus respectueux des autres et des convenances auraient donné plus de« crédibilité » au communiqué. Naturellement, pour cela il faut être très épris de sa propre réputation. Si il est loisible à chacun de pourvoir à sa défense, il faut savoir le faire sans la « haine instinctive » dont on accable les autres.’’

C’est la première véritable réaction, qui arrangerait le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. Jusque-là, les thuriféraires habituels du régime, toujours, enclins à tirer à boulets rouges sur toute personne, jugée infréquentable, à tort ou à raison, par le pouvoir, semblent être, pas du tout, déterminés à s’engager, au moins visiblement, auprès de celui-ci.

Mais, il faut bien aller à la guerre un jour. Il faut choisir son camp. L’intérêt que porte désormais Sherpa à la gestion des affaires publiques risque de prolonger, en tout cas la crise. C’est un peu la seconde action ‘’pernicieuse, de Mohamed Ould Bouamatou, à l’encontre de son cousin président. La première action demeure toujours, au yeux des commentateurs, ce qu’ils appellent, déjà : Le communiqué numéro un.

Bachou & Ould Bladi

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