L’état de droit n’est pas seulement la lutte contre l’esclavage.

 Docteur Sidi

La pauvreté est un phénomène complexe avec de nombreuses facettes. L’importance accordée à sa réduction suppose qu’un diagnostic pertinent de son évolution et des différents facteurs qui l’influencent soit effectué.

La pauvreté continue à être d’abord rurale (59%) et gagne ensuite les zones urbaines (20%).

L’exode des populations conduisant à une urbanisation rapide a favorisé la création de nouvelles poches de pauvreté dans les quartiers urbains précaires sachant que la zone rurale abrite plus de trois quarts des pauvres du pays (77%).

Selon l’incidence de la pauvreté :

Les wilayas très pauvres sont : Tagant, Gorgol et Brakna (taux supérieur à 60%)

Les wilayas assez pauvres sont : Hodh Chargui, Adrar, Guidimakha et Assaba (taux : 55- 60%)

Les wilayas moyennement pauvres : Trarza et Inchiri (taux : 30 – 50%)

Les wilayas où le taux est inférieur à 20% sont : Nouakchott, Nouadhibou et Tiris Zemmour.

Agriculture : la production céréalière ne couvre que 30% seulement des besoins de notre pays bien que de nombreuses actions ont été réalisées au cours de la période 2004-2012. Parmi les problèmes rencontrés : enclavement des zones de production, 83 km de digues de pistes rurales en zone oasienne ont été réalisés seulement.

Sécurité alimentaire : pas de système d’alerte précoce. Le stock national en matière de sécurité alimentaire ne prévoit pas plus de 30 jours en cas de crise sévère bien que la Syrie qui est en guerre civile actuellement a un stock alimentaire de deux  années.

Santé : l’analyse de la situation sanitaire du pays montre la persistance de taux élevé de mortalité maternelle, infantile et infanto-juvénile, respectivement 686 pour 1000 naissances vivantes, 122 pour 1000 et 77% ; plus qu’en Algérie, au Maroc ou au Sénégal (si nous ne voulons pas de comparaison avec le Maghreb arabe)

Couverture sanitaire : 80% ont accès à une structure de santé dans un rayon de 5 km à Nouakchott bien que 35% seulement ont accès à ces structures aux deux Hodhs.

Eau potable : le mot ’’ assainissement ‘’doit être enlevé du panneau du ministère de l’hydraulique et de l’assainissement car ce dernier n’a jamais vu le jour. Les eaux usées jonchent tout le pays et celles des ménages ne parviennent pas à être évacuées par une seule et unique canalisation bien que le Sénégal en a depuis des temps immémoriaux.

Vaut mieux alimenter une région en eau potable que de lui construire un hôpital sophistiqué.

Education : le système éducatif ne mérite pas d’en parler dans une phrase entière car il n’a aucune base et pourtant, c’est le moyen le plus efficace pour bâtir une unité nationale solide.

Le règlement du passif humanitaire et la lutte contre l’esclavage et ses séquelles ne représentent               qu’une portion du droit de l’individu.

L’Etat de droit signifie une éducation de base à nos enfants en langue Arabe puis les langues étrangères au secondaire pour une meilleure acquisition de la science et de la technologie.

Le Coran doit avoir une place à l’école fondamentale, pourquoi ne pas le faire réciter à tous les enfants ; il est de leur droit de tout connaître sur leur religion à bas âge.

L’Etat de droit est aussi atteindre une autosuffisance alimentaire et des denrées accessibles à tout le monde, côté prix.

L’Etat de droit veut dire une santé de base gratuite, c’est aussi voir naître un nouveau-né indemne et une accouchée bien portante.

L’Etat de droit, c’est de vacciner tous les enfants quel que soit le coin le plus reculé où ils séjournent.

L’Etat de droit est la mise en place d’une stratégie nouvelle de création d’emploi pour les jeunes et leur octroyer un salaire leur permettant de bien vivre.

A quoi servirait une liberté dans une pauvreté ?

                                                                                     

Docteur  Sidi Ould Hamady

 

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