L’esclavage persiste en Mauritanie en dépit de son interdiction Mauritanie crée une cour spéciale pour les crimes de l’esclavage

 justiceLa Société pour les peuples menacés (SPM) a salué la création d’un tribunal spécial en Mauritanie pour la répression des crimes de l’esclavage. Sous la présidence du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, le «Conseil suprême de la magistrature »  en Mauritanie a décidé au nouvel an la formation d’un nouveau tribunal spécial. «C’est un signal important pour mettre fin à l’impunité et à la mise en œuvre de l’application  des lois de l’interdiction de l’esclavage », a déclaré Mr Ulrich Delius, responsable pour Zone Afrique de la Société pour les peuples menacés (SPM) à Göttingen. «Jusqu’à présent, les tribunaux mauritaniens et les organismes d’application de la loi ont échoué dans la lutte contre l’esclavage, parce qu’il n’y avait pas de volonté politique d’assumer la responsabilité juridique pour punir les maitres esclavagistes. Nous allons donc suivre de près si, enfin, les autorités judiciaires appliqueront régulièrement les dispositions pénales adoptées en 2007 contre l’esclavage ou si le nouveau tribunal spécial est juste une autre tentative de prétendre une lutte active contre l’esclavage en Mauritanie ».

 

La SPM a publié en Décembre 2013 un rapport sur les droits de l’homme qui démontre l’échec de la police, des procureurs et des tribunaux dans la poursuite des crimes de l’esclavage.

Dans un document de 36 pages, l’organisation de défense des droits de l’homme, avait listé 26 cas d’esclaves qui, depuis l’entrée en vigueur d’une loi anti – esclavage en 2007,  réclamaient la punition des responsables de crimes de pratique esclavagistes. Mais la police refuse d’accepter les plaintes, les procureurs falsifient sciemment les informations ou donnent de faux renseignements des enquêtes et les tribunaux trainent et prolongent les procédures d’accusations portées contre les esclavagistes pour enfin les blanchir. «Ce ne sont pas des cas isolés, car l’impunité est systématique en Mauritanie quand il s’agit de l’esclavage », a critiqué Delius.

 

L’Organisation des Nations Unies a demandé enfin en Novembre 2013 au gouvernement mauritanien de développer davantage des initiatives pour non seulement abolir juridiquement l’esclavage, mais aussi pour l’éliminer réellement. L’activiste contre l’esclavage, Biram Dah Abeid et son organisation des droits de l’homme, l’IRA (Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste), ont été honorés le 10 Décembre dernier par l’Organisation des Nations Unies avec le Prix des droits de 2013, de son Organisation mondiale. Le gouvernement des États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies, á l’occasion de ce Prix des droits de l’homme, ont demandé de la Mauritanie plus d’efforts pour mettre effectivement fin à l’esclavage.

 

On rappelle que 33 ans après l’interdiction officielle en 1981 de l’esclavage dans ce pays de l’Afrique du Nord-Ouest, les estimations chiffrent le nombre de 500.000  haratines, d’origine africaine, qui vivent encore dans les conditions d’esclaves en Mauritanie.

 

 

Ulrich Delius, peut être contacté au  Tel 0160 / 95671403

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