L’esclavage : Points de touche entre la société mauritanienne et la société gréco-chrétienne, vérité ou erreur ?

Alioune_Ould_Saleck

La pérennité de l’esclavage comme pratique dans la vie des musulmans, nonobstant toutes les dispositions prises par l’Islam depuis 1436 ans – devant au final aboutir à l’éradication des survivances de ce phénomène, bien antérieures à la révélation, grâce à l’instauration de l’affranchissement (al ‘itgh), l’achat de la liberté (al mukataba) et l’absolution de bon nombre de péchés (al kafara) comme instruments de combat – suscite de véritables suspicions. 

La considération par les principales références exégétiques, Dessouqi, Ibn Achiret Khalil entre autres de l’esclavage comme un sixième pilier de l’Islam; l’érection de la liberté en condition pour témoigner ou encore prier le vendredi et en faire une exigence sine qua none pour conduire la prière ou gouverner (Imamat) ; l’interdiction à l’esclave de parrainer un quelconque mariage, fût-il le sien, l’octroi au maître le droit de disposer sexuellement de sa servante sans mariage, ni dot, sont là autant de jugements s’inscrivant en faux avec les enseignements du saint Coran, qui dit:

« Et épousez-les avec l’autorisation de leurs parents (Waly) et donnez-leur « oujourahounna » dot (mahr) convenable; (épousez-les) étant vertueuses et non pas livrées à la débauche ni ayant des amants clandestins. » (Sourate Annissa, verset 25).

Ces opinions religieuses, qui nous révèlent au monde entier comme la seule exception sur l’ensemble des sunnites et même de toute la communauté musulmane, alors que le reste des confréries sunnites a totalement abrogé tout ce qui a trait au phénomène tant dans leurs livres que dans leurs fatwas grâce à l’application correcte des enseignements de l’Islam originel, interpellent tout le monde. Ces faits nous amènent à nous demander si de telles références, qui font office de jurisprudence, n’ont pas été l’objet de tripatouillage des manipulateurs (les israélites), tel que cela s’est passé pendant le rassemblement du saint hadith. 

L’islam a moralisé et épuré l’esclavage de manière à le cerner, prélude à une abolition aux relents de luttes inédites. Stigmatisé, l’esclavagisme est devenu, en un temps, record un modèle de mépris et de rejet comme le met en exergue le mariage de l’affranchi Zeïd Ibn Haritha avec la cousine du prophète Mohamed(PSL), inaugurant ainsi l’effondrement des barrières.

C’est vrai qu’aucun verset du Saint Coran ne fait l’apologie de l’esclavage, ni n’y incite. Cependant notre patrimoine culturel populaire pourvoit l’imaginaire sociétal de manœuvres de fourvoiement et de velléités de légitimation de l’esclavage par de fallacieux prétextes soi-disant religieux. Ainsi la mémoire collective ressemble-t-elle identiquement aux thèses développées par la religion chrétienne. En effet, selon les coutumes beïdanes, l’esclave doit résignation à son maître, car on prétend que son obéissance est un acte de foi une dévotion. Tel l’assure la tradition qui dit : « Le paradis de l’esclave se trouve sous le talon de son maître. ».

L’accession de l’esclave à cette félicité peut même falloir la rescision de son mariage, sa condamnation à l’adultère et l’acquisition d’enfants illégitimes. Car l’esclave qui se marie sans la permission de son maître n’est qu’un simple prostitué et un fornicateur. Tel est le sens du passage extrait de la page 13, du chapitre III de Tebyinalmassalik qui dit « On invalide le mariage de l’esclave parce qu’il appartient corps et âme de même que ses profits à son maître.

Son attachement aux droits de son épouse l’empêche de pouvoir se consacrer pleinement au service de son maître lui faisant ainsi perdre ses propres droits. C’est ce qui motive le devoir de rescision du mariage du serviteur, étant donné la nécessité qu’il reste avec son seigneur ». C’est exactement ce qu’en dit la lettre de Saint-Paul devant le peuple d’Ephèse : « Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ ».

L’utilisation des mêmes manœuvres d’instrumentalisation et d’exploitation des points de vue religieux par nos théologiens pour justifier l’esclavage que par le prêtre Thomas Alcuin, qui le considère un des piliers de la foi chrétienne installe le doute dans les esprits et nous incite à tenir à appréhender voire expliquer les dessous des ressemblances entre nos sources jurisprudentielles dans lesquelles nos érudits puisent le ciment du code noir de l’esclavage locales et celles deSaint-Thomas d’Aquin. 

Quant au mépris que les maîtres manifestent à l’égard de l’esclave, chez nous, et qui s’inspire de l’expérience de la société grecque, c’est sans équivoque. La condition des Haratines et les préjudices qu’ils éprouvaient et éprouvent encore, sont les mêmes qu’évoque Aristote dans L’éthique où il décrit la ségrégation exercée dans sa société sur la base de caste, une tradition qui a sévi longtemps.

L’Islam est sans doute la seule religion divine qui n’a pas adopté l’esclavage ni ne l’a encouragé ; mais il l’a combattu en inaugurant la voie de l’abolition, étant entendu que la justice et l’égalité absolues sont ses principes sacrés. Malgré cela l’exclusion et la marginalisation des Haratines exercées sur la base de la couleur tout comme ses corollaires en matière de privation et de mépris, dans notre pays, prouvent que nous n’avons aucunement appréhendé le sens des instructions du khalife Oumar Ibn AlKhatab issues des fondements sacrés de l’islam qui a conduit le Copte à se faire justice du fils de Amr Ibn Al Asse (wali d’Egypte) lequel l’a frappé tout en se vantant en ces termes : « Prends les, ces coups.

C’est moi, le fils des deux nobles (père et mère) ». Le khalife Oumar donne le fouet au Copte et lui dit : « Venge-toi de celui qui t’a flagellé, puis pose le fouet sur la calvitie de Amr, dont le fils ne t’a battu qu’à cause de son pouvoir à lui. » PuisOumar de prononcer sa célèbre phrase « De quel droit faites-vous des hommes vos esclaves alors que leurs mères les ont engendrés libres… ».

Alioune Ould Saleck

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